15/07/2010 (16h30)
• Bien des gens vous surnomment le faiseur de stars… dénicheur de talents ?
- (Sourire)…J’en suis flatté (il prend un air sérieux). C’est un honneur pour moi… C’est peut-être aussi par reconnaissance, je dirai, que mes jeunes frères artistes chantent mon nom. C’est toujours encourageant. ça vous amène à ne pas décevoir et à faire toujours mieux…Donc ce surnom que vous avez évoqué, c’est le fruit du travail acharné fait avec sérieux, rigueur et professionnalisme.
• Vous vous faites quand même bien discret… Malgré votre célébrité, on sait très peu sur vous ?
- C’est ma nature. j’aime vivre dans l’ombre et c’est mieux ainsi.
• Toujours entre deux avions à la recherche de contrats pour vos artistes ?
- David Monsoh est un homme qui court à la recherche de contrats pour ses artistes. Et comme vous le savez, j’ai dans mon écurie Fally, J.B. Mpiana et bien d’autres. Là, je suis présentement à Abidjan pour deux grands événements. Je peux vous dire déjà que Fally Ipupa sera en concert à Abidjan accompagné de l’Américaine Olivia. Nous avons programmé cet événemenent après le mondial et les vacances 2010. Fin Novembre- début Décembre prochain. La seconde raison de ma présence en Abidjan, c’est de rendre le projet du Cinquantenaire de la Côte d’Ivoire au comité d’organisation présidé par l’ambassadeur Pierre Kipré. Il s’agit d’une compilation des 50 meilleures chansons de Côte d’Ivoire de 1960 à 2010. de l’ancienne génération des Amédée Pierre, Enesto Djedje, François Lougah à nos jours. Cela n’a pas été facile, je l’avoue, mais, finalement entre Paris et Abidjan mon équipe et moi, nous avons bossé dur. Le projet est aujourd’hui fin prêt et sur la table du comité qui compte l’offrir aux ivoiriens.
• Là-bas à Paris, quel regard jette-t-on sur l’évolution de la musique ivoirienne ?
- Un regard positif. La musique ivoirienne a franchi des paliers. Nous pouvons en être fiers bien que beaucoup reste encore à faire. L’avènement du couper-décaler a énormément contribué à faire la promotion de la musique ivoirienne à l’extérieur. Longtemps, on a été colonisé musicalement par la musique congolaise. aujourd’hui le couper-décaler et le zouglou ont pris le devant en Côte d’ivoire et font parler d’eux dans plusieurs contrées. Tenez-vous bien, nous étions invités à Shanghaï récemment où j’ai été frappé par une chose : des Chinois en train de danser au rythme, au son de la musique couper-décaler. Au dire d’une ivoiro-camerounaise, tenancière de restaurant là- bas, le couper-décaler est de plus en plus prisé dans ce pays-là.
• Mais, il y a beaucoup à faire musicalement et en termes d’organisation chez les acteurs de cette tendance musicale …
- Tout à fait ! Il faut que les acteurs du mouvement apprennent à se serrer les coudes et former une même famille. Il manque ainsi dans le milieu de ces chanteurs de belles voix qui peuvent vous faire un album complet avec de belles sonorités. Avec nos jeunes frères « couper- décaler », on fait la promotion du single. Personnellement, ça m’embête, c’est bien dommage parce que ça ne valorise pas l’artiste. Et quel producteur se plairait à s’engager dans une aventure qui finalement ne lui rapportera rien en termes de gain. Avec un single, le mec lui, il arrive à survivre en parcourant les boîtes de nuit et maquis où il joue tout en faisant la promo de son oeuvre.
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-J’ai été déçu de voir des DJ que j’ai voulu prendre en main se contenter de si peu. J’ai appelé ici Serge Benaud, je lui ai fait comprendre qu’il avait beaucoup de qualités, éventuellement, je voulais lui donner un coup de main. Il m’a dit qu’il n’est pas chanteur. En clair, il se sent incapable de sortir un album. Il en a été ainsi au début du mouvement avec la bande de la Jet- set que j’avais découverte à Paris en 2002. Je me souviens, ça n’a pas été facile. Des jeunes gens qui se retrouvaient en boîte de nuit pour faire la java, le « boucan » comme ils aiment à le dire, leur manière de faire, j’ai trouvé ça assez original. Quand j’ai approché Lino Versace et le Molare de convaincre leur leader Douk’ Saga d’entrer en studio, ils m’ont dit tout de suite : « ce n’est pas notre but de chanter, on prend du plaisir, c‘est pour met-tre l’ambiance, frimer ». Au finish, Douk’ Saga et ses amis ont pu mesurer l’ampleur de leur mouvement. c’est ainsi qu’en fin de compte Douk’ Saga a accepté d’entrer en studio. nous avons enregistré le premier album et ça a fait un carton. Le talent, ce n’est pas ce qui manque dans ce milieu. en ce moment, je suis en train de bosser sur le prochain album de Arafat DJ, j’espère qu’on ira jusqu’au bout (rire).
• Un bel avenir au même titre que votre poulain Fally Ipupa ?
- Fally ne fait que prendre de l’ascendance. il reste pour moi une très grosse fierté. Ce garçon est un bosseur, il prend son boulot au sérieux, tout comme son producteur. Il a suivi tout ce que je lui ai proposé. On en a fait un véritable produit marketing et cela a pris.
• Vous avez cru en lui dès le début ?
- J’avais déjà fait attention à ce garçon dans les années1998-1999, lorsqu’il était encore membre du groupe « Talent latent » de Kinshasa. Il faisait de très belles choses avant d’intégrer par la suite le quartier latin. Je l’avais recommandé à Koffi Olomidé afin qu’il apprenne à ses côtés car je devrais le produire tôt ou tard. Aujourd’hui, je suis heureux de travailler avec lui. Et il a encore confirmé les choses avec un deuxième album.
• Ses rapports avec son aîné, Koffi Olomidé, se sont brouillés, il a même décliné une invitation du quartier latin qui célébrait ses 20 ans et cela a fait jaser du côté de Kin ?
- Ce n’est que de la polémique. Car le public congolais aime bien cela : la spéculation, la confrontation et donner de l’intérêt à leur musique. Koffi et Fally sont deux artistes talentueux qui font la fierté de la musique congolaise et chacun mène sa carrière. Lui, Koffi, ça fait 8 ans pratiquement qu’on ne se voit plus. je n’ai aucun contact de lui mais, ça ne veut pas dire qu’on est en conflit. Certes, il y a eu des malentendus entre le poulain Fally et l’aîné Koffi, mais tout est finalement rentré dans l’ordre. Parlant d’invitation, Fally n’a pas boudé le quartier latin, l’invitation a coïncidé avec un engagement qu’il avait pris du côté de l’Irlande et qu’il tenait à honorer, voilà.
Par Inzah D.
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