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19/08/2012(09h00)
• Cela fait longtemps qu’on ne te voit plus.
- présente en Côte d’Ivoire. Je faisais d’autres choses entre temps. J’ai beaucoup de cordes à mon arc. Je pratiquais la danse, le théâtre et je faisais les chœurs au studio JBZ.
•N’as-tu pas peur de te faire oublier par le public ivoirien ?
- Non. Le fait de ne pas être au devant de la scène, est une occasion de toujours travailler ma voix. parce que les chœurs que je fais dans les studios, me permettent de régler la justesse de ma voix. C’est beaucoup d’harmonie dans mes chansons pour encore faire plaisir aux mélomanes. Les chœurs en studio m’offrent l’avantage supplémentaire de me bonifier en live. C’est aussi une stratégie pour toujours garder la forme quand on revient sur scène..
• Retournes-tu de temps en temps au Village, le Village Ki-yi depuis ton départ en 2000 ?
- Le Village Ki-Yi est ma maison. J’y étais lors d’une cérémonie en hommage à Zadi Zaourou. J’ai participé à cette cérémonie en compagnie des membres du Village Ki-Yi. Je suis partie du Village, pas parce qu’il y a eu des problèmes avec Wêrê-Wêrê Liking ou avec un autre membre de la compagnie. Je suis partie, parce que c’est la nature qui le voulait ainsi. Il faut savoir partir pour pouvoir affronter la vie. Ça te permet d’être fort dans la tête.
• En 2004, tu as sorti ton premier album, ‘’Première Dame’’. Cela fait maintenant 8 ans quand même !
- Il y a beaucoup de raisons à cela. J’ai mis au monde un enfant en 2005. Pendant que je m’occupais de mon enfant, je préparais en même temps un autre album qui est fini en 2007. Malheureusement, il n’y a pas de maison de distribution, c’est difficile pour sortir un album. Et la piraterie galopante en Côte d’Ivoire est un frein. Tu ne peux pas mettre beaucoup d’argent dans une production et, le lendemain de la sortie, re-trouver ton disque dans les rues, au feu rouge. C’est vraiment dommage !
• Est-ce qu’à un moment, il t’est venu à l’idée d’arrêter la musique à cause de la piraterie ?
- Pas du tout. C’est comme demander à un médecin d’arrêter de soigner les gens. Je ne veux pas arrêter, mais je m’interroge plutôt sur les stratégies à mettre en place en tant qu’artiste pour contrer la piraterie. La seule solution pour l’instant, ce sont les singles. Parce qu’avec un seul titre, je ne vais pas regretter l’argent que j’ai injecté dans la production.
• C’est dire que Honakamy va désormais évoluer en single ?
- C’est possible. Parce que si la piraterie est toujours présente, je choisis une de mes chansons pour la sortir. J’ai envie d’être près de mon public et si je peux procéder de cette manière, je le fais. Je donne raison aux DJ qui évoluent en single.
• Est-ce donc ce que tu as décidé de faire avec ton single, ‘’C’est Dieu qui bénit’’ ?
- Bien sûr ! Ce single est actuellement en promotion. La date de la sortie n’a pas encore été arrêtée par mon staff. ‘’C’est Dieu qui bénit’’, a été arrangé par David Tayorault. Il l’a fait sans me prendre un seul centime. C’est vraiment un arrangeur au grand cœur. Tous les instrumentistes, les choristes et le studio, c’est David qui a pris tout en compte. Je lui dis sincèrement merci. Et ça, ça démontre que c’est Dieu qui bénit et il m’a bénie à ce niveau à travers David Tayorault.
• Ce ne sont pas les difficultés que tu as traversées qui t’ont rapprochée de Dieu ?
- Non. Les difficultés font partie de la vie, on les rencontre chaque jour. Quand tu viens au monde, dès les premiers instants, tu pleures sans qu’on ne t’ait rien fait. C’est pour dire, que tu le veuilles ou pas, il y a toujours des difficultés dans la vie. Dieu a toujours été dans ma vie depuis mon enfance. J’ai fréquenté des écoles catholiques. Je suis une chrétienne.
• Dieu est-il vraiment important pour toi ?
- Il est très important pour moi. Je fais partie d’une famille de sept enfants. Et je suis la seule qui vit actuellement. Mes autres frères et sœurs ont disparu très tôt. Je me dois de dire merci à Dieu de m’avoir gardée en vie. C’est de là que vient mon nom Honakamy qui veut dire : ‘’moi, j’arrive et je reste’’. Donc, j’ai le droit et le devoir d’avoir de l’amour pour Dieu. Que je le veuilles ou pas, Dieu m’a bénie. Il y a beaucoup de détails que je n’ai pas envie de donner. Le fait que Dieu me fasse cette grâce-là, j’ai le droit de dire publiquement que Dieu est bon ! Il va continuer à me protéger.
• ...
- Quand il y a une occasion, je dois louer Dieu. Ce n’est pas parce que c’est une mode de chanter Jésus que je m’y suis mise. A cause de la situation que j’ai vécue, je me sens le devoir de chanter Dieu. J’ai même envie d’être aussi une chantre. Les chantres ont des qualités. Mon single est dédié à Dieu pour tout ce qu’il a fait dans ma vie.
• Il semble qu’avec ton deuxième album, ‘’Nissi’’, qui n’est pas sorti, tu as été nominée aux Koras. Comment cela a-t-il été possible ?
- Il faut dire qu’avec mon premier album, j’ai reçu un prix au Benin lors du SICA en 2007. Et avec le deuxième qui n’a pas pu sortir, j’ai été choisie pour aller représenter la Côte d’Ivoire aux Koras, au Nigeria en 2010. Mais cette édition n’a pas pu avoir lieu. C’est le travail abattu qui a permis aux gens de me choisir.
• Comptes-tu mettre ‘’Nissi’’ au goût du jour pour tes fans ?
- envisageable car Honakamy n’est jamais satisfaite. Si je dois mettre au goût du jour ‘’Nissi’’, il va falloir le retravailler pour qu’il soit d’actualité.
•Quel meilleur souvenir gardes-tu de ton premier album ?
- C’est le fait que j’aie reçu un prix avec un premier album. J’espère qu’avec le single, pourquoi pas, j’aurai un autre prix. Un album, un prix, c’est toujours bon à prendre. Cela donne la force de travailler davantage.
• Si tu n’avais pas été artiste,
qu’aurais-tu fait d’autre dans la vie ?
- Ah, artiste toujours, parce que j’aime l’art. La sculpture, la danse, la musique, je ne peux pas m’en passer. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre.
Par Patrick Bouyé
bouyepat@topvisages.net
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