29/10/2009 (16h30)
Comment prépares-tu le concert d’Alpha BLONDY ?
Dieu merci, les préparatifs vont bien. Actuellement tu verras les poster et bannières du concert un peu partout et sur certains bus de Copenhague, même à la gare centrale de Copenhague. Les tickets sont en vente depuis plusieurs mois. Pour celui qui vit au Danemark, il peut les avoir dans tous les bureaux de poste. Pour celui qui est hors du Danemark, il peut payer son ticket sur internet avec la plus grande société chargé de vente de ticket au Danemark. Le site c’est : www.billetnet.dk. Pour ce concert géant, nous avons choisi l’une des plus grandes salles du Danemark parce que Alpha Blondy, c’est un grand. Au vue de l’avancement des préparatifs, je peux dire qu’une grande partie de la mission est assuré. C’est aussi grâce au soutien de tous les Ivoiriens de toute la Scandinavie, en particulier ceux du Danemark (la C.I.D) et de la Suède et sans oublier l’Ambassade de Côte d’ivoire. Nous avons presque réussi cette opération grâce a nos partenaire que sont Ivorian.net, Crawfurd Media, Night Glass Diskotek de Copenhague, Meelovia.com, Tv canal Africa et le magazine Top Visages.
Quelles sont les musiques africaines qui cartonnent en ce moment au Danemark ?
Pour dire vrai, c’est Alpha Blondy, Magic System, Dj Arafat et P Square du Nigeria.
Après le concert de Blondy le 31 Octobre, y a-t-il d’autres évènement prévus dans le programme d’activités de Shelby PRODUCTION ?
Nous avons un autre grand évènement le 8 Mai 2010 baptisé : African Live Music in Copenhague 2010. Nous n’avons pas encore fait le choix des artistes, mais l’édition passée, c’était avec le Ghanéen Ofori Amponsah et Magic System ainsi que de jeunes artistes africains résidant en Suède, Norvège et Danemark qui ont fait la première partie.
Comment vois-tu l’avenir de la musique africaine en Europe du Nord ?
Je pense que la musique africaine a de la chance de s’imposer véritablement comme nous le souhaitons. Mais il faut tout de même que nos artistes soient sérieux dans leur travail.
Tes activités se portent bien ?
Oui, grâce à Dieu, ça va. La crise économique s’est fait aussi ressentir dans le milieu du show-biz, parce que, tu vois, les gens n’ont plus envie de dépenser assez d’argent pour les tickets de spectacles. Donc, on est obligé de baisser les prix pour ne pas que les salles soient vide. Mais, puisqu’on a le soutient de Dieu et de nos parents, on avance petit à petit vers nos objectifs qui sont d’imposer la culture musicale africaine au peuple scandinave. En plus, la capitale danoise, c’est Abidjan bis ici en Europe du Nord. Toutes les stars internationales sont obligées de passer par ici s’ils veulent vendre plus. Copenhague est donc le centre de la culture musicale et théâtrale. C’est donc nécessaire pour nos artistes de s’y faire connaître au lieu de ne viser que la France et la Belgique.
Alpha Blondy et le Solar System vont jouer ce samedi à Copenhague. Comment une jeune promoteur comme toi est il arrivée à faire venir l’une des plus grosses pointures de la musique mondiale ?
Tu sais, la vie est faite de rêves, d’ambitions et de courage. C’était un rêve. Je me suis donné les moyens pour y arriver. Alpha est un professionnel qui demande le respect d’un cahier de charges et d’une fiche technique réglée comme une montre suisse. Ma petite expérience dans ce milieu a fait que je m’y suis attelé. Ce n’est pas facile, mais j’ai la chance de travailler avec des amis (le staff de Shelby Production) qui me soutiennent jour et nuit dans ce dur boulot. Permets-moi d’en profiter pour remercier du fond de cœur ma Maman chérie qui ne cesse de m’apporter sa bénédiction.
Ça n’a pas été souvent facile pour toi je suppose ?
Dans ce milieu, il y a des hauts et des bas. Parfois, quand ton concert ne marche pas et que tu ne rentres même pas dans tes fonds, tu as envie d’arrêter. Mais, il ne faut jamais désespérer car seul le travail paie. Il faut donc beaucoup de passion et de courage pour faire ce métier. Aujourd’hui, je fais ici la promotion d'Alpha Blondy qui est le sommet de la musique africaine et qui n’a rien à prouver sur le plan internationale. Je t’assure que si Michael Jackson n’était pas mort, un jour, j’aurais organisé son concert ici. La vie, c’est ça. Ambition et courage.
