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Un jour, un événement (heureux ou malheureux), un fait ont bouleversé le cours de notre vie, positivement ou négativement.
Pour partager leur bonheur avec les autres ou pour se libérer d’un fardeau qu’ils portent depuis longtemps, certains ont décidé de se confier à Top Visages. Voici leurs histoires.
 
  Et pourtant, je ne l’ai pas tué !  
   
 

13/09/2012 (09h00)

Voilà trois ans que je suis marié et père d’un enfant. Malheureusement, je n’arrive pas à aimer cet enfant comme il se doit. Ce n’est pas que je le déteste ou que je n’ai pas envie de le voir auprès de moi. Non, après tout, c’est mon fils. Je n’ai aucun doute là-dessus. Mais mon problème se trouve ailleurs. Ou, du moins, c’est peut-être moi qui ai un problème. C’est donc en désespoir de cause que j’ai décidé de livrer cette partie de ma vie en espérant que les lecteurs pourraient m’aider à trouver une solution.

Ma femme, Zeynab, et moi nous sommes rencontrés, il y a environ quatre ans. C’était le coup de foudre. Zeynab était le genre de femme que j’aime. J’étais emporté par un vrai tourbillon d’amour. Plus rien ne comptait pour moi, à part elle.

Trois mois à peine plus tard, un jour, je reçois un appel qui me fait vite redescendre sur terre. La personne (c’était un homme) s’est présentée à moi comme étant l’époux de Zeynab ! Ils étaient mariés depuis plus de cinq ans ! Chose que j’ignorais, car je ne la connaissais que depuis peu. Je ne suis pas le genre de personne qui fouille dans la vie des autres. En plus, Zeynab ne m’avait jamais parlé d’une quelconque vie de couple. Pour ne pas d’avantage envenimer les choses, je suis resté très en retrait de cette conversation. J’ai dit simplement à l’homme que j’étais désolé d’une telle situation et que j’ignorais totalement que Zeynab était mariée. Après une sévère mise en garde, il a raccroché. Je suis resté tout de même dubitatif en me demandant si c’était la vérité ou un mauvais coup de la part d’un ancien prétendant. J’ai attendu ma prochaine rencontre avec Zeynab pour jouer cartes sur table en lui racontant ce qui s’était passé. Elle n’a pas fait de difficulté pour m’avouer la vérité. Face à une telle situation, elle a jugé bon à regret qu’on arrête de se voir. J’étais du même avis, car je ne tenais pas à briser un foyer. J’ai tout de même accusé le coup, car quoi qu’on dise, je l’aimais beaucoup. Mais qu’y pouvions-nous ? Elle était mariée. Sur ce, nous nous sommes quittés. J’ai accepté la situation. Je souffrais, mais j’ai préféré disparaître de sa vie. Mais quelques jours après, rebondissement ! Je reçois un texto sur mon téléphone : «Je n’arrête pas de penser à toi. Je peux pas te quitter, car je t’aime trop, mon amour !» Signé Zeynab.

Je n’en reviens pas. Que s’est-il passé dans sa tête ? Le jour de notre prochaine rencontre, elle m’apprend, toute désespérée, que plus rien ne va entre son mari et elle. Depuis lors, ce dernier la soupçonne de fréquenter un homme et n’arrête plus de la battre, chaque fois. J’ai été pris de compassion pour Zeynab. Mais au fond de moi, je n’arrêtais pas de me dire que j’étais la cause de ses malheurs. A en croire Zeynab, son mari ne lui faisait plus confiance, il la soupçonnait tout le temps d’infidélité, à chacune de ses sorties. A tel point que maintenant, l’atmosphère était invivable chez eux.

