
10/07/2012 (16h00)
Ses premiers pas solo dans la musique, elle les a faits avec un disque qui disait : «Juste Moi», en 2003. Mais c’est quatre ans plus tard, avec son deuxième album «Tous mes rêves», que Pricess’ Lover est révélée au grand public grâce à la chanson «Mon Soleil». Un véritable hymne à l’amour.
Même si son expérience discographique a démarré en 2002, avec le single «Je Sais», en duo avec la chanteuse Perle Lama, l’histoire musicale de Nicole Neret alias Princess’ Lover commence dès l’âge de 14ans, en Martinique. Elle faisait de la Dance hall. Ensuite, elle travaille dans les milieux zouk et reggae. En 1998, elle s’installe à Paris où elle améliore sa culture musicale à travers de nombreuses rencontres qui multiplient son potentiel. Son talent, ses mélodies font d’elle aujourd’hui l’une des plus belles voix du zouk.
• Au Grand Méchant Zouk, c’est du Zouk. Mais, pendant ta prestation, on a senti beaucoup plus de présence africaine…
- Normal ! On connaît Princess’ Lover pour son rayon de soleil et pour son amour pour l’Afrique. J’ai une bonne moitié de moi qui existe et qui se sent revivre sur la terre africaine. Quand on connaît l’histoire des Antilles, on ne doit pas s’étonner de mon attachement à ce continent. J’estime que cet amour de l’Afrique a le droit d’être mis en valeur. Le seul moyen que j’ai pour l’exprimer, c’est à travers de tels événements.
• Quand tu dis une bonne partie de moi, ça veut…
- (Elle m’arrête) Non ! Non ! Quand je dis une bonne partie de moi, c’est l’Amour… (Elle sourit). Ce sont les amis très très sincères et très forts que je considère comme la famille. C’est vrai qu’on ne s’appelle pas souvent, mais on a la possibilité d’être en connexion et avoir des nouvelles des uns et des autres. Lorsqu’il y a eu l’explosion au Congo, j’ai appelé Fally qui était en Afrique du Sud. J’envoie souvent mon bonjour à Koni…
• Koni de Radio Nostalgie Abidjan ? Elle vient de sortir un album !
- Oui, je l’ai appris aussi. Mais cela ne m’étonne pas. Je me souviens, une fois, au Palais de la culture, pour présenter Soum Bill, elle avait entonné la chanson «Djarabi» et le public l’a suivie. Je savais ce jour-là qu’elle avait quelque chose dans le coffre qui sortirait un jour.
• Pour revenir à toi, tu as quelque chose de particulier dans ta façon de dompter ton public. C’est quoi ton secret ?
- Je ne sais pas… C’est moi, c’est tout ! On peut peut-être dire que c’est l’amour que j’ai avec les différents styles musicaux. Aux Antilles, nous sommes un tout petit peu au milieu de tout. On a l’affluence du hip hop, du reggae, de la salsa, de la musique africaine : qu’il s’agisse du Soukous du N’dombolo, du Couper décaler ou du Zouglou. Nous avons tout ça en nous. Donc, les mélanges de toutes ces musiques, une fois sur scène, c’est la cocote minute, ça explose. Ça va de soi, ce sont des choses que j’aime. Au lieu de les plagier, je me les approprie.
• On t’a vue faire des animations et des pas de couper-décaler !
- (Grand sourire) Oui, les décalés chinois et autres !… On croise beaucoup de «boucantiers» en boîte. On aime «l’atalaku», on aime le faire aussi, comme les Guantánamo. Ce sont des choses qu’on fait lorsqu’on va s’éclater en boîte de nuit. Pourquoi ne pas le faire sur scène pendant les spectacles ? Surtout que le public aime. Il ne faut pas être dans l’hypocrisie du protocole et faire comme si ça n’existait pas.
• C’est dire que ce qu’on voit sur scène, c’est ce que tu es au quotidien ? Très sexy ?
