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Avez-vous fait un tour à Abidjan ces dernières années ? La ville lumière n’a rien perdu de son attrait légendaire. L’hôtel Ivoire qui avait fermé ses portes pour travaux tend à nouveau ses bras pour l’akwaba traditionnel aux visiteurs. Après le passage des bulldozers, la rue princesse est toujours l’une des plus chaudes des nuits abidjanaises. Comme l’est la rue des Princes et tous les hauts lieux du show.
Ce que vous ne saviez peut-être pas, c’est que les maquis ne sont plus les seuls plus grands temples du show. Depuis quelque temps, les bars climatisés et bars-clim-boîtes de nuit poussent partout dans la ville, avec en tête la commune de Cocody. Parfois, on en trouve 3, 4 ou 5 dans un même périmètre. C’est le cas à Cocody Angré avec notamment le «Kirikou», le «Model», le «Lions Gates», le «Blue M», «l’Olympia»… à côté du 22ème arrondissement. Contiguïtés de boîtes dans une ambiance concurrentielle plutôt sympa. Et ici, chacun vient s’amuser : danser, boire, rigoler entre amis autour des bouteilles de bières, whisky, vin mousseux ou champagne. Avec des filles toujours plus belles, et de plus en plus sexy. Peut-être un peu trop sexy parfois. A la limite du strip-tease. C'est donc ça l’ambiance de la nuit ? Abidjan est graave ! On y reviendra.

Yes, il l'a fait !

Comme les milliers de supporters de l'équipe anglaise, samedi soir, dans l’immense enceinte munichoise, ce petit groupe est passé par toutes les émotions. D'abord, la tristesse avec le but de Thomas Müller pour le Bayern à la 82e minute. Ensuite, le soulagement grâce à l'égalisation de
Drogba à 2 petites minutes de la fin du temps réglementaire. Puis la grande frayeur quand l'arbitre siffla un penalty en faveur des Bavarois d'entrée dans les prolongations. Et, finalement, la délivrance après le dernier tir (au but) du buteur des Blues.
"Cette finale de Champion's League, je l'ai vécue comme tous les Ivoiriens, avec toutes les émotions", dira Michel Goba avec le trémolo dans la voix. "A un moment donné, il fallait que Didier pousse, pour que Dieu l'aide. Et c'est ce qu'il a fait."
Et en réalisant le match extraordinaire qu'il a livré samedi, le joueur a démontré toute sa capacité à se transcender dans les grands rendez-vous. Des qualités qui ont fait de lui l’attaquant «hors norme» que la presse mondiale salue depuis plusieurs années. Ce buteur aux talents incontestés qui n'arrête pas d'empiler les buts. Comme celui réussi en finale face au Bayern, ce coup de boule foudroyant, certainement le plus important de sa carrière de footballeur. Lui qui a longtemps couru derrière un titre de champion d'Europe.
Mais s'il peut savourer aujourd'hui son bonheur d'avoir enfin décroché la coupe aux grandes oreilles, Drogba le doit à son talent, mais aussi à Di Matteo (disciple de Josée Mourinho) qui a eu l'intelligence de rappeler les cadres de l'équipe et de travailler dans le style du maître. Ce qui a permis de redresser un Chelsea moribond et en faire une formation qui gagne à nouveau. Avec les Lampard, Michael Obi, Drogba, Kalou... retrouvés.
Voilà ! Jusque-là, il avait remporté trois titres de champion d'Angleterre, quatre coupes d'Angleterre, deux coupes de la ligue anglaise, deux trophées du Community Shield. Maintenant que l'enfant de Niaprahio (Guibéroua) a obtenu le prestigieux trophée qui le faisait courir depuis longtemps sur les stades d'Europe, la question qu'on peut se poser désormais, c'est celle-ci: aura-t-il encore toujours aussi faim pour se lancer, avec la même détermination, à la poursuite d'un autre graal ?
Wait and see.
Il est mort, il y a quelques jours, à Paris. Roland Moreno est parti dans le silence pendant que les projecteurs de l’actualité étaient focalisés sur l’élection présidentielle en France. C’est pourtant cet homme qui a inventé la carte à puce. Cette puce qui a permis la création de la carte de crédit, la carte SIM pour le téléphone, etc.
Mais, pour ce qu’ils ont été pour le football africain, on ne va pas passer sous silence les disparitions de Rashidi Yékini et de Jules Bocandé, tous deux décédés en ce début du mois de mai 2012.
Deux légendes du foot continental. Deux gloires sénégalaise et nigériane qui s’en sont allés sans crier gare.
Jules François Bocandé, l’enfant de Ziguinchor, s’est véritablement révélé au monde du football lors de la saison 85-86 avec l’équipe de Metz en décrochant le titre de meilleur buteur du championnat avec 23 buts inscrits. Une saison extraordinaire qui lui a valu d’être recruté par le Paris St Germain quelques semaines plus tard. Jules jouera ensuite à Nice, puis à Lens.
Le buteur à la crinière de lion, l’ex-capitaine des Lions de la Téranga (20 buts en 73 buts) a tiré sa révérence lundi dernier (7 mai) à Metz. Il est parti comme Yékini, l’autre monument du foot continental, trois jours avant lui.
Rashidi Yékini. De ce joueur, on se souviendra toujours de cette image du buteur hurlant sa joie dans les filets de la sélection de Bulgarie, le 21 juin 1994 à Dallas, lors du Mondial américain. «Le taureau de Kaduna» (comme on l’appelait), ce buteur, tueur des surfaces a fait le cauchemar de nombre de gardiens de but. Du Shooting Stars d’Ibadan, Yékini a fait trembler les filets avec l’Africa Sports d’Abidjan avant de faire le bonheur des Portugais du Vitoria Setubal. Il portera ensuite les couleurs de l’Olympiakos, du Sporting Gijon, du FC Zurich avant de revenir sur le continent africain où il jouera jusqu’en 2005.
Jules et Rashidi n’étaient pas des passionnés d’électronique comme l’inventeur Roland Moreno. Mais ils étaient des fous de foot. Leurs inventions, c’étaient des gestes improbables pour des buts incroyables sur les pelouses d’Afrique et d’Europe. Leurs noms resteront à jamais gravés dans l’histoire du football africain.

