
20/12/2008 (09h00)
• Tatoueur-perceur professionnel, ça veut dire quoi quand on sait que l’Afrique, depuis des millénaires, pratique cet art ?
- Cela veut dire tout simplement qu’on tend à une professionnalisation de cet art qui est aujourd’hui un métier.
Nous essayons de faire en sorte que le tatouage et le piercing se pratiquent dans un milieu et un environnement sains avec une hygiène et une sécurité acceptables.
Et on parle de professionnalisation quand on suit une certaine norme de sécurité en respectant les règles imposées par les autorités de la profession ou de la politique.
En Europe où j’ai bossé, j’étais conditionné par des lois, des décrets imposant une certaine qualité au niveau de notre matériel professionnel, par exemple.
Le tatoueur-perceur doit s’imposer ces règles là vis-à-vis du client pour le sécuriser, le tranquilliser et même avoir la capacité de refuser de faire un piercing quand l’acte présente un risque pour lui.
• Quelques exemples…
- Un jeune de 15 ans peut venir nous voir pour faire un tatouage, par exemple. Même s’il a les moyens financiers, l’éthique et la déontologie de mon boulot ne m’autorisent pas à faire ce qu’il me demande parce qu’il n’est pas majeur ! Il doit venir avec une autorisation parentale et se faire aussi accompagner par un de ses parents, au moins.
Pour une personne qui veut se faire un piercing sur la langue, par exemple, il y a des précautions à prendre. Il faut impérativement regarder le frein de sa langue. S’il est court, trop proche de la langue, on ne pourra pas lui placer un bijou à cet endroit car il peut y avoir des conséquences négatives comme la provocation du «zozotement» (un trouble de langage).
Si une personne qui vient au cabinet ne présente pas un état normal (peut- être sous l’emprise de la drogue ou de l’alccol), je refuse de faire ces deux procédés. Il y a aussi la constitution physique du patient à l’endroit où il veut se faire percer.
Si le pli de l’oreille n’est pas assez relevé, si le cartilage est trop proche de l’os, il est clair que faire un trou à cet endroit pourrait engendrer des rejets, des lésions…
• Pour le tatouage, vous travaillez avec quoi ?
- Avec une machine spécialisée que tous les tatoueurs professionnels connaissent. Il s’agit du dermographe. La machine se présente normalement avec deux bobines et fonctionne à voltage. Elle est donc branchée à l’électricité.
En fonction du calibrage, le tatoueur essaie de dessiner sur la peau du patient des motifs suivant un certain nombre d’impulsions.
Avec cette machine, on vous tatoue rapidement, avec précision, précaution et sans douleur, il faut le préciser.
• Quelles sont les règles de sécurité en matière de tatouage et de piercing ?
- D’abord l’outil de travail et l’environnement doivent être sains et propres, même quand vous recevez de façon successive les clients. Il faut attendre dix à quinze minutes pour que la salle redevienne stérile après le départ du dernier client.
On n’enchaîne pas les clients sur la table de tatouage ou de piercing.
Il s’agit aussi de bien vérifier la date de péremption des produits (aiguille, encre…).
Il faut toujours vérifier que les aiguilles qui vont servir au piercing sont bien enveloppées dans leur emballage.
Mais le plus intéressant, c’est qu’au sein de notre cabinet, nous contribuons à la lutte contre le VIH. Vous n’ignorez pas que le matériel tranchant peut être vecteur de contamination.
Nous avons donc une solution anti- VIH et anti-herpès (utilisée d’ailleurs en milieu médical) dans laquelle nous trempons tous nos objets afin de neutraliser tout virus.
Les outils sont trempés au moins cinq minutes avant utilisation.
Cette solution est utilisée surtout à cause de la pince qu’on emploie sur plusieurs clients,même si les aiguilles sont changées à chaque nouveau client. Mais elle est recommandée aussi pour tous les outils utilisés en esthétique dans le cadre d’épilation, manucure, pédicure…
Mais pour le tatouage, on n’a pas de stérilisation à faire dans la mesure où la buse, l’aiguille, les plastiques qui enveloppent la machine …sont tous jetables. Même les capsules qui contiennent l’encre sont jetables et individuelles. Chaque client a ses instruments.
A aucune étape donc, il n’y a un risque d’infection. Ce sont ces précautions là que nous recommandent les règles de sécurité en tatouage et piercing.
• Peut-on supprimer un piercing ?
- Disons que quand un client ne veut plus de son piercing, il enlève la boucle, ne la porte plus et le trou se referme tout seul au bout d’un certain temps.
• Et pour le tatouage ?
- On procède, soit par un recouvrement ou par la technique d’effacement au laser.
Le recouvrement consiste à faire un nouveau tatouage pour masquer l’ancien si l’image ne convient plus ou si on n’en veut plus. On peut faire un recouvrement en simulant une cicatrice, par exemple.
C’est pour cela que quand une personne vient nous voir, on lui donne d’abord des conseils afin qu’il sache à quoi l’expose la décision de se faire tatouer ou percer.
On demande le motif du désir de tatouage ou de piercing, on pose des questions pour savoir si dans un certain temps, ils n’ont pas de projets qui seraient incompatibles avec le port du tatouage, pour ceux qui veulent passer un concours de gendarmerie, par exemple, ou qui sont appelés à avoir de grandes responsabilités.
A suivre
Contact : Paris Tattoo Piercing
07 00 20 07