
10/10/2012 (13h00)
• Que signifie la mention ‘’M 23’’ sur ton nouveau disque ?
- ‘’M 23’’ signifie’’ Meiway 23 ans de carrière’’, tout simplement. C’est le nom de la nouvelle série, la série des ‘’M’’, la série de la marque Meiway. Mais ‘’Professeur’’, c’est le véritable nom de l’album. ‘’Professeur’’ pour insister sur cette envie d’instruire, d’éduquer. Dieu sait ce qu’on a enduré pendant la crise post-électorale. Il est grand temps qu’on se remette en question et qu’on reparte du bon pied pour relancer ce pays qui en a besoin. ça commence par l’instruction,
l’éducation. D’où le nom ‘’Professeur’’. et concours de circonstance, l’album sort pendant la rentrée scolaire. Là, j’étais à Abidjan pour le tournage des deux premiers clips (‘’Rouler moto’’ et ‘’Koukoumélé’’) qui seront prêts dans les quinze prochains jours.
•…
- Les quinze titres de cet album sont inspirés de beaucoup de faits qui ont marqué l’histoire de la côte d’Ivoire de ces dernières années. L’ivoirien que je suis, très proche de son pays, je me devais de m’en inspirer pour que plus jamais on n’y remette les pieds.
• Tu pourrais un jour t’engager en politique ?
- En bon chrétien, je ne peux pas déterminer aujourd’hui mon avenir de façon certaine. L’homme propose et Dieu dispose.
• Mais encore ?
- Ah, c’est clair qu’on aspire tous à des responsabilités plus importantes quand on tient à ce que les choses évoluent. Compte tenu de ma notoriété et de ma popularité, j’ai forcément un rôle à jouer. Mais ça viendra naturellement, je ne forcerai rien. Le moment viendra.
• Déjà la langue de bois ?
- Pour faire de la politique il faut avoir ce genre de langage. Donc je suis sur la bonne voie (il éclate de rire).
• J’insiste…
- (Il se redresse et prend une posture solennelle) Le pays qui est le mien et qui s’appelle la Côte d’Ivoire a besoin de toutes ses forces vives, et j’en fais partie.
• Pour revenir à la musique, tu n’as pas fait beaucoup de bruits autour de cette nouvelle sortie…
- Tout fonctionne très bien c’est une stratégie voulue. On a voulu faire un contre-pied à tous ceux qui s’attendent au truc habituel. En termes d’appelation des albums j’ai changé. Il fallait aussi changer de stratégie dans la façon de travailler. On revient de loin politiquement et économiquement, donc dans l’immédiat, on doit aller à l’essentiel. Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de stratégie. Je peux déjà vous dire que les concerts de décembre auront lieu. le premier, le 8 décembre, le deuxième une semaine plus tard, le 15 décembre.
• Selon toi, qu’est-ce qui explique ta longévité (musicale) ?
- C’est principalement la remise en question perpétuelle. Quand on est numéro un, il faut se demander comment faire pour le rester. Pour ce faire, il faut toujours respecter les autres collègues, respecter les autres musiques, écouter. Rester humble, garder les pieds sur terre. Le truc le plus important en ce qui me concerne, c’est que je pense toujours que je peux mieux faire et ça me pousse à aller plus loin encore. Je travaille tout le temps pour faire évoluer ce que je fais. En cherchant à m’améliorer, au pire des cas, je me maintiens. Je ne reste pas fermé dans ma création, je m’inspire des secrets que les chanteurs de la nouvelle génération ont pour faire des tubes. J’écoute les autres et je m’en inspire pour faire évoluer ce que je fais. C’est le cœur du zoblazo : rester ouvert.
• Si tes 23 ans de carrière étaient à refaire, qu’est-ce que tu changerais ?
- Si c’était à refaire, j’aurais utilisé moins d’instruments de musiques modernes. Je resterais beaucoup plus traditionnel. Beaucoup plus acoustique avec les instruments du village, de chez nous. Ma formation est très lourde et pour les tournées, ce n’est pas évident. Mais il faut fonctionner par rapport aux tendances. Est-ce que le public a un besoin d’acoustique pure aujourd’hui ? J’ai un genre que le public connait déjà, je n’ai pas le droit de faire des infidélités à ce public-là.