Comment es-tu arrivée au Show-biz ?
J’ai toujours aimé regrouper des gens pour les égayer. Je suis, en fait, né rassembleur. Je n’aime pas voir les gens tristes. Depuis le pays (La Côte d’Ivoire) j’organisais des excursions à la plage, j’organisais des voyages de groupes pour détente ou études en étant au lycée comme à l’université. Mon premier spectacle, c’était avec les Djigbôs en1999 avant même de venir en Europe. C’était à la cité policière de yop 2. Après, quand je suis arrivé au Danemark en 2000, je cherchais mes repères, car il faut avouer que c'était difficiles. Donc les deux premières années, j’étais calme dans mon foyer, mais je donnais, par moments, des coups de mains aux grands frères ici chaque fois qu’ils voulaient inviter Soum bill, Meiway, Dj Jacob, Ziké, etc.… Pendant mes vacances au pays, j’organisais des tournois de maracana pour les adultes puis des concours miss beauté pour les petites filles de 11 ans juste pour les amuser. Mais en 2007, avec le conseil de l’actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Danemark, et de mes partenaires qui m’ont encouragé, j’ai créé Shelby Production pour travailler de façon professionnelle dans l’organisation des évènements.
C’était quoi le premier évènement de Shelby Production ?
Mon premier concert a été celui d’Espoir 2000 en Août 2007. Apres, j’ai fait successivement, Franky Dicaprio, Dj Arafat, Teeyah ensemble avec Espoir 2000 ; un live Magic System, tout ça en 2008. Puis, en Mai 2009, j’ai fait un grand concert live: Magic System & Ofori Amponsah du Ghana. Le prochain concert c’est Alpha Blondy. Un concert auquel j’invite tous les Ivoiriens de la diaspora. Alpha, c’est une autre dimension, c’est notre kôrô national.
Comment la musique Africaine et Ivoirienne en Particulier est-elle perçue en Europe du Nord ?
La musique africaine ici est bien perçue ici grâce au grand boulot qu’on fait. On veut leur imposer notre culture musicale de la même manière qu’ils nous ont imposé leur culture religieuse et leur civilisation. Tu conviens avec moi que la musique, quel que soit le lieu, elle s’impose. Aujourd’hui, Dieu merci, ce sont surtout les Suédois et Danois qui viennent remplir nos salles.
On raconte que tu es très déçu des artistes Zouglou et Couper Décaler du fait de leur manque de professionnalisme ?
Déçu ? Non. Il ne faut pas exagérer. Je suis entré dans ce métier de façon professionnel par un spectacle Zouglou avec Espoir 2000. J’ai une dette envers ces artistes Zouglou, n’empêche qu’il faut tout de même remarquer que la plupart de nos artistes n’ont pas la chance de jouer en live quand ils arrivent ici. Or, ici en Europe du Nord, les gens aiment l’originale. Je conseille donc aux artistes Zouglou de se déplacer au moins avec un tam-tam, un instrument, pour créer quelque chose d’original pendant leur show. Le faiseur de zouglou a débuté avec le tam-tam, donc pourquoi le laisser. Ça pourrait épater les spectateurs de voir que l’artiste fait un playback et au cours du show il utilise un tam-tam. Nous demandons aussi à nos artistes d'explorer d’autres cieux que de toujours s’orienter vers la France, et arrêter de jouer dans les petites boîtes de nuit pour de modiques sommes. Cela ne les honore pas.
C’est une peu dans cette logique que tu as produit Magic System ?
C’est vrai que j’ai produit Magic System deux fois à Copenhague, juste parce qu’ils donnent l’envie à un promoteur de travailler. Ils appellent à tout moment pour savoir comment ça va sur le terrain, ils te demandent tes besoins pour la publicité. Alors qu’avec certains artistes, on est obligé nous-mêmes de faire mains et pieds pour avoir même leur photos et leurs vidéos. Franchement, certains artistes africains ne nous rendent pas la tâche facile.
Albert DROGBA CARINO carino_ad@yahoo.fr
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