Zeynab s’échappait à chaque fois qu’elle pouvait pour venir chez moi. Donc, on se voyait malgré tout. Avec le temps, nos liens se sont raffermis. Si bien qu’à mon tour, je n’arrivais plus à me contenter de ces petits instants volés. Parce que je ressentais un grand vide dès qu’elle repartait. Je voulais être tout le temps avec Zeynab et m’afficher avec elle. Ce qui était impossible, à cause de sa situation. Plus grave, j’ai commencé même à devenir jaloux. De plus en plus, je ne supportais plus l’idée que quelqu’un d’autre, fut-il son mari, batte la femme que j’aime. J’avais du mal à les imaginer ensemble la nuit. Je voyais désormais le mari de Zeynab comme le seul obstacle à mon bonheur. Sans me gêner, je suis allé même, un jour, jusqu’à demander à Zeynab pourquoi elle ne le quittait pas. Elle m’a dit qu’elle y pensait. Inutile de vous dire que cela m’a fait un grand plaisir d’entendre ça. Dès lors j’attendais avec impatience ce jour.

Mais voilà ! Une chose incroyable se produit : le destin frappe, et fort. Le mari de Zeynab fait un accident de voiture. Il meurt sur le coup !!! Il n’avait pas bu pourtant. Sa voiture avait été percutée dans un carambolage, selon les nombreux témoins de l’accident. J’étais totalement halluciné par cette nouvelle. Scénario incroyable et inattendu. Fallait-il rire ou pleurer ?

Pendant plusieurs jours cependant, je n’ai eu aucune nouvelle de Zeynab. Je l’ai assurée de tout mon soutien et de toute ma compassion par message. Aucune réponse. Elle ne répondait plus également à mes appels. Alors, une question s’est incrustée dans ma tête : et si Zeynab croyait que j’avais tué son mari par maraboutage ? On ne sait jamais, cela pouvait peut-être expliquer son attitude, le fait qu’elle ne veuille plus me voir ou me parler ! J’étais très embarrassé. Je me suis donc résigné à croire que notre histoire était partie avec le décès de son mari. J’avais mal.

Mais, surprise : environ un mois plus tard, elle réapparaît. Et là, je trouve une femme étonnamment réconfortée. «C’est le destin, qu’est-ce que tu veux ? J’espère qu’il sera mieux la haut. Le même destin m’a mise en face de toi. Je t’aime et j’ai besoin de toi», voilà à peu près ce qu’elle m’a dit. Dès lors, je la sentais presque libérée. Nous avons repris. Au bout d’un moment, je me sentis un peu confus. Même si on a coutume de dire que le malheur des uns fait le bonheur des autres, je ne cessais de me dire que j’ai eu cette femme grâce à la mort de son mari. Curieusement, c’est Zeynab qui me réconfortait. «C’est la vie, on doit vivre»…

Zeynab et moi avons commencé à vivre un moment de grand bonheur au milieu d’un grand malheur. Au début, on a décidé de vivre caché pendant un moment (à cause du mauvais jugement des autres), avant de nous afficher publiquement. Puis, on s’est marié. Mais ces moments de bonheur étaient illusoires. A peine un an plus tard, je constate que Zeynab commence à s’effondrer. Comme si elle culpabilisait, à son tour. Elle m’expliquera finalement que c’est à la suite d’une dispute avec son mari que ce dernier était sorti furieux de la maison, à bord de sa voiture. Peu après, elle apprenait la nouvelle de sa mort. Zeynab ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle en était la cause. Souvent, j’essaie de l’apaiser, car je la comprends tant ! Certes, nous nous aimons et avons même eu un enfant. Mais assumons-nous encore cet amour ? Je me pose souvent la question. Car même si Zeynab ne me le dis pas, je n’ignore pas que j’étais son amant. Et pour cela, je pense que ça aurait été plus simple pour elle de reconstruire sa vie avec un autre que celui avec qui elle a fait du mal à son défunt mari. Elle me dit qu’elle m’aime. Mais je suis perdu dans cette histoire. Je me demande ce que je dois faire.

A vous tous qui lisez mon histoire, je pose également la question et vous prie de bien vouloir m’aider à travers vos conseils. Je tiens à ma femme, pourtant je souffre. Comprenez-moi, je n’ai jamais voulu détruire un couple, mais en cons-

truire un. Il ne se passe plus de semaine sans que nous culpabilisions chacun de son côté. Cette histoire a complètement changé le cours de notre vie. Je serais heureux d’avoir vos avis et conseils, à travers le mail de cette rubrique :

confidence@topvisages.net. Merci d’avance et que Dieu vous garde !

 

 

 

 
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Hebdo N° 1002
 

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