
16/10/2012 (16h00)
• Tes fans d’Abidjan n’ont plus de tes nouvelles…
- Oh, c’est maintenant que je reprends tout, en ce qui concerne ma carrière. Je n’étais vraiment pas en place. J’étais toujours partie entre Conakry, Bamako et Paris. ça m’a donné aussi le temps de préparer mon album.
• Ça remonte à quelle période, ton départ d’Abidjan ?
- Depuis la crise postélectorale, je suis partie d’Abidjan. J’avoue qu’Abidjan me manque énormément.
• A quand donc ton retour sur les bords de la lagune Ebrié ?
- (Elle rit) Je ne sais pas vraiment, mais je crois que c’est pour bientôt. Je ne veux pas donner une date que je risque de ne pas respecter. Je demande un peu de patience à mes fans.
• Tu retrouves à Conakry ta mère spirituelle Aïcha Koné, vous vous voyez tous les jours semble-t-il ?
- Tout à fait. Aïcha qui est ma mamie me soutient beaucoup dans ma carrière. Elle me donne beaucoup de conseils. Quand j’étais en studio, elle venait toujours me suivre. Elle m’encourageait à faire des efforts dans la voix.
• Toi qui l’as beaucoup cotoyée ces derniers temps, quel est son état d’esprit aujourd’hui ?
- Elle est la même Aïcha Koné, toujours souriante, disponible. C’est une femme qui a gardé le moral.
• Côté carrière, tu viens de sortir “Guinèyayé“ ton nouvel album, de quoi il s’agit ?
- Guinèyayé en langue Soussou signifie : “Les larmes de la femme“. c’est un album de 10 titres qui est sorti à Conakry le 29 septembre 2012 et produit par Mass Production avec qui je bosse depuis maintenant plus de 10 ans.
• Quelle est la particularité de cet album ?
- Kandet Kanté est toujours dans son style. Côté musique, cet album comporte beaucoup d’instruments traditionnels : le djembé, le balafon. Il y a également la voix que j’ai travaillée.
• Sur cet album, tu défends la femme et tu t’attaques aux hommes ?
- Je ne fais que dire la vérité. Les hommes ne sont pas gentils. Ils font trop de torts aux femmes. Quand vous voyez un groupe de femmes parler entre elles, elles causent de leurs mésaventures avec les hommes, parce qu’ils ne sont pas sérieux. Aujourd’hui, un homme va te draguer, ensuite draguera ta sœur et finira peut-être par draguer ta mère… C’est toutes ces choses-là que je dénonce dans mon titre “Guinèyayé“.
• Apparemment tu en veux terriblement aux hommes, as-tu été victime de leurs agissements ?
- Non, je ne suis pas directement concernée. Mais c’est la réalité qui se passe autour de nous dont je suis témoin. Il faut que les hommes arrêtent !
• Cet album était fin prêt depuis 2008, quand tu étais encore à Abidjan. qu’est-ce qui a retardé sa sortie ?
- D’abord j’ai été enceinte, je n’ai pas pu continuer. J’avais même fait la dédicace au Café de versailles devant les journalistes. Il ne restait plus que la sortie officielle. Mais aujourd’hui tout est ok. après Conakry, Bamako, l’album sortira en décembre à Abidjan, puis à Paris.
• On parle beaucoup de maturité et un album qualifié de “facture internationale“.
- Quand on acquiert de l’expérience, il faut relever le niveau. En plus de la chanson avec des bons rythmes il y a beaucoup de chorégraphies. J’ai fait appel à plusieurs arrangeurs dont Koudou Athanase. L’album contient en même temps des rythmes traditionnels et modernes. les adeptes de la world music seront servis.
• Du côté de Conakry, tu te fais aussi appeler la Bombe ?
- C’est le public guinéen qui m’attribue ce nom. Les Guinéens ont trouvé en moi, une bombe. J’avoue que ce sobriquet m’a vraiment lancée ici en Guinée. Partout où je passe, c’est la Bombe. On a fini par oublier le nom qui m’a fait connaître “Chauffer-moteur“.
• Tu as aussi donné un concert géant le 29 septembre au Palais du peuple de Conakry
- C’était fabuleux. Les gens sont venus d’un peu partout pour me soutenir. Même l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en Guinée qui tenait absolument à venir me voir a pu quand même se faire représenter ce soir-là.
• A Conakry, avec qui tu vis aujourd’hui ?
- Je suis en famille avec ma fille. Je fais aussi la navette entre Conakry et Bamako.
• As-tu des nouvelles de ton mari ?
- Aucune, mais je pense qu’il va bien. J’ai plutôt les nouvelles de sa famille.
• La vie sans ton mari, comment ça se passe ?
- Je suis tranquille dans la tête, même si je reconnais que c’est souvent difficile, c’est normal. Quelle femme ne sentira pas un vide autour d’elle en l’absence de son époux.
• Kandet, une femme seule ?
- Ecoutez, quand on a été pendant un bon moment avec quelqu’un qui n’est plus à tes côtés, c’est évident qu’on soit triste quelque part. Mais il faut savoir s’en remettre.
• Heureuse ?
- Pourquoi je ne le serais pas ? Je suis bien dans ma peau, je vous dis.
• Il t’arrive souvent de pleurer ?
- Qui ne pleure pas dans la vie quand il a mal au cœur ?
• Quel est ton état d’esprit aujourd’hui ?
- Ecoutez, ne pensez pas que je suis une femme angoissée. Je suis en forme. Je suis plus concentrée sur ma carrière aujourd’hui. Je mène ma vie.
• Et ta fille, qu’est-ce que tu lui dis quand elle demande son père.
- je lui dis tout simplement qu’il est en voyage.
• Ton vœux le plus cher ?
- La paix en Côte d’Ivoire. Sans la paix, il n’y a pas d’évolution. Il faut que les Ivoiriens de tout bord s’acceptent et se réconcilient.
Par Inzah D.
enzo@topvisages.net
|