Rechercher : Sur le web sur Top Visages
 
     

BILLY BILLY

 
  “Hip-Hop : Reprendre le combat”  

Les œuvres musicales engagées “Nouvelles du pays”, “De Wassakara à Paris”, “Réunion de famille”, “Article 48”… portent la griffe du coq de la cité, Billy Billy. Fidèle à lui-même, l’enfant de Wassakara vient de mettre sur le marché du disque “Avant propos”, duquel est extraite “Ma lettre au Président”. Le chanteur déballe le contenu de la lettre dans cette causerie.

 
 

28/01/2013 (14h00)

• Il paraît que tu as été tabassé par des corps habillés, vrai ou faux ?

- (Il sourit) Cette nouvelle, je l’ai apprise comme vous. C’est mon manager qui m’a appelé le vendredi dernier (ndlr :18 janvier), alors que je venais de la Riviera, pour me dire qu’on raconte dans la ville et sur les réseaux sociaux que j’ai été battu par des corps habillés. Oh, ce ne sont que des rumeurs, je ne fais pas de commentaire sur les rumeurs.

• OK. «Opa» (son surnom), quelles sont les nouvelles du pays ?

- «Opa», c’est du passé. Ne m’appelez plus «Opa», il y a trop de nouveaux venus dans le show-biz qui se font appeler ainsi. Appelez-moi «Tchègbè » désormais. Vous savez pourquoi ? Tout simplement à cause de la clarté de ce que je dis, je ne dis que les «gbê». Les nouvelles du pays, sachez que l’enfant de Wassakara a décidé de se faire encore entendre, en sortant un nouveau single depuis le 31 décembre dernier.

• A peine sortie, cette œuvre fait déjà jaser. Parle-nous de cet opus que tu as intitulé ‘’Avant propos’’

- Les fans me réclamaient énormément. Quand tu passes ici et là, on dit «Billy Billy,on t’attend depuis là». Moi, je préparais plutôt un album complet pour fin 2013. J’ai dû sortir plus tôt à la demande des fans avec un maxi single que j’ai intitulé «Avant propos». Vous avez des titres comme «Foyer dans foyer, wassakara acte 3, Dioula a pris coupe» et le titre dont tout le monde parle «Ma lettre au président».

• A propos de ce fameux titre, révèle-nous le contenu de cette let-tre que tu adresses au Président.

- (Il prend un air sérieux) «Ma lettre au président», ce n’est ni un coup de gueule, ni un coup de cœur, ce n’est qu’un point de vue. C’est le point de vue du contribuable, du citoyen ordinaire libre de ses opinions. C’est aussi l’opinion du «kpakpato» de la société. Qui sort de son petit coin pour dire au Président qu’on a l’œil sur ce qu’il fait. Hier, ceux qui étaient au pouvoir ont été tout aussi critiqués, on nous a applaudi à l’époque. Je n’ai pas changé ma façon de dire les choses. C’est une lettre vérité et rien d’autre.

• Pourquoi n’as-tu pas sorti cette lettre plus tôt, pourquoi maintenant ?

- Dans la vie, quand on n’a rien à dire, il vaut mieux se taire. Je crois que c’était maintenant le moment pour moi de dire ma part de vérité.

• Quelle a été la réaction des gouvernants à la sortie de ce disque ?

- Ils réagissent comme toi et moi. Vous savez, quand Billy Billy sort un disque, les autorités sont parmi les premiers à se procurer l’œuvre. Cela veut dire qu’ils apprécient mes messages.

• Que réponds-tu à ceux qui disent «quel culot ce garçon !» ?

- Ceux qui sont au pouvoir travaillent pour nous. Il n’ya pas de raison qu’on ne leur dise pas ce qu’on pense. C’est lâche de ne pas pouvoir dire ce qu’on pense. Nos dirigeants, eux-mêmes savent que la Côte d’Ivoire d’hier ne peut pas être la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui. On dira les choses telles qu’elles sont, si c’est rouge, on dira rouge, bleu quand c’est le bleu.

• Billy Billy, refuse t-il de se taire ?

- Tant que les gens vont murmurer quelque part, Billy Billy aura quelque chose à dire. Je l’ai fait hier, je le ferai tant que cela s’impose. C’est mon rôle de dire ce qui se passe en tant que conscience publique. Le développement, ça passe aussi par la liberté d’expression.

