03/07/2008 (16h00)
Lauréat en 1985 de la première édition du Festival National de théâtre scolaire à Bouaké, le jeune Ahmed Souané avait fait étalage de son talent de comédien pour se distinguer comme le Meilleur Acteur national à l’issue cette compétition. Fort de ce titre, il représente la Côte d’Ivoire à plusieurs festivals dont celui de la Jeunesse mondiale à Tokyo au Japon.
Pourtant, c’est dans Caramel, l’ultime production cinématographique du cinéaste Henri Duparc que Souané se révèle véritablement en 2005. Mais que de chemin parcouru par ce jeune homme avant de se stabiliser sur les planches et dans le septième art !
Tout a commencé pour lui, au milieu des années 70. A cette époque, il venait d’entamer ses études primaires à l’école catholique d’Oumé. Dans cet établissement, les prêtres mettaient un point d’honneur aux activités socioculturelles. Ainsi, il appartenait à chaque élève de choisir librement l’activité favorite dans laquelle il excellait. Souané opte pour le théâtre sans hésiter.
«En 1976-77, dans cette école, les activités socioculturelles étaient obligatoires avec les prêtres qui nous encadraient. Alors, j’ai choisi le théâtre pour présenter des sketchs pendant les fêtes de fin d’année de notre mouvement Cœurs vaillants, Ames vaillantes», se souvient-t-il.
Après son cycle primaire, Ahmed est admis au Collège de la même cité. Là aussi, le théâtre rythme sa vie scolaire, jusqu’à ce qu’il soit affecté au lycée moderne de Divo.
Là-bas, la troupe théâtrale de l’école regorge de grands talents naissants tels que Doh Kanon (Manan Kempès).
Après le Bac C, Souané, aîné d’une famille de huit enfants, est plutôt tenté par l’aventure en espérant des lendemains meilleurs sous d’autres cieux. Du Sénégal au Maroc en passant par la France jusqu’en Espagne, il ne trouve pas de débouchés conformes à ses ambitions.
Il met fin à son périple européen et rentre au pays.
Un jour, Thiam Abdoul Karim monte la pièce Monsieur Tôgô Gnini et sollicite des comédiens pour former une troupe. Assandé Fargas met le grappin sur Ahmed et l’intègre dans leur formation. Au terme de plusieurs jours de répétition, les comédiens donnent deux représentations au Centre culturel français (CCF). Ahmed retrouve ses sensations d’artiste comédien et campe son rôle avec plus de maestria qu’il ne l’imaginait. Quelque temps plus tard, c’est le doyen Louis Akin qui lui fait appel pour jouer la pièce Sina, une adaptation d’une œuvre de Corneille. Dans cette représentation, il côtoie les figures empblématiques du théâtre ivoirien comme Bitty Moro, Albertine N’Guessan, Mathieu Atawa. Après cet autre coup d’éclat sur les planches, c’est le cinéma qui lui ouvre ses portes. A commencer par Roues libres de Sijiri Bakaba dans le rôle d’un gérant de cinéma. Ensuite c’est Alexis Don Zigré qui lui propose un rôle dans sa série télé Sida dans la Cité.
Auréolé de son succès, il alterne téléfilms et pièces théâtrales. Entre autres, l’Ombre sur le paraphet du pont, l’Exil d’Alboury, Moussa le Taximan signé Henri Duparc sans oublier les premiers épisodes de Ma Famille d’Akissi Delta.
Mais c’est dans le téléfilm Nafi, de la comédienne Djuédjuéssi, qu’Ahmed teste ses talents de séducteur et de fin dragueur. Chez Duparc, il met le fantôme de Caramel dans son lit alors qu’à l’autre bout de la ville, l’on procédait à sa veillée funèbre. Actuellement, il incarne l’infatigable coureur de jupons, Docteur Boris, dans la série éponyme diffusée chaque dimanche sur La Première.
«Je ne suis pas un coureur de jupons comme les gens le croient. Encore moins un homme à femmes. Tous les rôles de séducteur que j’interprète sont contraires à ma nature. Car je suis hyper timide. Je n’aborde pas facilement les femmes», explique-t-il.
Peur des femmes ? «Oui. J’ai peur des femmes d’une certaine manière. Mais, je dirai plutôt que j’ai beaucoup de respect pour elles. Car en même temps qu’elles sont nos épouses, elles représentent nos sœurs et nos mères. Raisons pour lesquelles je leur accorde autant de considération. Tout en les aimant», se défend-il.