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ROSE SABINE

 
  “Je ne suis pas Sainte Marie”  

Après un an et demi au Burkina Faso, la chantre Rose Sabine est de retour sur les bords de la lagune Ebrié. Avec un nouveau maxi-single sous les bras. Et plus déterminée que jamais à reconquérir le cœur des mélomanes, particulièrement celui des membres de la communauté chrétienne.

 
 


28/10/2012 (09h00)

• Akwaba, quelles sont les nouvelles ?

- Par la grâce de Dieu, ça se passe bien au pays des hommes intègres.

• D’Abidjan, tu t’es retrouvée su-bitement à Ouaga. Que s’est-il passé ?

- Je suis allée au Burkina Faso il y a un an et demi, dans le cadre de mes activités de marketing. Je fais de la consultance en marketing dans un cabinet et c’est pour cette raison que je me suis retrouvée au Burkina Faso. Comme je suis aussi artiste, je continue la chanson là-bas.

• Mais on a l’impression que tu as décidé d’y poursuivre ta carrière ?

- Pas du tout ! Je ne me suis pas installée définitivement au Burkina. D’ailleurs ma mission dans ce pays est en train de prendre fin. Mais j’ai une collaboration avec une maison de production locale pour la réalisation de mon troisième album. Ce qui fait que j’y ai encore des attaches.

• Donc, ton retour définitif à Abidjan n’est pas pour maintenant ?

- Je ne vais pas revenir à Abidjan maintenant, parce qu’après le Burkina, je serai mutée dans un autre pays africain pour continuer la consultance que je fais. Actuellement, je suis simplement en vacances à Abidjan et j’en profite pour faire la promotion de mon nouveau maxi-single.

• L’occasion aussi de présenter aux Ivoiriens le ‘’Kundé’’ que tu as eu au mois d’Avril dernier ?

- Oui, pourquoi pas ? C’est la Côte d’Ivoire qui a été honorée. J’ai reçu le Prix Kundé du meilleur artiste étranger résidant au Burkina Faso.

• Justement, les mauvaises langues disent que ce Prix Kundé t’a été donné par complaisance…

- (Un peu irritée) Cela n’engage que ceux qui veulent le penser. Sinon, je n’ai aucun problème. Je suis sûre de mon talent et je prouve mes capacités sur le terrain au Burkina. Je n’empêche personne de dire que ce Prix m’a été attribué par complaisance. Ce n’est pas mon problème. Je sais le travail que j’ai abattu pour avoir le Kundé.

• Quel travail as-tu abattu ?

- Je n’ai pas à me justifier pour dire quel travail j’ai fait pour recevoir le Kundé.

• On insiste, pourquoi le Kundé t’a été attribué, alors ?

- Les critères sont basés sur la vente des albums, la diffusion des clips à la télé, le nombre de spectacles de l’artiste et le retour dans les boîtes de nuit. C’est sur cette base-là qu’on attribue le Prix à quelqu’un. Nous étions trois en lice. Il y avait Miss Kelly, une gabonaise, Jus Dallas, un congolais et moi. Les deux artistes qui étaient dans la même catégorie que moi vivent au Burkina depuis bien longtemps. Je n’ai pas plus d’argent qu’eux. Je ne suis pas non plus une amie à Jah Press. Mais j’ai reçu le Prix. Ceux qui disent que je l’ai reçu par complaisance, qu’ils arrêtent d’affirmer n’importe quoi. Il y avait des Ivoiriens ce jour-là dans la salle. Quand on a cité les trois noms, le public avait déjà commencé à scander mon nom. Et quand on m’a annoncée gagnante, tout le monde a applaudi. Ce n’est pas un Prix qui m’a été donné par complaisance ou un Prix qui a été contesté. Bien au contraire, c’est le Prix que le public a le plus apprécié. Donc, je le méritais.

• Comment les acteurs du show-biz et le public burkinabè te perçoivent-ils ?

- J’ai une bonne cote auprès des gens au Burkina Faso. Parce que j’ai du talent, j’ai de la suite dans les idées et je suis intelligente. C’est comme cela qu’on me perçoit là-bas. Je n’ai aucun problème avec le public burkinabè. Il suffit de regarder toutes les émissions musicales burkinabè pour s’en convaincre. Je suis très appréciée par le public et je le lui rends très bien. Il m’a réservé un accueil chaleureux et je le remercie énormément.

• Quelle différence trouves-tu entre le show-biz burkinabè et celui de la Côte d’Ivoire ?

- Il n’y a vraiment pas de différence. Mais, je parlerai de différence de culture. La Côte d’Ivoire a une longueur d’avance, parce qu’Abidjan est la capitale par excellence de la musique africaine. Le Burkina a pris le train en marche. Il est arrivé à un niveau où il y a maintenant de grands artistes. Ils voyagent beaucoup et représentent leur pays un peu partout dans le monde. Par exemple Floby, Bil Aka Kora, Alif Naaba, Amity Méria...