• Jusqu’où ira Billy Billy ?

- Jusqu’où je vais me sentir épuisé. Je ne changerai pas, je vais toujours critiquer. Je ne suis pas un artiste vendu. Je suis un révolutionnaire.

• Dis-nous franchement, n’as-tu pas peur par moments ?

- Pourquoi voulez vous que j’aie peur. (Il monte le ton). Je dis ce que je pense. Je suis un homme libre et tranquille. On me dit souvent dans la ville : «Tu sors seul, trouve-toi des gardes du corps, on ne sait jamais.» Je dis : «Moi, j’ai plutôt peur pour vous, j’ai chanté la souffrance du peuple hier, je vais la chanter également aujourd’hui». Il faut donc qu’on ait le courage de dire à nos dirigeants ce qui se passe. C’est à ce prix qu’ils vont se remettre en cause eux aussi.

• Tu as souvent reçu des menaces ?

- Je n’ai reçu de menace de personne, je tiens à le dire. Les coups de fil anonymes, peut-être oui. Mais moi, je m’en moque.

• Tu racontes ton propre vécu dans tes chansons, paraît-il ?

- Je suis un enfant du ghetto. Ce que j’évoque, ce sont des choses que je vois tous les jours, que je vis, que je ressens. C’est aussi ma propre histoire.

• De Wassakara à la Riviera où tu résides aujourd’hui, ne crains-tu pas de ne plus pouvoir vivre pleinement au quotidien les réalités de ton peuple ?

- Jugez-en vous-même sur mon dernier single pour savoir si je suis resté collé aux réalités du peuple ou pas. Je sais ce qui se passe autour de moi. Je vais par exemple moi-même faire le marché, je suis sur le terrain.

• De Yop à La Riviera Palmeraie, on peut dire que le Bété a réussi ?

- On donne l’impression de vouloir sentir bon. Parce qu’à force de se promener avec quelqu’un qui sent bon, on finira par sentir bon également. Je reconnais qu’il y a eu des changements dans ma vie, mais qui veut rester là à dormir dans salon (rire).

• Chanter nourrit-il son homme ?

- Ça dépend de comment on gère sa carrière. Je fais la musique par conviction.

• Quel est ton regard sur le mouvement rap en Côte d’Ivoire ?

- Le rap évolue contrairement à ce que disent certains de nos anciens qui pensent qu’il est en perdition. Le rap vit bel et bien en Côte d’Ivoire.

• On dit cependant qu’il est laissé pour compte ?

- C’est parce que les mélomanes ont été déçus des acteurs du mouvement. Les bons textes qui conscientisaient ont foutu le camp, on est rentré dans les questions de «Ta gueule». Il faut revenir à la base. Le hip-hop est une musique de combat, il faut le réadapter à nos réalités.

• Quel genre d’homme es-tu ?

- Un homme qui respecte les autres. Je suis quelqu’un d’aimable et amoureux.

• Avec qui tu vis aujourd‘hui ?

- Avec ma future épouse, celle qui gère ma vie.

• Donc tu n’es pas un cœur à prendre alors ?

- Pas du tout.

• Le mariage, tu y penses ?

- Le mariage c’est une fête, et moi, j’aime bien les fêtes. J’ai toujours voulu d’une femme de foyer, qui sait faire la cuisine, prendre soin de sa petite famille, et qui sait aussi faire l’amour, parce que j’adore ça.

• Ah bon ?

- Oui, frère, j’aime le sexe et je ne le cache pas. Faire l’amour, tu vois, ça libère. Je fais l’amour autant de fois que je le souhaite.

 

 

 

Par Inzah D.
enzo@topvisages.net

 

 

 
   
     


Hebdo N° 1028
 
 
 
 
TOP GIRL
On cherche la Go kpata
 
 
 
RETRO 2012
Entre larmes et joies
 
 

Le premier roman d’Ephrem Youpko est en librairie

 
Bar-Resto
Le repère CHEZ FATOU à Lomé
 
 
 
 
Image de la semaine
 
       
 
 
 
 
 
 
 
 
 
CAN 2013
 
CAN 2012
 
MONDIAL 2010
L'Espagne championne du monde
CAN 2010
 
 

 

 

 
Top Visages © Juillet 2009 - Tous droits reservés | Messagerie