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16/02/2008 (11h00) - Pour éteindre le feu brûlant du désir sexuel qui s’empare parfois de deux amoureux clandestins, ces endroits clos sont le cadre idéal. Mais à quel prix ?
Hôtel T…Yopougon. Il est dix-neuf heures. Dans la pénombre, on distingue des couples se diriger tranquillement vers cet établissement. Certains sont tendrement enlacés alors que d’autres font comme s’ils ne sont pas ensemble.
Monsieur est loin devant et la petite copine traîne les pieds, derrière. Une mesure de prudence, certainement pour ne pas se faire remarquer, surtout quand on est un couple qui veut se cacher.
Mais, une fois dans l’enceinte de l’hôtel, à l’abri des regards indiscrets, on se serre l’un contre l’autre comme jamais on ne l’a fait.
A l’entrée de l’hôtel, une ampoule de couleur rouge est allumée. C’est un signe qui ne trompe pas. La plupart des hôtels offrant des prestations à l’heure se distinguent par ce genre de lumière. N’oublions pas que le rouge est la couleur de l’amour, de la passion et de la vigueur.
Un code, que les clients connaissent bien.
Mais, tous les hôtels offrant des tours de passe n’ont pas forcément des ampoules rouges. Les réceptifs haut de gamme, de la catégorie trois ou quatre étoiles (la classe en quelque sorte) font, en général, dans la discrétion absolue. Rien, sur la façade, ne laisse penser à un hôtel de passe. Seuls les initiés savent ce qui se fait à l’intérieur. Immeubles chics, sans indication faisant penser à un lieu de plaisir, on y entre avec l’assurance de passer incognito et d’être dans de bonnes conditions. Dans ces endroits, la passe oscille en général entre 3000 et 5000 francs l’heure.
Parfois, ce sont des hôtels qui se dotent de quelques chambres de passe. Et pour cause : avec 5000 F l’heure, c’est plus rentable que la nuitée. Car les clients se bousculent pour avoir une place et faire vite l’amour avant de céder la place aux autres.
Il y a aussi des hôtels de fortune. Ici, c’est pas cher : avec 1000 F ou même 500 F, vous avez une place. Mais, comme son prix, l’hygiène n’existe pratiquement pas dans ces endroits (Voir photo ci-contre). Certes, ici, on prend son pied, mais on prend aussi des maladies.
A l’hôtel T., par exemple, les files d’attente pour s’envoyer en l’air sont très longues, surtout les week-ends ou entre midi et deux, l’heure de pause, pour les travailleurs.
Idem pour le célèbre PV, dans la commune du Plateau, le K…en Zone 4 et d’autres coins du genre.
Le rituel est toujours le même dans les chambres de passe. Dès que le couple X finit et sort, les employés commis au ménage nettoient les lieux en vitesse pour permettre à ceux qui attendent, de venir se soulager.
En trois minutes, la chambre est faite. La douche essuyée à la va-vite, les serviettes de bain et draps de lit changés. Mais cela n’est pas toujours évident.
«Quand on constate que les clients qui viennent juste de finir n’ont pas sali les draps ou les serviettes, il nous arrive de laisser les choses telles qu’elles sont pour le couple suivant. Et je peux vous dire que ce n’est pas évident parfois de faire le ménage comme on le veut car ce sont les clients eux-mêmes qui font la pression pour qu’on nettoie vite», révèle H.L, employé dans un hôtel de passe.
«Nous sommes débordés ! La demande est plus forte que ce dont nous disposons pour satisfaire tout le monde. Et les choses sont d’autant plus difficiles que les clients sont impatients», renchérit Mlle Kouassi, gérante d’un hôtel à Abobo.
«Mais le pire, c’est quand un client qui est passé là, laisse les lieux dégueulasses alors qu’il sait qu’après lui, un autre fera son entrée. Même si c’est un hôtel de passe, il y a le savoir-vivre…Alors, que voulez- vous qu’on fasse ?»
Ce qui est certain, en dehors des risques que des clients prennent eux-mêmes ou font prendre à d’autres, il y a le fait que le local qui abrite les amours d’une passe n’est pas toujours à la dimension de l’espèce humaine, tant il est sale.
Murs crasseux, matelas défraîchis, douches envahis de tartres, noirâtres et malodorantes, manque d’eau, serviettes ressemblant à des serpillières… il y a tout pour la pullulation des bactéries, microbes et parasites.
Selon le docteur Touré A., gynécologue, toutes les personnes qui fréquentent ces hôtels ne sont pas forcément des personnes saines. Et celles qui y font le ménage, ne le font pas toujours de gaieté de cœur ou avec conscience. Fréquenter un hôtel de passe, c’est donc prendre des risques du point de vue santé. L’usage commun des serviettes, draps de lit, douche et toilettes souillés peut être source de maladies contagieuses de la peau ou d’IST (infection urinaire, trichomonase, gonorrhée, mycoplasmoses, pédiculose…). Les clients s’exposent donc sans le savoir… Il serait donc intéressant que les autorités qui mènent en ce moment des campagnes sur l’hygiène soient plus regardantes sur le phénomène des hôtels de passe.
Ce qui n’est pas évident dans la mesure où tous les établissements qui se livrent à ce genre d’activités le font clandestinement. Ils sont nombreux à ne pas être répertoriés dans les annales du ministère du Tourisme, ministère de tutelle.
«De façon officielle, les hôtels de passe n’existent pas, dit notre source. Nous donnons des agréments pour les hôtels, en bonne et due forme qui proposent des nuitées. Mais malheureusement, sur le terrain, ils sont transformés en hôtels de passes. Seulement, les personnes qui font ça s’exposent à des sanctions. Et c’est bon à savoir.»
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