- Oui, comme je dis, c’est moi. Il faut être à la fois sexy et glamour. Attention ! Sexy et glamour ne veut pas dire tomber dans la vulgarité. Il faut conserver sa beauté dans toute sa splendeur. C’est important de se promouvoir aussi de cette manière en jouant sur son charme, son coté sexy et glamour. Où est le mal ? Qui n’a pas envie de voir une belle femme en fasse de lui ?
• Oui, mais, n’est-ce pas une stratégie pour faire du buzz et être dans l’actualité ? Sinon en réalité, ce n’est pas toi ?
- Est-ce qu’en réalité, je ne suis pas belle ? (Elle éclate de rire). Non, mais, quand on a une sœur styliste qui te dit : lorsqu’on a des jambes de 1,5 m, pourquoi ne pas les montrer, les mettre en valeur ? Beaucoup de mannequins n’ont pas ces jambes. Pourquoi donc cacher des attributs ? Il n’y a pas de raison de les cacher…
• Pour faire vendre ta musique aussi ?
Mais non ! Une femme, quand elle marche dans la rue, elle n’est pas obligée de chanter, pourtant cela n’empêche pas les gens de la mater et savourer sa beauté. On peut être sexy dans un jeans, ça se voit dans le charisme, dans la féminité. C’est la façon de porter les choses qui importe. C’est nous qui faisons les vêtements et non les vêtements qui nous font. La vraie beauté de la femme se trouve en elle. Un beau visage, un minimum d’intelligence, sa façon de marcher, bref, c’est de toutes ces beautés-là que je parle. Je veux surtout dire qu’il ne faut pas cacher sa beauté.
• Ton actualité après ce Grand Méchant Zouk 2012 ?
- Je prépare mon troisième album. J’ai beaucoup traîné entre le premier et le deuxième. J’ai mis 4 ans. Là, cela fait 5ans, il faut que je m’y mette.
• 5 ans, c’est vraiment beaucoup. Il faut aussi compter avec les jeunes qui arrivent et qui peuvent te faire de l’ombre.
- Hé oui ! Ça a vraiment duré. Mais l’arrivée de nouveaux artistes n’a aucune influence sur ma progression. J’ai mis assez de temps parce j’ai tourné beaucoup. C’est aussi la preuve que l’arrivée de nouveaux talents n’empêche pas les promoteurs de me solliciter. Et s’ils le font, c’est que le public me réclame. Michel Jackson mettait 4 ans pour sortir un album. Mais ce n’est pas pour autant qu’il se sentait menacé par qui que ce soit. L’autre raison est que je devais travailler avec des gens qui sont tous aussi occupés que moi. Nous avions du mal à accorder nos calendriers. C’est vrai qu’il n’y a pas d’actualité discographique, mais je tourne autant que les gens qui viennent de sortir des albums. Je n’ai donc pas à me plaindre. Quand bien même je suis consciente qu’il est temps d’entrer en studio.
• On te verra bientôt à Abidjan ?
- Pour Abidjan, j’ai eu des propositions qui ont toujours été annulées au dernier moment. Il faut que je m’y mette, parce qu’il y a pas mal de choses qui bougent ces temps-ci à Abidjan. Mais, je sais aussi qu’il y a des tourneurs véreux en Côte d’Ivoire qui prennent des contrats en mon nom. Ils ne m’informent pas et font croire que je ne suis pas disponible et me font remplacer pas des artistes de leurs écuries. Ça fait trois ans que les choses se passent de cette manière. Je veux maintenant que les gens me contactent directement s’il veulent m’avoir en spectacle en Côte d’Ivoire.
• Comment te contacter ?
- Tout le monde aime aller sur facebook. Il faut y aller et me laisser un message in box. C’est moi qui répond à mes messages. Laissez un message et je vous re-contacte.
Par Albert Drogba Carino à Paris carino_ad@yahoo.fr
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