• Revenons à ton maxi-single…

- Mon maxi-single, ‘’Persévérance’’, a été réalisé dans de très bonnes conditions. Il est déjà sur le marché au Burkina, au Mali et en France. En Côte d’Ivoire, il sera disponible dans quelques jours. J’ai même travaillé avec Floby qui a participé à une des chansons. Le groupe Yeleen a également collaboré avec moi. C’est un opus que j’ai préparé depuis la Côte d’Ivoire et que j’ai terminé au Burkina.

• Pourquoi as-tu choisi ‘’Persévérance’’ comme titre ?

- J’ai choisi le titre, ‘’Persévérance’’, pour fermer la bouche à tous ceux qui ne reconnaissent pas le talent des gens. Ces personnes qui ont toujours tendance à trouver seulement ce qui est négatif chez les autres. C’est également pour donner des conseils aux jeunes, pour leur dire de ne pas se fier aux apparences pour envier des gens, dont ils ignorent l’origine de la richesse. Il faut travailler pour mériter respect et considération des autres.

• Ce maxi-single donne dans plusieurs genres…

- Oui, il y a du tradi-moderne, du RnB, du zouk et du reggae.

• Tous ces genres sont presque des musiques du monde ?

- Oh, je ne pense pas qu’il y a un rythme particulier pour la musique chrétienne et un autre pour la musique profane. Ce sont les mêmes arrangeurs qui travaillent avec tout le monde. Ce sont aussi les mêmes instruments qu’on utilise pour travailler. Sinon, c’est le message, la manière de danser et de s’habiller qui diffère. Il faut que les gens évitent la polémique et ne cherchent pas à saboter le travail des chantres. On travaille pour éduquer. Toute parole qui sort de la bouche d’un serviteur de Dieu, c’est pour éduquer.

• Quels sont les autres messages forts que tu véhicules alors dans ce maxi ?

- Je parle aussi du mariage pour dire qu’il ne faut pas se marier sur un coup de tête. Il faut bien réfléchir avant de le faire. Quand on se met avec quelqu’un, ce n’est pas pour divorcer demain. Je donne des conseils à la jeunesse, en lui disant de travailler et ne pas aimer la facilité. 

• L’opus, ‘’Persévérance’’, annonce-t-il la sortie prochaine d’un nouvel album ?

- Oui, ce maxi est une transition entre mon second et mon troisième album qui va sortir en 2013. J’ai déjà peaufiné certains titres avec des arrangeurs burkinabè, ivoirien et français.

• Après un an et demi d’absence, à quelle Rose Sabine le public doit-il s’attendre aujourd’hui ?

- C’est toujours la chrétienne, la chantre de l’éternel. Je chante le vécu. Je ne suis pas Sainte Marie. Je suis juste une jeune fille de Dieu qui essaie de marcher dans la voie de Dieu. Et avec ma petite expérience de la vie, j’apporte des messages éducatifs aux gens. Je leur demande de m’accepter et de soutenir ce que je fais.

• Mais ce n’est pas une image toujours reluisante que le public a eue de toi ?

- Bon, chacun juge à sa manière. Les avis sont partagés. Certains m’aiment et d’autres pas. Le plus important, c’est le travail que je fais et que je souhaite qu’on juge. Je ne suis pas une personne infaillible. Mais ce n’est pas ce qu’on dit de moi qui est toujours vrai.

• Tu vivais maritalement il n’y a pas très longtemps avec l’artiste Valère de Konty DJ, tu l’as quitté ?

- Ça, c’est ma vie privée. Je souhaite qu’on n’en parle pas. Le dossier Valère est clos. Chacun mène sa vie à présent. On n’est plus ensemble, mais il n’y aucun problème entre nous.

• Il y a eu aussi l’épisode Christy B., Prosper Kouassi… Tout cela a fait long feu.

- (Elle lève le ton) Je vous dis que je ne souhaite pas qu’on parle de ma vie privée. Ma vie privée ne regarde personne. Elle ne regarde que moi seule. Je suis une femme et c’est normal que j’aie une relation avec quelqu’un. Mais de grâce, qu’on me laisse tranquille. Pour l’instant, je suis en promo avec mon nouveau maxi-single et c’est ce qui est le plus important.

• Quels sont tes projets immédiats ?

- J’ai des dates de concerts à honorer dans la sous-région. D’ici là, je vais effectuer des tournées dans les églises à Abidjan pour présenter ‘’Persévérance’’.

 

 

 

Par Stéphie Joyce
stephiejoyce@topvisages.net

 

 

 

 
   
     


Hebdo N° 1005
 

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