01/09/2007 - Pour la première fois de sC’est avec le sourire que Dan Log nous accueille chez elle, en zone 4, ce jeudi midi. Dès les salutations, elle ose une plaisanterie : «depuis des années, je vous demande de m’appeler Adzizza, vous ne voulez pas. C’est Dan Log que vous préférez. Ce n’est pas grave. Je suis assise ici avec les deux noms, je vais faire comment ?» Mais, dès ses premiers mots, on remarque tout de suite que la chanteuse ne s’est pas vraiment remise encore de son mal.
Elle radote un peu et parfois, on a l’impression qu’elle bégaie. Comment en est-elle arrivée là ? Explications : Dan Log (pardon, Adzizza) a perdu son père le 20 mai dernier. Après l’enterrement le 7 juillet, elle est tombée malade. «J’ai pensé à un palu dû à toute la débauche d’énergie pendant les démarches précédant les funérailles. Un jour, j’ai eu très froid le soir, je me suis réveillée le lendemain très mal en point avec des courbatures. Mon frère a appelé les sapeurs pompiers de la zone 4 qui sont mes voisins. Ils sont venus aussitôt et m’ont transportée à l’hôpital. Mais le reste, je ne m’en souviens pas.» Dan Log n’a rien vu parce qu’elle venait de sombrer dans le coma pendant plusieurs heures. «Quand je suis revenue à moi, je n’avais pas complètement perdu la voix, mais je radotais. Et les médecins m’ont rassurée : mon cerveau n’est pas endommagé. Vous savez, les médecins soignent, mais c’est Dieu qui guérit.
Dieu a déjà opéré son miracle parce que j’aurais pu ne pas sortir de ce coma. Je lui rends grâce.»
Cependant, les malheurs de Dan Log ne se sont pas arrêtés à cette première grave crise :
«Quand je suis sortie de là, le surlendemain, Cléclé et Dent de Man sont venues me voir. J’ai recommencé à me sentir mal… On m’a encore transportée à l’hôpital. Les médecins ont décelé une hausse de tension (19). Je suis hypotendue alors... Les médecins m’ont veillée jusqu’à ce que ma tension redescende. C’est après qu’ils m’ont dit que j’avais fait un accident cardio-vasculaire.»
Et depuis sa sortie d’hôpital, Dan Log se gave littéralement de médicaments. Avec un régime spécial à la clé.
«Actuellement, je ne peux pas dire que ça va normalement comme par le passé, mais je me remets». Elle ne parle pas encore normalement. Et ne peut marcher longtemps, le vertige l’en empêche. «Il m’arrive d’avoir de fortes fièvres la nuit. Je dois éviter de m’énerver, je dois beaucoup dormir. Ce qui est embêtant, c’est que les médicaments coûtent trop cher pour quelqu’un qui est au chômage.»
Dan Log au chômage ? Pourtant on la dit membre influente de l’Union des artistes de Côte d’Ivoire. «Je suis secrétaire particulière du président de l’UNARTCI.
C’est un grand poste sans argent. Je m’occupe de lui rappeler ses rendez-vous, de gérer son agenda…» Et Dan Log de profiter de la brèche pour asséner ses vérités : «ici, les autorités ne s’occupent des artistes que quand ils ont un baptême ou un anniversaire… il n’y a pas de véritable politique culturelle pour que les artistes puissent se prendre en charge, c’est dommage…»
Mais quand on a été à deux doigts de perdre la vie, on voit les choses autrement. «J’ai compris que la vie ne tient qu’à un fil. Il faut vivre le plus simplement possible. Il faut faire aux autres ce qu’on aimerait que les autres fassent pour nous. Il faut profiter de la vie au maximum. Par exemple, si ce midi j’ai envie de manger du foutou et que j’ai 1000 F, je fais mon foutou et je le mange.»
Depuis le temps que nous parlons avec elle, un petit garçon, auprès d’elle, ne la quitte pas des yeux, prêt à satisfaire ses moindres désirs. Stéphane (c’est son nom) n’est autre que l’enfant que Dan Log a eu avec Thiam Abdul Karim il y a 13 ans. «J’ai récupéré mon fils, il y a deux ans. Lui et moi sommes très très amis. Bien sûr, son père ne vit pas avec nous, mais je ne suis pas du genre à céder à tous ses caprices d’enfant.» Sur ce, On sonne à la porte. C’est Thiam Abdoul Karim (prophète Elie), comme par hasard, qui vient rendre visite à la chanteuse. Père et fils sont réunis au chevet de Dan Log qui ne boude pas son plaisir. Il est temps pour nous de partir.