28/04/2008 (09h00) En novembre 2004, les événements sociopolitiques à l’Hôtel Ivoire avaient contraint Chantal Taïba à reporter deux fois son concert. Depuis, la reine du Matiko attendait le bon moment pour repartir à la rencontre de son public. Aujourd’hui, l’heure a sonné. Et pour le faire, Chantal va à la conquête de la mythique salle Anoumabo le 9 mai prochain.
C’est en 2002 que le Palais de la Culture a reçu pour la première fois Taïba en live. Cela s’est passé dans la salle de François Lougah (1 500 places). A ce moment-là, la salle Anoumabo, encore en construction, n’était pas prête pour abriter des spectacles. Ce jour-là, Taïba a fait salle comble. Le coin était bourré à craquer. Car trop exigu pour contenir le grand nombre de spectateurs qui avaient effectué le déplacement pour la chanteuse. De nombreux admirateurs sont retournés chez eux, tickets en main, sans avoir fait le show avec leur idole. Bien que l’artiste ait fait un spectacle dense, elle avait le sentiment d’avoir frustré une bonne partie de son public.
Ça lui est resté comme une arête en travers de la gorge. Elle se jure alors de réparer le tort causé à ses admirateurs. Injustice qui n’était pourtant pas de sa faute. Mais c’est plus fort qu’elle.
Elle prend la décision de leur donner rendez-vous dans un espace proportionnel à sa renommée de reine du Matiko. Cette fois-ci, son choix se porte sur la salle Bernard B. Dadié plus connue sous le nom d’Anoumabo. «C’est la toute première que je vais y livrer un concert en live. Devant un public qui viendra spécialement pour moi. Les autres fois, je n’ai fait que partager la scène avec d’autres artistes invités pour le même évènement. Tel était le cas pendant le Masa où j’ai chanté avec la sénégalaise Viviane N’dour», dit Taïba. Mais pour ce concert du 9 mai prochain, les choses sont bien différentes. Et ce jour-là, elle va chanter sur le thème de l’amour : Doubéhi, l’hymne à l’amour.
Et elle s’en explique. «Après la situation de conflit qui nous a opposés les uns aux autres, il est grand temps de dire “Je t’aime” à son prochain. Pour ne pas regretter un jour de ne l’avoir pas fait plus tôt. Car notre vie ne tient désormais qu’à un tout petit fil. Et puis il n’est jamais trop tard pour dire à une sœur, un frère, son père, sa mère, le voisin du quartier, le collègue de service, sa femme ou son époux qu’on l’aime de tout son cœur… Il est grand temps de s’aimer les uns et les autres», déclare la chanteuse, d’un ton solennel.
Mais que cache Taïba derrière ce concept d’amour ? Regrette-t-elle d’avoir perdu un être cher faute de lui avoir donné de l’amour ? «Non, pas du tout. Je veux amener les Ivoiriens à s’aimer véritablement», répond-elle.
Pour donner le ton, elle s’est empressée de demander pardon à toutes les personnes qu’elle a offensées en actes et en paroles. Mais et si c’était un pardon de façade ? «Au moment où je parle, je n’ai pas de problèmes avec qui que ce soit. Et je t’assure que tout le monde est le bienvenu à mon concert». Et Tiane, serait-elle la bienvenue à ce spectacle ? Est-elle invitée à son show ?
«Je serais heureuse de la voir également parmi mes invités», assure-t-elle. C’est ce que je souhaite.
«Ce concert n’est pas un mea-culpa que je fais. Mais c’est plutôt une démonstration d’amour, un trop plein d’amour que je veux partager avec mon public pour inciter les Ivoiriens à se pardonner et à s’aimer véritablement du fond du cœur. Car dire à quelqu’un «je t’aime» lui procure un bonheur inespéré. Sachez que l’amour est une clé qui ouvre toutes les portes», dit-elle.
Surtout si vous avez un doubéhi avec qui voulez rétablir les liens afin que vous vous aimiez à nouveau.
«Tout est possible en amour quand on sait communiquer. Mais sache qu’un doubéhi est en réalité, un confident avec qui l’on partage beaucoup de secrets. C’est un ami intime qui connaît presque votre âme. Il sait tout de vous. Mais avec l’évolution, ce mot a pris le sens du mot copain. S’agissant d’un amant, on l’appelle en réalité, un béhi», précise-t-elle. «Moi, je n’exclus pas l’amour sentimental. Mais je prône avant tout l’amour divin, l’amour du prochain qui consiste à s’aimer et à se pardonner. Comme je l’ai chanté dans mon disque «Amour» sorti en 2004.»
Chantal, attend donc ses fans le vendredi 9 mai à la salle Anoumabo. Les Doubéhi et les Béhi sont conviés à cette messe du Matiko et de l’Amour. Les choses sont désormais bien précises et chacun saura connaître sa place ce soir- là au Palais.
A bon entendeur…