
24/10/2008 (16h00)
Le décès d’un proche, ça change parfois le regard qu’on a sur la vie. Et Francky Dicaprio en est à cette étape. La mort de la compagne de son manager, Yannick Aka, a permis à Dicaprio de voir la vie sous un jour nouveau. Exit les conflits, les prises de tête et autres coups de bec qui émaillaient sa très jeune carrière. «Je demande pardon à tous ceux que j’ai manqués. Je demande pardon à Didier Bléou, à mon producteur Firmin Nanga. En fait, avec ces palabres, il y a plein de choses que j’ai perdues. Par exemple, j’ai perdu tous les contrats qui sont passés par Firmin Nanga pendant les palabres.»
Pour la petite histoire, l’homme du fatigué fatigué était en conflit ouvert avec son manager pour une histoire de partage des cachets de spectacle. Son producteur l’accusait, entre autres, d’oublier de partager les cachets de certains spectacles. Le conflit avec Didier Bléou était, quant à lui, plus larvé. L’animateur n’avait pas du tout apprécié que Francky Dicaprio arrive en retard à une édition de Tempo, en direct.
Si côté attitude, Francky a radicalement changé son fusil d’épaule, côté train de vie, les choses ont aussi évolué. Depuis quelques mois, le DJ a quitté Yopougon pour emménager dans un studio à la Palmeraie avec sa petite amie. Il s’est acheté une voiture. Et à l’écouter, ce n’est pas du tout par mimétisme : «Si je fais tout ça, c’est pour mon image. Ce n’est pas bien pour un artiste d’attendre un taxi sous la pluie après un spectacle... Je suis issue d’une famille très pauvre.
Je n’ai ni père, ni mère (il a perdu son père en classe de troisième et sa mère est décédée en 2007, un mois avant qu’il n’entre en studio pour sortir son maxi single, fatigué fatigué ndlr). Je suis celui-là même qui soutient ma famille. C’est, par exemple, moi qui scolarise mon petit frère qui est en classe de Première, cette année. Ma priorité, c’est d’être un grand artiste, même si je sais que je ne suis pas un grand chanteur.
Pour arriver là où je suis, j’ai prié et jeûné. Je sais ce que Dieu a fait pour moi. Alors,
j’essaie de donner une bonne image de moi et de ne pas faire trop de bêtises.»
Pour comprendre le Francky Dicaprio d’aujourd’hui, il faut remonter à ses années collège, à Gagnoa. C’est en classe de Troisième que le jeune homme a perdu son père. Dès lors, sa scolarité était devenue compliquée. Sa mère, le seul soutien qui lui restait, vivait à Divo. Et c’est avec les fruits de son commerce de gnamakoudji (jus de gingembre) qu’elle payait tant bien que mal les études de son fils. Un fils privé de l’autorité parentale qui s’est mis à faire du hip- hop et à avoir de mauvaises fréquentations. Tant et si bien qu’en classe de Première, il est exclu de l’école pour indiscipline et résultats scolaires insuffisants.
Dicaprio débarque à Abidjan dans la foulée, avec l’espoir d’avoir une seconde chance à l’école. Mais en fait d’études, c’est à la zone industrielle de Yopougon que Francky Dicaprio se retrouve, en tant que travailleur journalier.
Au bout de quelque temps il se rend compte que soulever les lourdes charges n’est pas un métier pour lui. Il abandonne ce boulot et se jette corps et âme dans le métier de DJ.
Après quelques années de pige dans les maquis de la rue Princesse, Francky a cette inspiration qui lui vient sous la forme d’une danse : le fatigué fatigué. La suite on la connaît. Et Francky Dicaprio n’a pas l’intention de s’arrêter à ce succès. Après son maxi single Fatigué fatigué, il annonce un single pour le mois de décembre. Quant à son premier album,
il l’envisage pour 2009.