
27/02/2010 (14h00)
• Comment va Miss Delon. Tu es devenue une véritable awoulaba ?
- Holà ! on prend de l’âge aussi, hein ! (rire).
• Qu’est-ce qui a retardé la sortie ivoirienne de ton dernier album après l’étape parisienne ?
- C’est fait depuis un moment mais, il fallait se donner le temps nécessaire pour la sortie ivoirienne.
• Pourquoi le genre reggae aujourd’hui ?
- J’ai décidé de faire du reggae depuis 2009. Parce que j’ai à cœur de conquérir un public plus important au niveau mondial. Pour pouvoir y arriver, il faut pratiquer un genre musical qui puisse plaire et se vendre partout comme le reggae.
• Qui écrit tes textes ?
- C’est moi qui écris mes textes. Sur cet album, il y a des textes en anglais. Ceux qui ont écouté en sont surpris parce qu’ils ont cru à une chanteuse jamaïcaine ou américaine.
• Ta dernière œuvre est baptisée «Je te suivrai partout». A travers ce bout de phrase, à qui fais-tu allusion ?
- (Rire). A personne, ça n’a rien de personnel. Pour marquer, susciter la curiosité des gens, il faut souvent des titres accrocheurs comme celui-là. Dans «Je te suivrai partout», j’évoque tout simplement l’amour, l’Afrique et la religion chrétienne…
• Du premier à ton deuxième album y a-t-il une évolution ?
- Un ami du Congo Brazza me confiait, après avoir écouté les deux albums, que j’ai franchi des paliers, du 2ème étage au 20ème étage. Je peux dire que j’ai beaucoup progressé aujourd’hui. Je fais une musique plus internationale, j’en suis fière.
• Certaines personnes continuent quand même de se demander ce qu’une miss comme toi et de surcroît épouse d’une personnalité politique, fait dans la musique ?
- (Elle se met à rire), Ecoutez, je fais la musique depuis l’âge de 13 ans. J’ai débuté par la chorale à l’église, petit à petit on a pris goût à la chose. Et avec les conseils des proches, je me suis lancée, Voilà. Chacun cherche à réaliser ses rêves. Chacun de nous a le droit d’avoir une vie. Toute femme est appelée aussi à avoir un foyer. Et ce n’est pas parce qu’on a une vie de couple qu’on doit se priver de ses passions et de ce qu’on veut faire. Et, je ne suis pas non plus la seule femme de personnalité au monde qui fait la musique. Vous avez la Première dame de France, Madame Sarkozy. Il y a aussi Patience Dabany, et bien d’autres.
• Où vis-tu actuellement par rapport à ta carrière?
- Je fais la navette entre Abidjan et Paris.
• Ton époux est à Abidjan, et toi toujours entre deux avions. Comment le prend-il ?
- Bien sûr qu’il comprend et me soutient sinon je ne ferais pas ce métier. je n’aurais même pas commencé. Il en est de même pour ma famille qui m’ encourage dans mon travail.
• On a entendu dire que tu fais aussi des études de cinéma…
- J’ai terminé. J’apprenais l’écriture des scénarios, parce que j’envisage aussi être scénariste. Aujourd’hui, j’ai pas mal de projets en veilleuse. Il ne faut pas aller du coq à l’âne, sinon après, on s’embrouille.
• Le nom d’Edgar Yonkeu ne figure pas sur l’album «Je te suivrai partout». Pourquoi ?
- Je n’ai pas pu bosser avec Edgar sur le deuxième album, parce qu’il avait d’autres occupations. Mais toujours est-il qu’on a gardé de très bons rapports.
• Pourtant, il se raconte aussi que ca ne va plus entre vous ?
- Ecoutez, les gens peuvent dire ce qu’ils veulent mais, c’est la personne concernée qui détient la vérité. Sinon moi, je suis souvent à Paris, lui dans des pays d’Afrique sur d’autres projets. Et ce n’est pas évident pour lui d’abandonner ce qu’il fait. Et puis, je ne peux aller le rejoindre pour travailler où il est car j’ai ma fille qui est encore toute petite avec moi.
• Dis, elle n’aurait pas déjà sa petite sœur ou son petit frère en route ?
- (Elle rit). Non ! pas pour l’instant. je n’ai pas envie de vomir sur scène.
• Miss Delon est-elle une femme heureuse, épanouie ?
- (Un soupir) Comme toute femme au foyer, je suis heureuse, je suis épanouie. Et je ne sais pas pourquoi je ne le serai pas. Pourquoi voudriez-vous entendre dire que je ne suis pas heureuse, que ça ne va pas, alors que vous me voyez chez moi, dans mon foyer, paisible et gaie.
• N’es-tu pas souvent confrontée à certaines contraintes. Sors-tu sans problème pour aller faire ton métier?
- Toutes les fois que mon métier me le demande, il n’y a pas d’inconvénient. On peut m’inviter à être marraine à un anniversaire, dans une boîte de nuit. je ne me gêne pas pour y aller.
• Quelles sont tes relations avec tes anciennes camarades miss Côte d’Ivoire ?
- Il faut dire que je ne les vois vraiment pas assez parce que je ne suis pas toujours en place.
• Aujourd’hui comme hier, il se dit beaucoup de choses sur le concours miss Côte d’ivoire, un milieu vicieux paraît-il ?
- Ecoutez, tout ce qui est public n’échappe pas aux critiques. Le plus important, c’est de pouvoir le prendre avec beaucoup de philosophie et prouver le contraire aux gens.
• On raconte que quand une fille est élue, elle devient la petite amie d’un membre du comité d’organisation ?
- Pas du tout ! Les gens peuvent toujours raconter ce qu’ils veulent. Mais, c’est humain aussi. On ne peut cependant pas tenir compte de cela pour bâtir sa vie. Sinon en fin de compte, la fille n’a plus de vie.
• Il se dit aussi que des personnalités sollicitent le COMICI pour avoir les faveurs des miss ?
- Je crois que c’est insultant de raconter des choses pareilles. Ces filles dont on parle ne sont pas des gamines. Elles sont libres aussi d’avoir une liaison ou pas. Tout homme a des tentations, c’est aussi humain. Mais quand on raconte qu’on met la pression sur les filles, il faut qu’on arrête, parce que ce n’est pas bien de salir l’image des gens pour rien. Il faut plutôt soutenir toutes ces personnes-là qui font la promotion de la culture ivoirienne à travers ce concours.
• Etre élue miss ne t’a-t-il pas donné un coup de pouce dans la vie ?
- C’est vrai que le concours miss a été pour moi un tremplin. Mais, aujourd’hui, ayant entamé un autre virage avec la musique, c’est tout autre chose. Même si quand on se retrouve quelque part, on dit : «tiens, c’est la miss». on vous identifie tout de suite et ça vous ouvre des portes.
Par Omar Abdel Kader et Inzah D.
omar_tani@yahoo.fr
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