24/10/2008 (09h00) -
• Comment vas-tu, Tshaga ?
- Je vais bien, merci.
• Là, tu prépares un maxi single. Ton premier album a dû être une bonne expérience ?
- Oui, dans la mesure où ça m’a ouvert certaines portes. Ça m’a permis de côtoyer des gens. Vraiment, ç’a été une très bonne expérience.
• Avant de te lancer dans la chanson, en avais-tu discuté avec ta mère ?
- Non. Au début, je me cachais. Mais dans les causeries, les discussions qu’on avait, j’essayais souvent de tirer sa langue en lançant le sujet. Je sentais une certaine réticence. Alors, je me cachais pour aller prendre mes cours de danse et de chant quand j’étais à Paris, en alternance. Je le faisais avec la complicité de ma tante. C’est cette dernière qui me soutenait.
• Comment a-t-elle réagi quand tu lui as appris que tu voulais chanter ?
- En fait, le vrai problème est qu’elle me trouvait trop jeune. Ma voix n’était pas encore rodée. Je n’avais pas le charisme et la prestance qu’il fallait. Mais suite à la formation que j’ai suivie en cachette, j’ai eu des aptitudes. Et quand elle a vu ma valeur, elle ne s’est plus opposée. Elle m’a même aidé.
• Es-tu conscient que tu évolues dans un milieu où il existe beaucoup de vices ?
- Oui. (Une seconde de réflexion). Nous-mêmes, on voit. Mais j’ai eu la chance de grandir avec ma mère. Donc, je vois un peu ce qu’il y a. Seulement, elle me conseille de suivre le droit chemin, de beaucoup prier. Et de faire ce que mon cœur me dit. (…). Vous savez, tout enfant a des rêves. Certains rêvent d’être pompiers, pilotes, médecins, etc. J’ai eu plusieurs rêves. Mais celui qui est resté en moi et qui est ma passion même, c’est le show-biz.
• Et là, tu as tout pris de ta mère : la voix, le physique…
- Oui, forcément. Quand on est enfant, on prend toujours pour modèle ses parents. Moi, j’ai grandi auprès de ma tante et de ma mère. C’est essentiellement ce qui m’a marqué. Le fait de les voir m’apporter du rêve, de la joie, du plaisir. C’est ce plaisir que je veux partager autour de moi.
• Grandir entre des femmes peut-il avoir une incidence sur son apparence physique, selon toi ?
- Pas du tout.
• Pourtant, tout le monde te trouve très efféminé ?
- On le dit, mais cela ne fait pas partie de ma carrière. Je suis rentré dans la musique pour un objectif bien déterminé. Donc, je ne fais pas très attention à tout ce qu’on raconte et qui se rapporte à ma personne. Ça ne fait pas partie de ma carrière.
• Et quand tu te montres avec des tresses, ça fait partie de ta carrière ?
- C’est un petit style. Chaque artiste à son style identitaire. Un petit jardin à soi qu’on expose de par le look, la coiffure et tout.
• Ta mère a offert un collier à Corneille dernièrement. Tu penses qu’elle l’a fait dans le but d’une future collaboration entre cet artiste et toi ?
- Peut-être pas. Si quelque chose devait nous lier (Corneille et lui, ndlr) ce ne serait certainement pas les présents. Ce serait la musique. C’est vrai qu’un featuring permet d’élargir son public. Mais si éventuellement ça peut se faire et que ça peut nous apporter quelque chose de plus, alors pourquoi pas ? Mais ce n’est pas mon rêve premier.
• Quel est ton rêve en ce moment ?
- C’est d’évoluer dans ce que je fais afin de marquer les gens de manière positive.
• Quels sont les soucis de Tshaga, en général ?
- Des soucis, je n’en ai pas vraiment. Bon… Peut-être, je peux dire que ce qui me préoccupe actuellement, c’est comment avoir la maîtrise vocale. Comment apprendre telle note musicale, comment atteindre tel niveau de gamme. La plupart du temps, ce sont des soucis de ce genre. Je pense que ma mère est une personne plus adaptée à m’aider à régler ce genre de problèmes. Donc, je ne vais pas chercher ailleurs.
• O.K. Ta fille, elle va bien ?
- Elle va très bien.
• Elle s’appelle comment ?
- Elle s’appelle Taïny Aïcha Koné. (…). Ce n’est pas pour faire plaisir à ma maman que je lui ai donné ce nom. Il y a beaucoup d’enfants qui, par reconnaissance pour tout ce que leurs parents ont fait pour eux, donnent un de leur nom à leurs enfants. C’est cela.
• Tu vis toujours avec maman, c’est ça ?
- Oui.
• Est-ce parce que tu as peur de prendre ton indépendance ? A 22 ans, on est largement majeurs…
- Oui, mais c’est peut-être parce que je ne suis pas le genre de personne qui vit au-dessus de ses moyens. Je ne peux pas aller me prendre un appartement de plusieurs milliers de francs, sachant que je ne pourrai pas payer à la fin du mois. Autant rester en famille.
• Combien de frères et sœurs as-tu ?
- J’ai deux frères et deux sœurs du côté de ma mère. Je suis l’avant-dernier de la famille.