Il fallait remonter à l’année 2000, sur la scène du palais des congrès de l’hôtel ivoire, pour voir le dernier concert public de Gadji Céli. Les rumeurs les plus folles ont couru qui faisaient état de ce que le King de la chanson ivoirienne avait laissé tomber le micro. Au profit des « fauteuils douillets » de président de l’Unartci et tout récemment du conseil d’administration du Burida. Jeudi soir, à la salle Anoumabo du palais de la
culture, il s’agissait donc de sonner la fin des «vacances volontaires» qu’il s’était imposées. Cependant, l’enjeu de ce retour dont le tout-Abidjan parlait était bien ailleurs. «J’ai peur pour Gadji. Il n’a pas sorti de nouvel album ni même de nouvelles chansons et il organise un concert…» Ce commentaire d’un journaliste culturel de la place était partagé par des observateurs de la scène musicale en Côte d’Ivoire. A cela, il faut ajouter que même s’il est sorti victorieux des dernières confrontations électorales, le tout nouveau PCA du Burida ne s’est pas seulement attiré que des admirateurs. Il s’en serait trouvé des gens qui se seraient réjouis d’un échec de l’artiste à la salle Anoumabo. On pourrait dire que c’est conscient de cela, que Saint Jo a fait présider son concert par un homme de Dieu en l’occurrence le Bishop Guy Vincent Kodja !
Alors, cette nuit-là, les choses sont allées comme sur des roulettes. Le public lui ayant facilité la tâche. D’abord, il est venu massivement, ensuite il a donné l’impression que l’enfant de Gadoukou (son village) lui a manqué. Dès cet instant,
le King ne pouvait que marcher, sans craindre de tomber, « sur le tapis rouge » qui lui était ainsi dressé. Avec le soutien de nombreux artistes membres de l’UnartCI, Gadji passe maître de la scène et de la salle. Il dirige les débats, ordonne et on obéit…Le public pouvait ainsi consommer son répertoire, pourtant mille fois connu, avec envie. Gnézé, Lénalo, Ploh, Yara, Rassemblement, You tamalémé, King Solo, Devant dougou, Amoudjou, Féfé, Torpilleur, Femme de feu, Nouko Gbahi, Eléphants… La scène pouvait alors revenir « aux distributeurs automatiques ». Bishop Kodja, Stéphane Kipré, le parrain de la soirée, Blé Goudé, Meiway, Aïcha Koné, Mawa Traoré…arrosent le King de billets de banque. Marquant ainsi leur satisfaction pour sa maîtrise du sujet. Seul regret, aucune chanson du prochain album du King ce soir-là. N’empêche, Gadji Céli a réussi son come-back sur la scène avec la complicité de King Fusion, son orchestre.