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16/10/2012 (12h00)
L’histoire se passe à Abidjan, 2005. Dame Amah, la quarantaine largement entamée est dans un mariage heureux avec Pierre, son époux. Amah et son mari travaillent tous les deux et ils surviennent ensemble aux besoins de leurs trois enfants. Une nouvelle grossesse, un peu tardive, d’Amah est accueillie avec joie. Malheureusement, quand Amah accouche, le bébé tombe plusieurs fois malade avant de mourir au bout de quelques mois. Après le décès du bébé, Amah elle-même tombe malade. Elle traîne un palu pendant plusieurs mois. Face à la persistance du mal, le médecin traitant lui conseille de faire son test de Vih/ Sida. Le test est malheureusement positif. Amah qui a toujours été fidèle à son mari (en 20 ans de mariage) ne comprend pas ce qui lui arrive. Face à sa grande détresse, le médecin la console comme il peut et lui demande d’essayer d’abord d’accepter son statut sérologique avant d’en parler à son mari. En entendant, Amah devra éviter tout rapport sexuel non protégé avec son époux. Pour éviter de le contaminer et de se surinfecter elle-même. Désespérée, Amah explique la situation à sa mère qui décide de soutenir sa famille dans tout ce qu’elle entreprendra. Toutes les nuits, Amah fuit donc le lit conjugal. Elle cherche, chaque fois, une excuse, un subterfuge pour éviter que Pierre lui fasse l’amour sans capote. A bout de nerf, Pierre qui ne comprend pas la nouvelle attitude de sa femme se fait de plus en plus menaçant. Acculée, Amah retourne voir son médecin. Le praticien décide d’accompagner Amah jusque chez elle pour essayer d’expliquer la situation à Pierre. Une réunion en petit comité est organisée, loin des oreilles des enfants. Le médecin prend la parole en premier pour expliquer que le VIH ne signifie pas que la vie s’arrête et que même infecté, on peut vivre avec le virus pendant longtemps sans tomber malade. Pendant l’exposé du médecin, Pierre l’écoute d’une oreille distraite. Mais lorsque le médecin annonce à ce dernier que sa femme est infectée, Pierre bondit de sa chaise. Il est très en colère, il fulmine même. Son visage ne traduit que dégoût et mépris pour sa femme. La réunion avec le médecin finit en queue de poisson. Les jours suivants, le secret de la maladie d’Amah est divulguée dans la famille de Pierre. Commence alors un long chapelet d’injures, de moquerie, de stigmatisation, d’exclusion... Le frère et la sœur de Pierre décident de vider Amah et son Sida de la maison de leur frère. Pierre qui ne supporte ni le statut de sa femme ni le regard de sa famille et de son entourage finit par écouter ses parents. Il chasse Amah après 20 ans de mariage. Vidée de son foyer, Amah tient le coup comme elle peut. Quand elle prend sa retraite, quelques années plus tard, elle part s’installer en Europe. Loin des moqueries et des injures de sa belle-famille. Là-bas en Europe, Amah est prise en charge. elle se porte bien et elle a refait sa vie. Mais son mari avec qui elle a passé 20 ans de sa vie a-t-il été épargné par le Vih ? D’Amah et de son mari, qui a ramené le Sida dans le foyer ?
Ces réponses, vous les aurez dans le film ‘’Amah Sahoua’’ de Clémentine Papouet. La comédienne qui est une amie proche de la vraie Amah a décidé de mettre son histoire sur pellicule. Résultat, un film d’une heure trente avec dans les rôles principaux, Awa Koné (Amah) et Ahmed Souaney (le mari d’Amah). ‘’En Afrique, le Sida dans le couple, c’est comme la stérilité. C’est toujours la femme qu’on accuse, l’homme ne se remet jamais en cause alors que le plus souvent c’est lui le fautif…’’, explique Cléclé. Le film, Amah Sahoua est sorti en 2009, mais il n’avait pas été correctement distribué. Alors cette année, Cléclé a décidé de procéder autrement pour sensibiliser sur les méfaits du Sida dans le couple. Avec le soutien de la Banque Mondiale, de l’Unicef, de la CECI, du PUMLS et d’autres partenaires, Cléclé a déjà entamé une tournée de projection du film dans les entreprises. Ces projections seront chaque fois suivies de débats avec des spécialistes du Vih/Sida.
Usher Aliman usheraliman@topvisages.net
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