Un jour, un événement (heureux ou malheureux), un fait ont bouleversé le cours de notre vie, positivement ou négativement.
Pour partager leur bonheur avec les autres ou pour se libérer d’un fardeau qu’ils portent depuis longtemps, certains ont décidé de se confier à Top Visages. Voici leurs histoires.
Mort à cause des dettes
31/10/2012(09h00)
Je suis mère au foyer, avec deux enfants à charge. Mon mari et moi, nous vivions une vie paisible et agréable. Il était toujours plein de petites intentions pour moi et les enfants. On était très complices et toujours ensemble. Tous les deux, on était heureux. Si bien que je ne pouvais pas m’imaginer vivre sans lui.
J’avais 32 ans lorsque nous nous sommes mariés. Il était informaticien, mais avait ses propres affaires. Avec deux de ses amis, il avait monté une société de matériel informatique. Et tout semblait aller bien, car nous ne manquions de rien. Lors de notre mariage par exemple, lorsque nous avons évalué le budget, ce n’était pas moins de 5 millions de francs, sans compter les autres dépenses pour les courses. Mais cela n’était pas un problème pour mon mari qui a dit que c’était le plus beau jour de notre vie et il voulait qu’il soit aussi mémorable. Après le mariage, nous avons eu nos deux enfants. Ce qui nous a poussé à emménager dans une maison beaucoup plus grande, car la première devenait un peu exiguë. Mariée et mère de famille, je vivais un petit conte de fée. Jusqu’à ce que les choses commencent à basculer.
Subitement, mon mari n’était plus le même. Il était de plus en plus préoccupé. Il était continuellement en train de régler ce qu’il appelait «des petits détails». Mais j’avais l’impression que ses «petits détails» étaient beaucoup plus sérieux que ce qu’il disait. Je sentais qu’il me cachait quelque chose, malgré les assurances qu’il me donnait. Je lui demandais ce qui n’allait pas. Mais mes questions restaient sans réponse. Et petit-à-petit, notre relation est passée au second plan. Quand je voulais qu’on en parle, il s’énervait. Pour ne pas envenimer les choses, je choisissais de ne pas l’importuner. Mais à un moment donné, je ne supportais plus cela.
Un jour, après une dispute, je lui ai dit que s’il ne voulait plus de moi, il n’avait qu’à me le dire et je rentrerais en famille. Je m’étais laissée un peu emporter ce jour-là, mais ce n’était pas ma faute. Cette situation me faisait souffrir. Mon mari est sorti de la maison. Et quelques minutes après, je l’ai trouvé assis dehors, en pleurs. C’était la première fois que je le voyais couler des larmes. Cette image m’a beaucoup touché. C’est là que, pour la première fois, il a accepté de se confier à moi.
Mon mari était endetté jusqu’au cou. Il ne savait plus comment rembourser ses dettes et ses créanciers n’arrêtaient plus de le traquer. Plus grave, ses rapports avec ses associés n’étaient plus au beau fixe. Il ne supportait plus d’entendre le téléphone sonner. Car il savait qu’au bout du fil se trouvait un de ses créanciers. Comme pour se désolidariser de lui, ses collègues associés l’ont abandonné. Désormais, il était seul. Je n’étais que son seul soutien. Mais qu’est-ce que je pouvais bien faire, à part mon seul réconfort moral ? Et comme si cela ne suffisait pas, l’un des clients avait engagé des poursuites judiciaires contre lui. Le comble. Une véritable honte véritable.
A ce moment-là, personne ne voulait aider mon mari, pas même les membres de sa propre famille. Personne ! Pourtant, je ne l’ai pas connu comme étant un voyou. Il avait toujours été correct. Seulement, il m’a dit qu’il avait emprunté de l’argent afin d’investir dans des affaires qui malheureusement n’avaient pas marché. Mais les créanciers ne pouvaient pas comprendre cela. Ils le pressaient, l’obligeant à leur rembourser les crédits.
En fin de compte, l’unique solution que mon mari a trouvée a été de se donner la mort. Un jour donc, il s’est suicidé. Quand j’ai découvert son corps dans la chambre, il était déjà trop tard. Ça a été le jour le plus terrible de ma vie. Quelles que soient les raisons de son geste (que ce soit par désespoir ou même par profonde détresse), je n’arrête pas de me dire qu’il n’aurait pas dû faire une chose pareille. Il n’a pas pensé aux enfants. Sans forcément lui en vouloir, je trouve quand même qu’il a préféré démissionner de ses responsabilités. Car je pense qu’ensemble on aurait pu trouver une solution. Mais il ne l’a pas fait.
Depuis cette découverte tragique, je ne vivais que dans une angoisse permanente ! Comment faire pour nourrir mes enfants, surtout que je n’avais pas de travail.
De son vivant, c’est lui qui s’occupait de tout dans la maison. Après sa mort, certains de ses créanciers poussaient la cupidité jusqu’à venir me réclamer leur argent sous prétexte que nous étions mariés. De plus, ma belle-famille me harcelait pour récupérer tout ce qu’il y avait dans la maison. Pour tout cela, j’ai quitté la maison pour prendre un studio en location dans un autre quartier. Même là encore, je vivais dans l’angoisse permanente. Il fallait payer le loyer chaque fin de mois, se nourrir, etc.
Je ne parvenais plus à m’en sortir. Qu’on se dise la vérité, j’étais désespérée. Et à ce moment-là, j’étais prête à tout pour gagner ma vie. J’ai été obligée de sortir pendant un temps avec des hommes, afin d’avoir de quoi survivre. Je le faisais pour mes enfants. Pour ne pas qu’ils meurent de faim ou qu’ils deviennent des délinquants. Je n’avais pas vraiment le choix. Mais finalement, je me suis rendu compte que ce n’était pas la solution. Combien de temps allais-je faire ça ? Et puis, quels conseils pourrais-je donner un jour à mes enfants ?
Grâce au peu d’argent que j’ai pu avoir, j’ai fait une formation de caissière. Dès lors, j’ai confié ma vie au Seigneur, j’ai prié et jeûné pour qu’Il m’aide à trouver un emploi.
Aujourd’hui, je peux vous dire que c’est chose faite. Car tout le monde peut nous abandonner sauf Dieu. Et je m’en sors plutôt bien, car après ma formation j’ai eu du travail dans une superette. Même si mon passé reste la page sombre de ma vie, j’ai réappris à vivre grâce au soutien de mes proches. Et surtout de mon mari actuel avec qui je suis à nouveau heureuse.