• Quelles sont les musiques que tu écoutes dans ta voiture, par exemple ?
- Là en ce moment, il y a le nouveau Meiway. Mais en général, j’écoute tous les genres de musique, tout ce qui tend vers la grande qualité. Je peux écouter du reggae, mais pas n’importe reggae, le meilleur reggae. Bob Marley est le meilleur. J’ai aussi un grand respect pour Alpha Blondy en matière de reggae. J’aime beaucoup Lionel Richie. Le modèle sur le plan scénique, pour moi, Michael Jackson est inaccessible. J’aime aussi tous ceux qui vont puiser dans le terroir, comme Antoinette Konan, Kané Sondé, Sidonie La Tigresse. Partir d’une musique brute comme ça, c’est pas évident. Le succès n’est pas garanti au départ.
• Autre chose, y a-t-il quelqu’un que tu considères comme ton meilleur ami ?
- (Il réfléchit quelques secondes) Ma meilleure amie, c’est ma mère. Pour moi, le meilleur ami c’est celui qui ne me plantera jamais le couteau dans le dos. Et ma mère ne me plantera jamais un couteau dans le dos.
• Si à 3 heures du matin tu as un problème, quelle est la personne que tu appelles ?
- ça dépend du problème ! Si on m’annonce une nouvelle qui concerne la famille je m’adresserai à la famille. Si c’est un problème professionnel, c’est Joseph Niamkey, mon manager que j’appelle.
• Déjà trahi en amitié ?
- Je ne connais pas une personne sur terre qui n’a jamais subi cela. La trahison en amitié ou en amour, c’est très courant. mais ce sont des situations dont il faut toujours se servir pour grandir, pour ne pas toujours commettre les mêmes erreurs. En fait la meilleure façon d’apprécier une amitié, c’est de la juger après rupture.
•…
- En amour particulièrement, je pense que les hommes ont plus de responsabilité que les femmes. C’est nous qui amènons les femmes à faire ce qu’elles font aujourd’hui. Pour dire que j’ai déjà été trahi, mais par ma propre faute.
• Tes neuf enfants vont bien ?
- Ils sont dix enfants maintenant et ils vont bien.
•…
- J’avoue que je suis en retard parce que je n’ai que dix enfants alors que j’ai onze albums. Je suis en retard, c’est déséquilibré. il faut que je fasse attention à ça.
• Dix enfants pour combien de mères ?
- Il y a six mères pour dix enfants. Mais il n’y a pas rupture, je suis en contact avec les enfants et avec leurs mères. Il n’y a aucune rupture sur le plan des relations humaines, mais physiquement, on ne se voit pas suffisamment.
• Il faut peut-être que tu songes à regrouper ta ‘’tribu’’, non ?
- C’est clair que pour l’instant, j’ai du mal à le faire à cause de mon incapacité à me stabiliser moi-même. parce que je suis tout le temps parti. Mais j’arriverai un jour à regrouper tous ces enfants, c’est mon but de regrouper tous mes enfants qui portent le même nom.
•…
- Avec ma progéniture, je peux certifier que je ne suis pas raciste. Je suis déjà à sept nationalités.
• Te remarier, ça te tente ?
- Pour m’être déjà marié, je n’ai plus rien à prouver. Si ça doit venir, que ça vienne naturellement. mais si ça doit être téléphoné, je n’y pense vraiment pas. Parce que je l’ai déjà vécu et ça ne me fait pas rêver.
•…
- Mon cœur n’est pas à prendre, parce que je vis avec une personne avec qui je ne suis pas marié.
• Il y a quelqu’un qui aime dire que son cœur est pris mais son corps est libre, c’est ton cas ?
- C’est une théorie à conserver. Le corps doit être libre, parce que le cœur a plus de valeur. Le cœur pris et le corps libre, ça garantit l‘indépendance de l’être humain.
Par Usher Aliman & Eric Cossa
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