
17/03/2010 (07h00)
• Que devient Bambino ?
Je suis là ! Toujours serviteur et esclave de mes fans. Partout en Afrique : Abidjan, Mali, Guinée, Burkina Faso, en Europe et aux États-unis. Bref ! Je suis partout dans le monde. Pour servir l’art sur lequel j’ai jeté mon dévolu : la chanson, la musique.
• Tu seras les 25 et 27 mars prochains l’invité spécial du festival “Djeliba 2009”. Que représente pour toi ce festival en tant que griot moderne ?
- L’invité spécial de la finale d’un tel événement national, en tant que griot, ne peut qu’être fier d’avoir été choisi. Parce qu’il m’honore et me permet d’offrir deux prestations avec mon groupe au grand complet .
• Griot, c’est quoi pour toi ?
- C’est l’art noble de transmettre des valeurs d’une génération à une autre et de toujours rappeler aux humains les valeurs sociales et historiques d’une société. Surtout en Afrique où l’oralité est toujours dominante.
• Bambino, griot traditionnel ou moderne ?
- Je suis griot au sens noble du terme. Je me méfie des qualificatifs du show-biz actuel. Parce qu’ils tendent à extirper la quintessence de l’art. Pour lui conférer une autre signification qui n’est pas la sienne. C’est dommage !
• Qu’est-ce qui différencie le griot traditionnel du griot moderne ?
- Les temps et les méthodes sont différents selon les moments. Un griot du temps de Soundiata Kéita et celui d’aujourd’hui sont différents pour plusieurs raisons. Qui sont liées à l’évolution de plusieurs facteurs et des priorités du moment.
• Comment te sens-tu dans ta peau de griot aujourd’hui ?
- Je suis fier et je pratique mon métier toujours avec beaucoup de bonheur. Parce que j’apporte de la joie dans tous les salons où mon message passe.
• N’es-tu pas complexé de porter cette étiquette ?
- Jamais ! Je suis plutôt fier. Je ne connais pas le complexe. Parce que je sais ce que je fais. Je le fais aussi avec amour, passion. Je sais d’où je viens. Où je vais. Le complexe, je l’ignore. Parce qu’il est synonyme d’échec. Or moi, je ne suis pas pour l’échec. Je suis optimiste de nature. C’est aussi ça Bambino!
• Tu n’as pas parfois envie de te séparer de ce titre naturel ?
- Ah non ! Pas du tout ! Si je le fais, je ne serais plus Bambino. Parce que je suis né griot et je mourrai griot.
• Tu es l’idole des femmes. Qu’as-tu fait de spécial ?
- Je pense qu’elles aiment m’entendre chanter. En plus, elles apprécient ce que je dis dans mes chansons. Parce que je leur donne des conseils.Tout en les magnifiant. Car Dieu est pour qu’elles méritent égard et respect.
• Pourtant, tu n’es pas le seul qui les chante ?
- C’est vrai ! Mais, je ne peux aller contre leur choix. Et puis, ce n’est pas moi qui leur ai demandé d’apprécier mes chansons. C’est pour quoi, je suis fier qu’elles m’aiment. Et puis, je pense qu’elles sont mieux placées pour te donner les raisons fondamentales qui les poussent à porter leur choix sur ma modeste personne.
• Ta beauté et ton charme y sont sans doute pour quelque chose ?
- Ça peut être un élément. Mais elles ont le dernier mot .
• Cette popularité au niveau des femmes ne t’attire-t-elle pas parfois des ennuis ?
- Evidemment ! Mais après 20 ans de scène, je m’adapte .
• Ta popularité doit déranger ton épouse ?
- Elle n’a aucun problème avec ça. La durée de ma carrière correspond à la durée de mon mariage. Donc, elle est mon premier manager avant Tidiane et Moussa mes managers en Europe et en Afrique.
• Tu t’imagines parfois quand même ce qu’elle peut vivre intérieurement?
- J’ai plutôt pitié d’elle. A cause de mes fréquents voyages liés à mon travail. Mais avec plus de 6 enfants, la maison vibre !
• Tu es plus à l’étranger qu’en Guinée. Même avant les événements ?
- Juste à cause de mon calendrier qui est chargé. Mais aussi pour voir souvent mes enfants qui étudient tous en France.
• Ta tournée américaine! Quel bilan?
- C’était bien planifié. Le programme de la tournée d’Août 2009 a été respecté et le public a répondu massivement. Je suis content.
• ”Africando”, ça continue ou c’est fini ?
- Non ! Il y a un temps mort. Juste le temps d’une nouvelle création. Sinon, les concerts continuent quelquefois. C’est un grand et bon groupe. C’est aussi une fantastique œuvre à poursuivre et à ouvrir à d’autres genres musicaux. Pas seulement la salsa. Car le concept est bon. Je voudrais terminer en invitant tout Abidjan au Palais de la Culture les 25 et 27 mars prochains. On va chanter et danser.
Par Juskin Kassy
kassyjustin@yahoo.fr
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