03/07/2008 (09h00) Composé de dix titres, ce nouvel opus résume, à lui seul, le riche parcours de ce percussionniste hors norme. Né à Ouagadougou (septième fils) d’une famille de griots d’origine Dafin, composée de 33 frères et sœurs.
Amadou va d’abord se forger un corps d’athlète et une âme de gagneur dans l’athlétisme de 92 à 95, avec à la clé un saut en hauteur de 2m. Avant de se laisser rattraper par cette autre passion : la musique. «je suis né
là-dedans. J’ai tout appris avec mon père (la percussion, le chant, la danse…) qui était quelqu’un de très important, avec ses contes radiophoniques et chantés. Ce n’est pas pour rien qu’une rue de Ouagadougou porte son nom : Baba Kienou», explique-t-il. Entonnant des chants d’une rare intensité et dans une spirale de battements hypnotiques, issues de l’enrichissement et du chevauchement de plusieurs cultures jazz, bleues, pop…, l’album ‘’Taabali’’ laisse entrevoir un grand vocaliste qui se cache bien derrière ses tambours. «je suis avant tout un
percussionniste. Le djembé n’est pas seulement un instrument d’accompagnement. C’est un instrument roi, transmettant un langage qui passe tout seul», révèle-t-il.
Avec un répertoire riche et vivant, varié et émouvant, habillé de chants, danses et musiques de l’aire mandingue, le grand djembèfôla a conquis, grâce à son groupe Fotêban (composé de frères et sœurs et de ses élèves européens) les grandes scènes d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Confirmant ainsi la maxime selon laquelle ‘’nul n’est prophète chez soi’’. «Que voulez-vous ? Vous savez, un enfant ne va pas là où il a pleuré hier. la force de l’occident, c’est de rester ouvert à notre musique», apprécie l’artiste.
Le grand succès de Amadou kenou s’explique en partie grâce à la sortie, en 2000, de son support vidéo sur ‘’la nouvelle méthode d’apprentissage du djembè en 7 exercices techniques’’. une œuvre majeure qui a fait le tour du monde et lui a permis de partager et d’échanger les mêmes scènes avec Salif Keita, Miriam Makeba, Angelique Kidjo, Kassav, Manu Dibango, Youssou N’Dour, Ticken Jah… Rentré d’une tournée canadienne et du festival ’’Culture du monde’’ pour présenter son dernier album au Faso… en attendant le festival ‘’les 20 heures Africaines’’ en France, Amadou savoure un retour bien mérité au pays natal.