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La chanteuse a été inhumée samedi à Grand Akoudzin |
Joëlle, bô lagbê anin tchio ! |
Décédée le 14 février dernier, l’artiste chanteuse Joëlle C a été inhumée samedi dans son village natal de Grand-Akoudzin. Des funérailles à la dimension de son talent lui ont été réservées |
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24/04/2008(10h00) Drapée dans un ensemble kita coloré, mélangé à de la mousseline dorée avec de beaux colliers en or au cou et une couronne de princesse... Des attributs de roi et de reine. C’est donc confirmée dans son rang de princesse akyé que Séka Yaba Joëlle a été portée en terre, samedi après-midi, dans le cimetière de son village natal de Grand Akoudzin. Une foule estimée à plus de cinq mille personnes a accompagné l’artiste dans une longue procession sur une distance d’au moins deux kilomètres, de la place publique à la dernière demeure de l’artiste. Des membres du gouvernement, venus honorer la mémoire de la défunte, aux membres de l’Unartci avec à leur tête leur président, Gadji Céli, en passant par les amis et les fans, chacun a vécu cette séparation comme une déchirure. Personne ne s’est empêché d’écraser une larme tant la blessure était profonde.
Mais avant ce moment fatidique, Joëlle C qui a su jouer sa partition pour le rayonnement de la musique ivoirienne, a eu droit à des funérailles dignes du rang qu’elle s’est taillé...
Vendredi, après une levée du corps ou le Tout-Abidjan s’est donné rendez-vous, c’est sous le coup de 17 heures que la dépouille de Joëlle C a fait son entrée dans Grand Akoudzin. La princesse akyé fut reçue dans la pure tradition... Des femmes badigeonnées de kaolin frappant des baguettes l’une contre l’autre, la notabilité accueillent le corbillard et les délégations à l’entrée du village.
Le corps installé dans la chambre mortuaire, des files de compatissants, de parents et autres curieux se forment pour aller “saluer Joëlle”. Pour cette première rencontre avec son “public”. Jo est dans une longue robe blanche sur laquelle était placée une écharpe en kita. Tous ceux qui en ressortent contiennent difficilement leurs émotions. Peu après, une frayeur traverse les nombreux invités. C’est que des nuages s’amoncellent dans le ciel. L’on craint le pire. Mais les organisateurs, eux, s’affairaient à recevoir les délégations. Ils ne semblaient s’inquiéter de rien. Puis quelques instants plus tard les premières gouttes de pluie. Cela va durer 5 minutes tout au plus. Et puis plus rien ! Explications : Joëlle est issue de la tribu sôji, l’une des trois tribus qui composent le village. Les Sôji sont «les hommes de l’eau», la pluie ne pouvait pas ne pas être au rendez-vous de la cérémonie d’adieu d’une Sôji. «Il pleut nécessairement quand un Sôji meurt quels que soient son rang et le lieu où le décès survient» révèle une tante de la défunte. Passé cette frayeur de voir ce moment d’adieu gâcher par une pluie, l’on peut penser à la veillée mortuaire. Mais en fait de veillée, ce fut une soirée dansante qui a été servie. Avec le TP Audiorama qui a entretenu le nombreux public jusqu’au petit matin du samedi. Les bars et maquis de circonstance distillaient les chansons de Joëlle. Toute la nuit, des fans et autres admirateurs en file interminable se sont inclinés une dernière fois sur la dépouille de leur idole. Le même manège se poursuivra jusqu’à peu avant le départ pour le cimetière. Là encore, Joëlle s’est présentée dans une nouvelle toilette. C’est un costume bleu nuit, une chemise blanche, une cravate à poids, avec des perles dans les cheveux.
Pour le caractère officiel, plusieurs ministres et cadres de la région ont apporté un franc soutien à la famille éplorée. Patrick Achi, Léon Monnet, Augustin Comoé, Hubert Oulaï, Clotilde Ohouchi, Armand Obou ont dit, à leur façon, leur douleur à Grand-Akoudzin. L’honneur est enfin revenu au président de l’Unartci, Gadji Céli, de dire le dernier mot d’adieu à Joëlle. Ensuite l’immense foule s’est ébranlée direction le cimetière où repose désormais Séka Yaba Joëlle.
Ainsi Joëlle C. a quitté ce monde à 38 ans seulement, laissant inachevée une carrière pourtant prometteuse et riche de 4 albums et un peti garçon de 19 ans.
Bô lagbê anin tchio ! (Adieu petite maman !)

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