Stéphie,
Ce courrier est un vrai cri de cœur d’une mère qui ne sait à qui s’adresser. Pardonne-moi d’occulter certaines informations car les personnes concernées sont comme moi des habituées de top visages. Voilà, j’aimerais savoir par le biais du journal ou par ton apport personnel s’il existe des structures qui suivent les enfants vivant avec le VIH. J’aimerais aussi avoir des témoignages de parents ayant traversé la terrible épreuve du dépistage de leur enfant. Je suis moi-même mère de jumelles de trois ans et j’ai été déclarée séropositive il y a quelques mois. Je suis terrifiée à l’idée de penser que mes enfants puissent être dans le même cas que moi car je les ai allaités jusqu’à un an trois mois. Le test ne m’a pas été fait pendant ma grossesse et je vis dans un doute permanent. Toute aide serait la bienvenue. Merci.
Une fidèle lectrice |
Chère lectrice,
Je suis fort surprise de savoir que durant toute ta grossesse tu n’as fait aucun test de dépistage. Je me dis même que cela est impossible de nos jours en Côte d’Ivoire car tout est mis en œuvre dans nos hôpitaux pour que les futures mères connaissent leur statut sérologique. Même quand tu ne le demandes pas, il y a tous les moyens pour le savoir rien qu’en te demandant une prise de sang, par exemple. Et si ton statut est positif, les médecins te le diront, au moins dans le souci de protéger ton bébé et éviter la transmission mère-enfant. Donc, peut-être que le test a été fait, mais comme tu étais sûrement séronégative à ce moment-là, ils ne t’ont rien dit.
Alors et si tu avais été en contact avec le VIH quelques temps après la naissance des enfants ? As-tu eu des relations intimes non protégées quelques semaines après leur venue au monde ou peut-être des mois, des années plus tard ? As-tu eu sans le savoir une attitude risquée en utilisant une lame, un rasoir appartenant à un proche infecté ? Dans tous les cas, il est tout à fait possible que les enfants aient été infectés, mais il y a aussi la possibilité qu’ils ne le soient pas et que tu sois la seule à l’être. Mais, et le papa dans tout ça tu n’en parles pas. Ce qui est sûr, nos lecteurs auront la possibilité de rendre leur témoignage sur le sujet via cette page dans la rubrique «ton cas m’intéresse», sous le sceau de l’anonymat ou pas. Mais, toi, tu dois te rendre dans un centre de dépistage (on en trouve dans tous nos hôpitaux publics), tu pourrais simplement aborder la question avec les spécialistes et faire le test de tes jumelles. Ce n’est pas intéressant de vivre dans un doute permanent. Plus tu sauras sur quel pied danser et mieux ce sera pour les enfants et toi. Mais sache que le VIH n’est plus une fatalité. La maladie a ses difficultés, ses contraintes, mais pas question de baisser les bras. Je te laisse en te donnant les contacts d’ONG qui viennent en soutien aux mères affectées ou infectées (VIH) et aux orphelins et enfants vulnérables :
- ONG Bayewa. Abidjan, Abobo - Akeikoi (en face de l’Église des Assemblées de Dieu) Mail : bayewadp@yahoo.fr
Tu peux aussi contacter Mme Korotoumou COULIBALY (+225) 05 58 40 71
- ONG «CHIGATA» à Yopougon GFCI “quartier millionnaire” derrière le groupe scolaire Saint-louis. Mail : infos@ongchigata.org.
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