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PIERRETTE ADAMS

 
  L'aventure continue  

 

 
 

30/07/2012 (14h00)

C’est au Café Théâtre des 2 Plateaux qu’ont retenti les premières notes de «7ème Jour», le nouvel album de Pierrette Adams. C’était samedi dernier, en présence de Maurice Bandaman, Ministre de la culture et de la francophonie, la presse nationale et plusieurs fans. En marge de la conférence de presse, il y a eu, en exclu, des projections de clip, suivies d’une prestation de l’artiste sur plusieurs chansons dont «7ème Jour», «Mon paradis c’est toi», «Pas possible Mati» (un duo avec la fille de M’Pongo Love), etc.Ce 7ème album de Pierrette porte la griffe de l’arrangeur maestro Boncana Maïga (comme d’habitude). une œuvre de belle facture.

Dans l’album, «Maman Z’Allumettes » est restée égale à elle-même : de la rumba, au ndombolo en passant par l’afro-zouk, elle surfe allègrement sur ces rythmes qui ont fait son succès depuis ses débuts.Avant d’entamer la tournée promo dans la sous-région et en Afrique centrale, la présentation de son nouveau bijou dans une atmosphère fort conviviale, samedi dernier, a permis à l’artiste et ses danseurs de prouver qu’en réalité, l’aventure avec la Côte d’Ivoire ne s’est jamais arrêtée.

• Les arrangements de cet album sont de Boncana Maïga ?

- Oui. (Elle rit). Toujours !

• 18 ans que tu chantes ! Si tu devais faire un petit bilan, ce serait lequel ?

- J’aime pas tellement parler de bilan, parce que je suis quelqu’un qui marche avec le feeling. Je laisse faire les choses, avec le temps, à l’instant «T». Je ne me prends pas trop la tête. Ça peut être juste le 7ème album. Ça peut être le dernier. Ou peut-être qu’il va y avoir un huitième… (Elle rit).

• A part la cérémonie de dédicace, y a-t-il autre chose pour marquer ce retour. Un spectacle par exemple ?

- Bon, déjà, je vais faire de mon mieux. Il y a pas mal de gens qui m’ont encouragée, en m’envoyant des messages super sympas et tout ça. Donc, je suis venue à Abidjan pour présenter mon album à ce public en premier. Ensuite, c’est tout un programme dans la sous-région, en Afrique centrale notamment. Je vais faire le tour. Je commence par Abidjan, parce que c’est la capitale qui m’a vu naître musicalement. C’est vrai qu’il y a eu une parenthèse. Mais je pense, et j’espère en tout cas, qu’elle est fermée et que la vie reprend son cours naturellement. On ne peut pas dévier le cours de la rivière. (Elle rit).

• La chanson «Mon paradis c’est toi» est un bon zouk, dans le pur style Antillais. Tu ne penses pas faire un album 100% zouk ?

- Oui, j’ai failli le faire ! Mais… je pense que je le ferai quand même, ça viendra. Parce qu’effectivement, c’est ce que je réussis le mieux. (Elle rit). Quand je fais un album, c’est le zouk qui marche plus. Et même cet album, quand on l’a fini et que je l’ai fait écouter, tout le monde a craqué pour « Mon paradis c’est toi ». Donc, c’est très bien effectivement de faire un album 100% zouk.

• Des nouvelles de Mohamed, le jeune homme dont l’affaire a servi de déclic à ta carrière ?

- Oui, je l’ai eu hier au téléphone (mardi 17 juillet : ndlr). Il va d’ailleurs passer tout à l’heure. Et peut-être que vous allez le voir arriver. Donc, il n’y a aucun souci… Ouais, on est toujours en contact.

• As-tu été surprise par le succès de ta carrière ?

- En faisant le premier album, on ne s’attendait pas à ce que ça fasse autant de bruit. Si vous voulez, on a été surpris par les événements. Ce qui m’a le plus poussée à faire de la musique, c’est l’encouragement des personnes qui m’entourent, des fans surtout. Et puis, je me suis découvert une passion aussi, en même temps. La musique, ça reste quand même une passion. J’ai envie de faire de la musique jusqu’à ce que mes forces me lâchent.

• Concrétement, qu’est-ce qu’elle t’a apportée ?

- La musique m’a guérie de mes démons, de mes souffrances. Ça a été une sorte de thérapie pour moi-même, parce que l’histoire de Mohamed ressemble aussi beaucoup à la mienne. Aujourd’hui, je souffre moins. Quand on dit que la musique adoucit les mœurs, ce n’est pas un vain mot. Ça m’a apporté la sérénité, le pardon. Et puis, je pense que ça m’a guérie un peu aussi de la timidité. Je suis devenue un peu moins timide.

• Pourquoi les deux derniers albums, «Anesthésie et «Coma Profond», n’ont pas été distribués ici ?

