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05/08/2009 (09h00)
Ça, c’est curieux. Refuser de donner sa maison en location à quelqu’un simplement à cause de ses origines ethniques. C’est l’affront, du moins, le préjugé que ne pouvait accepter Don mike le gourou. C’était un défi à relever.
Quand on évoque le nom de Don Mike le gourou, tout de suite, quelqu’un vous a dit : «c’est le concepteur de la prodada, de la comporta, de la prudencia et du cacher regarder.» Ensuite, pour ceux qui le connaissent bien, ils s’empressent d’ajouter : «C’est l’une des rares personnes en Côte d’ivoire qui a pu faire son trou avec son job d’homme de la nuit. Il a réussi à acheter une villa dans un quartier chic en étant manager et gérant de boîte de nuit.»
Effectivement, dans le domaine de manager, gérant et Dj de boîte de nuit, Don Mike le gourou est socialement cité en exemple. Il a réussi, avec ses petites économies d’activité de night, à s’offrir une belle demeure à Angré. Mais l’acquisition de cet appartement a une histoire. L’orgueil et la dignité du concepteur ont été bafoués en 1998. Alors qu’il s’apprêtait à verser la caution de 250 mille francs pour une maison qu’il voulait louer, le propriétaire lui a demandé d’abord de quelle ethnie il est. «Je ne vois pas pourquoi vous me posez cette question pour une affaire de maison, alors que j’ai en ma possession la somme que vous avez demandée pour la caution», interroge-t-il. Mais face à l’insistance du propio, il décline son origine : «Ma mère est baoulé et mon père est guéré». Ironie du sort, ce propriétaire d’un autre âge, refuse d’avoir Don Mike comme locataire de sa maison pour la simple et unique raison qu’il est de l’ouest.
L’âme en peine, il retourne chez lui, s’adonnant à ses activités avec la farouche vengeance et le profond désir de laver cet affront. «J’ai, dès lors, pris la ferme résolution de ne quitter la première maison où j’habitais qu’à condition de m’en acheter une avant l’an 2000 et de ne plus louer de maison à Abidjan avant cette date», explique-t-il.
Pour y parvenir, il s’engage avec abnégation dans son métier de gérant de boîte nuit et maquis qu’il a commencé en 1987 à son arrivée de Paris. Alors que ses amis font, à longueur de journée, des demandes d’emploi, il s’oriente dans l’entreprenariat en ouvrant son premier maquis baptisé le petit bonheur à Cocody. Tout est parti de là. Son sens de management lui donnent l’opportunité d’être le gérant manager de la célèbre boîte de nuit blue note au Plateau en 1991. Deux ans après, il s’offre un restaurant dans la même commune: l’Elite. Il est sollicité par la Piedra, est une autre boîte de nuit célèbre au quartier des affaires. C’est depuis ces temples du show qu’il va émettre ses concepts dont le premier est La prodada en 1995, suivi de la comporta. Avec ses économies, il lave l’affront qui lui est fait en 1998. II réussit à s’acheter une belle maison en 1999 au quartier chic de Angré, dans la commune de Cocody.
En 2003, il actualise son carnet d’adresses de noceurs pour le compte du blue note avant de donner dos aux activités de boîte de nuit pour s’engager dans d’autres deals :la musique. Notamment avec la fièvre du coupé-décalé. Le 14 février 2004, il s’affiche avec Prudencia. Une œuvre dans le tempo coupé-décalé. En concepteur de show né, il revient un an plus tard avec le cacher regarder. Une proposition qui voit la participation de Tiane en feat. Ensuite plus rien. Un silence de quatre ans.
Pour ces vacances 2009, Don Mike le gourou signe son retour avec Kamiki. Cette fois, c’est une affaire de danse du kangourou. Dans trois semaines, cette œuvre qui égrène des sujets aux relents religieux sera sur le marché. «J’ai décidé de faire la part belle à Dieu. A travers tout ce qu’on fait, on doit avoir une pensée pour Dieu, le créateur», explique-t-il. Don Mike donne dans le coupé-décalé. Pour ce nouvel album, Don Mike change de style vestimentaire. «C’est maintenant les tenues BCBG.» Conclut-il. Affaire à suivre !
Léandre koffi leandrekoffi2000@yahoo.fr
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