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Document sans titre
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PATHE’O
“On me traitait de
gaou”
Chez Pathé’O,
il n'existe pratiquement pas de dimanche et de jour férié.
On se demande souvent s'il a une autre vie en dehors de la
couture car il passe tout son temps dans son atelier. Qui
est Pathé’O dans le privé ?

24/11/05
- • Que faites-vous quand vous n'êtes pas dans votre
atelier ?
- Généralement, quand je ne suis pas à l'atelier, je fais
tout pour être à la maison. Pour me distraire, je fais un
tour, les dimanches soir, dans les discothèques spécialisées
dans la musique cubaine. J'assiste beaucoup aux matinées
dansantes. J'en profite également pour rencontrer des amis
avec qui je discute. Mais je rentre à la maison avant
minuit.
• Jamais au-delà ?
- Jamais ! Je rentre toujours chez moi avant minuit.
Cela est dû peut-être au fait que je ne suis pas très
solide. Ceux qui sont solides peuvent veiller et le
lendemain, ils vaquent à leurs occupations sans problème. Si
je rentre après minuit, le lendemain, je tombe malade. En
dehors du travail, je ne veille jamais.
• D’où vient votre goût pour la musique cubaine ?
- Mon amour pour la salsa ? Je le tient de mon patron
qui m'a appris à coudre. Il s'appelle Gaoussou Bakayoko. Il
écoutait beaucoup cette musique. A l'époque, on s'amusait à
mettre un 45 tours et on s’attaquait à un bas de pantalon.
Avant que le disque ne finisse, on avait terminé. Donc tous
les jours on écoutait de la musique cubaine et cela nous est
resté.
• Quels sont les noms qu'on trouve dans votre discothèque
?
- Pratiquement tout. Mais on peut trouver chez moi,
Aragon, Johnny Patcheco, Theo Feliciano, Roberto Tores… Tous
ces grands noms de la musique salsa qu'on connaît. Et
maintenant, il y a Africando qui fait honneur à l'Afrique.
• Vous n'allez pas aux spectacles ?
- Sauf quand j’y suis invité ou au cas où l'évènement
concerne la peinture ou la mode. Mais aller aux concerts,
c'est très rare.
• Vous n'écoutez pas la musique actuelle ?
- J'aime beaucoup. Mais quand je vois les gens danser,
j'ai l'impression que ça pousse tout le monde à danser. Tout
le monde devient danseur.
Il n'y a plus de musique à écouter. Alors que moi, j'aime
écouter la musique sans bouger. Quand on repart en arrière,
j'écoutais beaucoup Alpha Blondy. Je ne danse pas le reggae
mais je l’écoute beaucoup.
• Et au niveau du sport ?
- C'est le football. Mais je supporte de moins en moins
maintenant. J'étais un grand supporter de l'ASEC d'Abidjan.
Il y a eu des matches importants que l'ASEC a perdus à
domicile, qui m'ont rendu malade.
• Pourquoi aimez-vous le football ?
- C'est, en fait, le sport à la portée de tout le monde.
Dès qu'on sort de la maison, c'est le football qui est là.
Peut-être que si j'avais été à côté de quelqu'un qui
pratiquait le karaté ou la boxe, j’aurais opté pour ces
sports.
• Vous aimez, paraît-il, la lecture ?
- Je lis beaucoup. Tous les jours avant de dormir, il me
faut lire. J'aime lire les nouvelles de l'Afrique. J'ai lu
tous les livres de Venance Konan.
• C’est récent, Venance Konan…
- Oui. Mais bien avant lui, j’ai lu d’autres livres.
Moi, c'est surtout la presse sportive et humoristique. Je
lis beaucoup France Football, Afrique Football. Côté humour,
j'aime “le Canard enchaîné et Charly Hebdo. Ils critiquent
les politiciens et même quand ils parlent de l'Afrique,
c'est avec humour. Je ne manque pas aussi de lire Amina,
Jeune Afrique quand il parle vraiment de l'Afrique. Je le
lis pour comprendre la politique de nos pays.
• On ne vous voit jamais porter les créations des autres
couturiers ?
- J’en porte. J'étais à Dakar, il n' y a pas longtemps,
Collé Sow Ardo m'a donné deux belles chemises et un ensemble
que je porte souvent. Claire Kane m'a apporté aussi des
habits. Je vous rappelle qu'Alphadi porte beaucoup du
Pathé’O. En fait, on échange et ça me fait plaisir de
porter les habits de mes collègues.
• On constate que la veste est hors de vos habitudes
vestimentaires ?
- C'est juste. Selon moi, pour nous, pays africains, la
veste est vraiment le vêtement le moins adapté. Le
costume-cravate est pour un climat donné. Les gens les
portent en raison de ce climat-là. Or en Afrique, nous
n'avons pas ce climat. Nous sommes dans un pays chaud. De là
à se mettre en veste-cravate, je trouve que ça étouffe. Je
n'en ai pas besoin. Je suis moi même libre de mon corps et
tout.
• Quels sont vos repas préférés ?
- Généralement, je mange du tout mais beaucoup plus le
kabato et le foutou.
•Croyez-vous en Dieu ?
- Oui, je crois en Dieu. Mais pour moi, la croyance est
personnelle. Je suis musulman. Je prie tous les jours et je
fais le jeûne les 30 jours du mois du Ramadan. Tous les
vendredis, je vais à la grande prière à la mosquée de
l'avenue 8 ou à celle de l'avenue 21, à Treichville.
• Ça vous dit quelque chose, les relations humaines ?
- Oui, je crois en l'amitié même si je suis toujours le
premier à être trahi. Je fais confiance à l'aveuglette et je
me rends toujours compte que très souvent, celui qui est en
face de moi ne voit pas les choses de la manière que moi. Je
suis chaque fois déçu parce que j'ai toujours fait confiance
tout de suite. En fait, je pense qu'on n'a pas le droit de
trahir. Malheureusement, je suis toujours étonné que ça ne
se passe pas comme je veux.
• Comment avez-vous réussi à résister à la cigarette et
l'alcool ?
- J'ai grandi avec un groupe où tout le monde buvait et
fumait. On me prenait pour un gaou parce que je ne fumais
pas. Je venais d'arriver et j'étais “bonne arrivée ! “comme
on le dit. Mais avec le temps, je me suis rendu compte que
je l'ai échappé belle. Dieu m'a beaucoup aidé. J'aurais pu
sombrer. Car, dans ce groupe-là, on ne reconnaît plus
beaucoup de ses membres aujourd'hui. Ils ont été emportés
soit par la drogue, soit par la boisson. Ceux qui sont
restés, ont vieilli avant l'âge. Ils sont devenus des gens
qui ne peuvent rien faire.
Par Omar
Abdel Kader
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GNONNAS
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Adieu l’artiste !
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MEMORIAM
Djédjé, 22 ans après
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