- (Elle rit). J’étais fâchée. (Elle rit encore). C’est pour rigoler… C’est vrai qu’ils n’ont pas été distribués en Côte d’Ivoire. A la sortie d’«Anesthésie», j’étais déjà partie à Dakar. «Coma Profond» aussi. Tout ce que j’avais l’habitude de faire ici, je l’ai reporté là-bas. Ce bout de carrière, cette parenthèse, je l’ai faite à Dakar. Et puis, voilà !…

• On disait que tu avais fui le pays. 

- Oui, cette question, j’y ai répondu, Re-répondu… Je ne sais plus combien de fois. Parce que, pour moi, c’est un faux problème. Il y a eu plein d’expatriés qui sont partis. On est d’accord ! Et pourquoi mon mari, en tant qu’expatrié, ne serait-il pas parti ? C’est juste une question. Et moi, en tant que son épouse, pourquoi ne devrais-je pas le suivre ? Moi, je suis épouse et mère. Je fais quoi ? Les Ivoiriens m’aiment tellement, ma carrière marche tellement, je lui dis prends les enfants et allez-y, moi je reste là ? Ce n’est pas possible. On est d’accord…

• Durant ton absence, qu’est-ce qui t’a le plus manqué ?

- (Elle réfléchit). Je ne vais pas dire que quelque chose m’a manqué. Heu… j’ai eu peut-être des regrets. Genre, quel gâchis !! Pourquoi les choses se sont passées comme ça ? C’est un beau pays. On était bien, pourquoi il y a eu tout cela ? Ce n’était pas vraiment pour ma carrière, parce qu’on peut la faire ailleurs. Tant qu’on a la santé, la volonté, on peut toujours faire des trucs. Mais quand tu vois ce qui s’est passé, c’est dommage. Il faut que les Ivoiriens se ressaisissent. Ils ont un beau pays. C’était plutôt dans ce sens-là, quoi. Parler juste de ma carrière, ce serait égoïste. Ça voudrait dire que le reste ne m’intéresse pas. Mais ce n’était pas vraiment ça.

• Continues-tu de tourner autant, avec ton orchestre ?

- Oui, je continue de tourner. Le fait de ne plus venir ici, les Ivoiriens ont eu l’impression que la carrière s’est arrêtée. Il y a des gens qui m’ont demandé «Ah, tu chantes encore ? Ça fait un moment, on te voit plus, etc. » Bon, c’était pareil quand j’étais ici. Au Congo, on me demandait alors qu’ici je continuais à jouer.

• Vos enfants doivent avoir grandi maintenant ?

- C’est des grands gaillards. Des barbus. (Elle rit). Les deux sont maintenant indépendants. Ils travaillent, ils vivent avec leurs copines. L’aîné a 25 ans, le deuxième, 22.

• Que fait leur papa, présentement ?

- Il est à la retraite. Donc, il mange, il dort, il voyage. Comme tout retraité, quoi. Voilà.

• Quand tu es auprès de lui, à quoi consacres-tu tes heures ?

- Déjà, je n’ai pas le temps. Franchement, je bouge beaucoup, donc il ne me reste pas de temps pour autre chose, quoi. Je suis tout le temps partie. Si ce n’est pas le studio, ce sont les prestations, les avions. Et quand j’ai un peu de temps, je préfère le consacrer à mes deux gaillards-là. Ils me disent : «Maman, tu peux me faire alloco-poisson ?». Donc, on fait alloco-poisson. Je dépose ça chez eux. Souvent, c’est attiéké. J’ai montré comment faire à leurs copines, mais ils préfèrent tout de ma main.

• Peut-être que les copines n’arrivent pas à faire comme maman ?

- Non. (Rires).

• Aujourd’hui, qu’aimerais-tu dire aux Ivoiriens ?

- J’ai compris tout l’amour qu’ils ont eu pour moi. C’est vrai qu’un moment, il y a eu un petit désamour, je ne sais pas si je peux l’appeler comme ça. (Elle rit). Mais bon, moi j’ai pris ça comme de l’amour, parce que quand quelqu’un vous quitte, que vous le remarquez et que ça vous fait mal, c’est que vous aimez la personne. Sinon, ils n’allaient même pas remarquer que je suis partie. Peut-être, six mois, un an après, les gens allaient se dire, mais tient celle-là on ne la voit plus, est-ce qu’elle est toujours là ? Dès le lendemain où je suis partie, c’est l’un de vos confrères qui a voulu monter les gens contre moi. Mais de toute façon, les Ivoiriens restent dans mon cœur. Ce sont mes frères, mes sœurs, mes fans. Le mot à la mode aujourd’hui c’est la réconciliation. Donc, il y a eu une réconciliation. Tout se passe pour le mieux.

 

Par François Yéo
francoisyeo@topvisages.net


 
   
     


Hebdo N° 1002
 

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