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SHOW-BIZ

 
  Olomidé échappe à la prison  

Traîné en justice pour coups et blessures, Koffi Olomidé l’a échappé belle !

 
 


23/08/2012 (16h00)

Jeudi 16 août 2012, en début d’après-midi, le verdict du procès qui opposait l’artiste musicien Antoine Agbepa Mumba alias «Koffi Olomidé» au réalisateur congolais résidant à Paris, Lubaki dit «Diego Music», est tombé. Le patron de l’orchestre «Quartier Latin International» vient d’être condamné à trois mois avec sursis, et au paiement du tarif plein des frais judiciaires s’élevant à 100.000 francs congolais (11O $) pour avoir roué son producteur de violents coups de poing !   

L’audience de cette affaire s’est tenue au Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe, sous la présidence du juge Pierrot Bakenge sur fond de procédure de flagrance. Débuté la veille, mercredi 15 août, le procès, suspendu par le président du tribunal vers 22h30 locale à cause de l’heure tardive, a repris le lendemain jeudi autour de 11h. Le ministère public a fait son réquisitoire devant une foule immense. Il y avait des avocats (dont la grande majorité appartenait à la défense), des proches et fanatiques des deux parties, ainsi que des journalistes venus nombreux couvrir le procès.

Sur les deux infractions retenues contre Koffi Olomidé, une seule  était établie. Il s’agit des coups et blessures volontaires. Pour cela, le ministère public a requis 6 mois de servitude pénale à l’endroit du prévenu Antoine Agbepa Mumba dit Koffi Olomidé. En plus de cette peine de prison, le musicien devait payer le plein de frais judiciaires fixés à 100.000 FC.Quant à la deuxième infraction qui était la destruction méchante, elle n’a pas été établie par manque d’éléments matériels.Il importe de signaler que le plaignant, Lubaki Diego Music, s’était déjà désisté de sa plainte la veille. Cependant, le procès s’est poursuivi normalement par la volonté du ministère public.

Une affaire d’argent qui tourne au vinaigre

Rappel des faits. L’artiste musicien Koffi Olomidé et le réalisateur Diego Music étaient en relation d’affaires. Le premier avait donné au second un marché de production des CD de son dernier album intitulé «Abracadabra», pour une valeur de 6.000 euros. Et Diego lui avait déjà livré le travail pour la moitié du montant.Selon Diego Music, s’il n’a pas pu s’exécuter pour le reste du montant perçu, c’est à cause de la situation politique. «J’avais reçu des menaces des ‘‘Bana Congo’’ (une organisation des Congolais de la diaspora très hostile au pouvoir en place à Kinshasa), me promettant de venir saccager mon studio et mettre fin à ma vie si je continuais à produire des CD pour Koffi…» a-t-il rapporté devant le juge et l’assistance. Face à cette situation et connaissant le degré de nuisance de cette organisation, l’infortuné producteur a avoué avoir pris du recul en se soumettant à la volonté de ces personnes.

Ainsi, à son arrivée à Kinshasa, alors qu’il était tranquillement dans sa chambre d’hôtel au 4ème niveau de l’hôtel Vénus à Gombe, le mercredi 15 août 2012 en début de soirée, il a entendu la sonnerie de la porte. Pensant que c’était le service d’étage qui lui apportait le plat qu’il avait commandé, il ouvre. Immédiatement, Olomidé s’est introduit et a commencé à le rouer de coups de poing sans sommation en disant en lingala: «Okoyeba ngai lelo ! Naza Werra te, Fally te, Ferré te !». (Entendez : Tu vas savoir de quel bois je me chauffe ! Je ne suis ni Werra, ni Fally ou encore Ferré). Face à cette agression, il a crié fort. Ce qui a alerté une fille de chambre qui était dans la chambre voisine. Cette dernière constatant qu’elle ne pouvait pas faire face à une telle situation a alerté à son tour un agent du service de sécurité de l’hôtel. Celui-ci arrive en courant. Curieusement, il sera aussi accueilli par un coup de Koffi…

Des faits qu’Olomidé a niés en bloc. Pour le «Grand Mopao», c’est Diego qui l’a accueilli par des injures, avant de lui lancer une chaussure. Et, à ce moment-là, il s’est jeté sur lui. Ce qui a provoqué le désordre qui s’en est suivi.Il a, pour ce faire, présenté ses excuses aux responsables de l’hôtel Vénus pour ce désagrément.A leur tour, les trois témoins à charge qui ont comparu ont confirmé les griefs griefs portés contre le chanteur, en appuyant la version présentée par le plaignant.Somme toute, à la lumière de ces propos et témoignages, le juge a décidé la condamnation avec sursis de 3 mois et une petite amende.Cette affaire qui a tenu en haleine tout Kinshasa pendant 48 heures rappelle sans doute à l’opinion les différents démêlés judiciaires de l’artiste avec ses collègues du monde de show-biz.

En 2004, il avait été placé sous embargo de quarante cinq jours par les médias congolais pour avoir agressé un chroniqueur de musique en la personne de Marc Tabou, lors d’un concert qu’il avait livré à Paris. La camera de la victime avait été endommagée.En 2009, il avait aussi connu des démêlées judiciaires à cause de l’agression par ses gardes du corps du cameraman de la Rtga (Radio télévision du Groupe l’Avenir), Patou Bonyoko. Les faits s’étaient produits en marge d’un concert de musique qu’il avait donné à Kinkole, dans la banlieue Est de Kinshasa. Enfin, en février 2012, il avait été mis en examen à Paris (France) pour viols sur mineures, séquestration, actes de barbarie en bande organisée et trafic d’êtres humains, par un juge du tribunal de Nanterre.

 

Par Tshieke Bukasa,
correspondant à Kinshasa

 

 

 
   
     


Hebdo N° 1005
 

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