Ils sont quelques amis et des comédiens ivoiriens qui voyaient en Ticouaï le «zorro» qui allait bousculer la tendance et ouvrir les portes d’un nouveau départ du théâtre devenu le parent pauvre de la culture ivoirienne. Mais, il y avait ceux qui attendaient patiemment que Diallo se casse la gueule. Et puis, les autres qui le trouvaient vachement culotté pour oser affronter cette grande salle malgré l’ambiance générale plutôt favorable à l’humour proposé par la jeune génération d’humoristes.
En effet, presque tout le monde savait que l’entreprise de Ticouaï était osée. Sans doute que lui-même le savait aussi. A en juger par le grand battage médiatique qui a précédé l’événement. Mais c’est un artiste courageux et déterminé qui l’a prouvé dans le passé. Et, quand on a tout donné sur les planches, on ne supporte pas que le théâtre se trouve dans la situation qui est la sienne en Côte d’Ivoire depuis près de deux décennies.
Seulement voilà ! Il y a déjà longtemps que la Côte d’Ivoire du Vieux Houphouet-Boigny a changé. Par la force des choses. Par l’évolution de la société. Et aussi par la dernière décennie de crise politique.
Dans les années 80, au bon temps où les soucis des gens n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, on allait au théâtre pour se faire plaisir et pour jouir des bons moments que la vie de l’époque offrait. Et, si le théâtre faisait rire, il véhiculait toujours une morale qui faisait appel à la réflexion.
Aujourd’hui, les gens ne vont plus au théâtre pour les mêmes raisons. Ils y vont pour oublier qu’ils ont trop de problèmes à gérer au quotidien : la popote, le loyer, les factures, etc. Dans ces conditions, le théâtre de Molière, et même le vaudeville (théâtre de boulevard) comme le faisait le grand Adjé Daniel ne fait plus bander personne de nos jours. Les seuls spectacles qui excitent le public, ce sont (en dehors de la musique) les shows d’humour. On y vient pour se plier, se tordre et fondre de rires. Ça soulage. La morale de ces successions de sketches ? Le public s’en fout royalement. C’est dommage ! Mais c’est la triste réalité : les gens n’ont pas le temps de réfléchir. Car comme disait le Vieux, «L’homme qui a faim n’est pas un homme libre. Celui qui est écrasé par les préoccupations matérielles n’a ni le temps, ni le courage, ni la force de s’élever au-dessus des contingences immédiates et de se conduire en être pensant.»
Dans un tel contexte, jouer une pièce de théâtre (un long métrage pour les générations actuelles), cela nécessite bien plus qu’un simple texte. Il y a une éducation à faire. Car cette génération ne connaît que l’humour des Manan Kampès, Le Magnifik, Agalawal et les autres.