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19/01/2008 (10h30) - Michael Jackson et sa célèbre chanson We are the World ont révolutionné le genre humain lorsqu’un matin de l’année 1985, la mégastar décide, avec quelques amis du show-biz, de récolter des fonds pour venir en aide à l’Afrique, particulièrement à l’Ethiopie qui souffre de misère et de famine.
Un single, un casting de rêve avec les plus belles voix des USA (Diana Ross, Lionel Ritchie, Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Cindy Lauper…), une bonne médiatisation (forcément avec cette palette de stars) et le tour est joué pour toucher le maximum de personnes.
But rechercher ? Vendre l’album à des millions d’exemplaires afin de reverser les bénéfices aux petits Africains qui souffrent et améliorer leur quotidien.
Objectifs atteints ? On en doute puisque la famine n’a pas pour autant disparu du continent et chaque jour, les morts ne se comptent pas.
Et d’autres fléaux sont apparus. Ce qui n’empêche pas le nombre d’opérations de charité de croître.
Finalement, le discours politique a cédé la place aux messages des stars dont l’aura apporte incontestablement un visage nouveau à la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme, la pauvreté, etc…ou à l’aide en faveur des sinistrés de catastrophes naturelles.
Il suffit, par exemple, qu’on annonce une vedette comme Didier Drogba, Zidane, Youssou Ndour à un événement relatif à une œuvre humanitaire pour que les fans et tous ceux qui la connaissent ou qui
l’aiment rappliquent afin de l’imiter en faisant des dons.
On le sait, les célébrités suscitent beaucoup d’intérêts, de passions et psychologiquement, elles ont une certaine influence sur le public.
Mais, ce que l’on peut déplorer, c’est le fait que l’humanitaire soit devenu un véritable phénomène de mode.
Tout le monde se jette dedans.
En fait, si la cause est noble, il semblerait que pour beaucoup, il s’agit de se faire voir.
Certains n’hésitent pas, de leur propre chef, à arpenter les couloirs des rédactions pour proclamer à tout vent qu’ils font des dons ici et là, photo ou élément vidéo à l’appui.
Au lieu de laisser la presse et les caméras aller vers eux, ce sont eux qui vont vers les médias.
Est-ce une autre forme de promotion qui ne dit pas son nom ?
En tout cas, parfois ça saoule et on se pose des questions, surtout quand on ne voit pas l’impact réel de leur soi-disant engagement.
Mais à trop tirer sur la corde, on finit parfois par être rattrapé par ses mauvaises pensées.
Un exemple ! L’actrice européenne, Sophia Loren, s’est rendue, il y a quelques années, en Somalie dans un camp de réfugiés. Et à la vue d’un petit somalien très maigrichon, elle a lâché, malgré elle, une bourde : «Tu es beaucoup trop maigre, il faut que tu me promettes de manger plus !».
Des propos qui en disent long sur son engagement.
D’ailleurs, dans les coulisses des organisations internationales, on reconnaît qu’il y a de nombreux dérapages à ce niveau.
C’est la raison pour laquelle le choix est de plus en plus strict en ce qui concerne les people.
Au HCR, les stars qui contactent l’organisation dans le but d’œuvrer pour l’humanitaire sont mises à l’épreuve durant plusieurs mois avant une éventuelle nomination.
Les ambassadeurs de l’UNICEF ne sont pas payés mais dédommagés en ce qui concerne le transport et le logement. Au PAM (Programme alimentaire mondial), l’artiste s’engage parfois à ses propres frais en faisant des donations.
Toute chose qui pourrait freiner un peu les ardeurs…des malhonnêtes.
Comment deviennent-ils
ambassadeurs humanitaires ?
Dans l’humanitaire, il y a d’une part ceux qui évoluent à leur propre compte sans le soutien d’une organisation et d’autre part ceux qui sont porte-parole, représentants d’association ou d’organisation…
Les derniers cités sont nommés officiellement par de grandes organisations comme le PNUD, l’UNICEF, le HCR, le PAM…et appelés «ambassadeurs itinérants», «ambassadeur de bonne volonté» pour certains, tandis que les autres signent simplement des accords.
Le choix fait par les organismes internationaux pour telle ou telle personnalité du show-biz (acteur, comédien, journaliste, chanteur, footballeur, cinéaste…) repose sur des critères bien précis. Les artistes sont observés dans leurs activités professionnelles et extraprofessionnelles sur une certaine période.
Une chanson sur un thème touchant au bien-être d’une population peut servir de déclic.
On a eu l’exemple avec le chanteur paraplégique ivoirien, Joss Kezo, qui a fait de la lutte contre la poliomyélite son cheval de bataille. Au bout de quelques mois, l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) lui a fait signer un accord de coopération portant réalisation d'une oeuvre musicale dans le cadre de la campagne d'éradication de la poliomyélite en Côte d'Ivoire en 2004. Cela a aussi été le cas pour le français, Julien Clerc, qui fut contacté en 2002 afin que sa chanson “partir” puisse illustrer une campagne d’information sur les réfugiés afghans. Un an plus tard, en 2003, il fut élevé au rang d’Ambassadeur de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
La vie au quotidien de nos artistes est aussi un critère important. Un scandale contraire aux valeurs de la lutte menée par telle ou telle organisation et on est grillé pour la vie.
Michael Jackson qui démontre à tout vent son amour pour les enfants aura certainement moins de chance qu’un autre d’être nommé ambassadeur par l’UNICEF dans la mesure où il est lié à plusieurs scandales relatifs à la pédophilie.
Cependant, les choses ne sont pas si simples qu’on le croit, le futur ambassadeur devant accepter les contraintes, être disponibles, s’informer et se former sur le sujet et surtout accepter le bénévolat. |