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Un jour, un événement (heureux ou malheureux), un fait ont bouleversé le cours de notre vie, positivement ou négativement.
Pour partager leur bonheur avec les autres ou pour se libérer d’un fardeau qu’ils portent depuis longtemps, certains ont décidé de se confier à Top Visages. Voici leurs histoires.
 
  Elles veulent de jeunes garçons virils  
   
 

18/10/2012 (09h00)

Quand j’étais étudiant, j’aimais beaucoup faire du footing, les soirs, seul ou en compagnie d’amis. C’était l’un de mes passe-temps favoris. Comme d’habitude, je suis sorti seul un soir pour me défouler. Après quelques dizaines de mètres, j’ai été abordé par une femme à bord d’une belle voiture qui voulait un renseignement. Je l’ai aidée. Avant de partir, la dame m’a regardé et demandé ce que je faisais dans la vie. Je lui ai répondu que j’étais étudiant. Après une courte discussion, elle me remercie, puis me remet sa carte de visite en me demandant de l’appeler. J’étais content. Au fond de moi, je me disais que si j’avais la chance de garder de bons rapports avec cette dame, peut-être qu’elle m’aiderait un jour à avoir du travail à la fin de mes études, qui sait ? Pour garder le secret, je n’ai pas tout de suite parlé de cette rencontre à mes amis au quartier.

Quelques jours après, j’ai appelé la dame. Elle était contente et m’a dit qu’elle attendait mon coup de fil depuis longtemps. Elle me fixe alors un rendez-vous, car elle souhaite qu’on se rencontre.

Ce que j’accepte. Arrivé à l’adresse indiquée, je me retrouve face à une très belle villa, à Angré. Je sonne et le vigile surgit. Quand je me présente, il me demande de le suivre et me fait attendre dans l’un des vastes salons somptueux de la résidence. Quelques instants après, la dame apparaît, belle et élégante. Après les salutations, elle s’installe en face de moi et les échanges commencent. La dame me pose plein de questions. Allant jusqu’aux plus intimes. Ce qui, naturellement, me gêne un peu. Mais pas elle, bien au contraire. Au bout d’un moment, elle vient même s’asseoir près de moi. Et, sans autre forme de procès, m’avoue qu’elle est à la recherche d’un jeune homme (de mon âge) pour lui procurer «un peu de sang frais». A la fois ébloui par tant de luxe autour de moi et troublé par cette avance, je n’ai pas eu le temps de réfléchir. J’ai accepté la proposition. Ce fut pour moi le début d’une vie de facilité et de délices. A partir de ce moment, j’avais tout ce que je voulais : vêtements, nourriture, argent, compte bancaire, tout ! J’avais même pris de l’embonpoint, tant j’étais à l’aise. Cette vie de facilité a duré presque trois ans. Une vraie vie de pacha au cours de laquelle j’avais du fric et des fringues dernier cri… Je ne manquais de rien. La dame était mariée, mais cela ne m’ébranlait pas. La seule contrepartie que je donnais était mon corps et mon sang. Je devais jongler entre ma petite amie (pour ne pas qu’elle s’aperçoive que j’avais une liaison) et la dame. Je devais être disponible chaque fois qu’elle avait besoin de moi. Mes rendez-vous avec la dame étaient pris en l’absence de son mari que je n’ai jamais vu durant tout le temps qu’a duré cette histoire. La dame m’avait présenté aux domestiques comme étant le fils d’une de ses amies et avait donné pour cela l’ordre au personnel de maison de bien s’occuper de moi. Donc, quand j’arrivais, tout était déjà prêt : bonne nourriture, viande, boissons rares, nems, etc. C’est même là que j’ai découvert des plats que je n’avais jamais mangés auparavant…

Un jour, après une partie de jambe en l’air avec ma «gnanhi», elle m’apprend qu’elle a des copines qui sont elles aussi à la recherche de jeunes comme moi, forts et sportifs pour des relations discrètes. J’en ai parlé à deux de mes amis. Et une rencontre a été organisée entre ses amies et les miens. Ceux-ci n’ont pas hésité à accepter. Cela est devenu comme un club privé, entre nous.

Pendant les vacances scolaires, les deux filles de ma «gnanhi» sont arrivées. Elles étaient toutes aussi belles que leur mère, mais me considéraient comme un ami de la famille. Tout se passait bien. Jusqu’au jour où un de mes amis s’était mis (à mon insu) à sortir avec l’une des filles de ma «gnanhi».

A la fin des vacances, après que les filles soient retournées en Europe pour leurs études, mon ami m’a avoué cela. D’ailleurs, il continuait à communiquer avec elle via internet et le téléphone. Tout de suite, j’ai vivement manifesté ma désapprobation et demandé à mon ami de mettre un terme à cette relation qui risquait de nous créer des problèmes. Il m’a dit qu’il le ferait. Puis on n’en a plus reparlé. La belle vie continuait pour nous.

Le temps passe, puis un jour, ma «gnanhi» m’invite chez elle comme d’habitude. Et lorsque j’arrive, elle m’accueille dans l’un des salons avec une colère mal contenue. Très vite, elle me met devant les faits : sa fille était enceinte et m’accusait d’être l’auteur de sa grossesse ! Je tombais des nues. Malgré toutes mes explications, elle n’a rien voulu comprendre. Elle m’a traité de tous les noms avant de me mettre à la porte, comme un malpropre. Plus grave, elle a menacé de porter plainte contre moi. Elle n’a pas mis cette dernière menace à exécution, mais je savais bien qui était le coupable. Lorsque j’en ai parlé à mon ami, il était bouleversé. Il m’a juré que non seulement la fille ne lui avait pas dit qu’elle était enceinte, mais qu’en plus il s’était toujours protégé. Difficile alors de savoir qui mentait.

Il s’est passé un bon moment. Puis, un jour, je suis tombé malade. C’étaient des maladies bénignes, mais qui revenaient souvent. Après réflexion, je suis allé faire mon test de dépistage du VIH/Sida. Il s’est avéré positif. Dès lors, j’ai compris beaucoup de choses. De toute façon, le mal était déjà fait.

La belle vie, l’argent facile, la frime, j’en paie aujourd’hui le prix. J’ai beaucoup souffert de mon statut. J’ai voulu me suicider. Mais finalement, avec le temps, j’ai réussi à me refaire le moral. Difficilement, mais petit à petit, j’ai réussi à prendre la main.

Aujourd’hui, cette histoire reste pour moi un mauvais souvenir. Et si j’ai un conseil à donner aux jeunes qui s’adonnent à ce genre de choses, c’est de leur dire d’arrêter, car cela ne mène à rien.

Au contraire, cela détruit votre vie, puisque la «gnanhi» en général n’a rien à perdre. C’est votre jeunesse qui l’intéresse. Moi, cette bêtise m’a permis de prendre conscience. En même temps, je souhaite que mon expérience puisse pousser à la réflexion, parce que je ne suis pas le seul. Je peux dire que beaucoup de jeunes sont dans cette situation ou recherchent des femmes matures pour des relations basées juste sur le matériel.

 

 
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Hebdo N° 1001
 

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