14/06/2008 (10h00) -
• Vous ne proposez au public que quelques vaccins ?
- En fait, les vaccins proposés, ici, sont axés essentiellement sur les maladies qui font fureur actuellement. Sinon, à l’Institut, nous mettons à la disposition du public toutes les vaccinations possibles.
• Quelles sont les maladies les plus courantes, ces temps-ci ?
- Il y a la méningite qui est une maladie du système nerveux, avec des conséquences très graves. Et comme les enfants sont des êtres fragiles, il était important pour nous de venir à ce Salon pour faire une forte sensibilisation et les vacciner à prix réduit. Au-delà de la méningite, nous avons le vaccin contre le tétanos, maladie qu’on minimise énormément mais qui fait beaucoup de dégâts chez l’enfant, surtout. Il y a aussi l’hépatite B, une maladie virale qui est beaucoup plus compliquée à traiter dans la mesure où jusqu’à présent, il n’y a pas un traitement spécifique pour cette maladie. La prévention doit être de mise pour éviter les complications.
• …
- Ce n’est pas tout ! Nous avons le vaccin contre la fièvre jaune. Il y a une épidémie actuellement. La maladie fait partie de ce qu’on appelle les maladies à déclaration obligatoire. Un seul cas de la maladie dans le pays constitue une épidémie. Tout dernièrement, en Côte d’Ivoire, il y a eu un cas de fièvre jaune qui a été isolé, au CHU de Treichville. C’est la raison pour laquelle nous insistons fortement sur la nécessité de faire le vaccin autant chez les enfants que chez les grandes personnes.
• Peut-on avoir une idée des tarifs pour se faire vacciner, à l’Institut d’hygiène, contre les maladies que vous avez citées ?
- De façon régulière, le vaccin contre la méningite AC se fait à 2 500 francs CFA. Mais il y a plusieurs sortes de méningites. La forme complète de toutes les méningites, par exemple, celle qu’on nomme ACWY135 est redoutable. Le coût du vaccin est à 10 500 francs CFA et généralement, c’est ce vaccin que les gens font pour aller à la mecque. Celui du tétanos, est à 1000 francs. Pour la fièvre typhoïde et l’hépatite B, c’est 3 500 francs, le vaccin.
En ce qui concerne le vaccin de la fièvre jaune, il faudrait savoir qu’il s’accompagne toujours du carnet de voyage international, mais comme il y a une épidémie et que tout le monde ne voyage pas forcément, le Directeur de l’Institut a simplifié les choses pour que les gens se protègent. Donc, le vaccin simple est à 2 500 francs CFA, sans le carnet.
• A propos du carnet international de voyage, quels sont les vaccins obligatoires qui doivent y figurer ?
- Pour avoir ce carnet, il faut faire le vaccin de la fièvre jaune. Vous pouvez être à jour dans toutes vos vaccinations, mais si vous n’avez pas fait celle de la fièvre jaune, vous n’avez pas droit à ce carnet. Or, c’est un document qui est exigé au poste de santé dans les aéroports, lors des contrôles. On ne peut pas vous laisser passer comme ça d’un pays à un autre, si vous n’êtes pas «sécurisant» du point de vue santé, pour le pays qui va vous recevoir.
Maintenant, quand vous avez votre carnet international de voyage, on peut y mentionner les autres vaccins que vous avez faits. Alors, les vaccins à faire sont fonction des pays, du continent où on veut aller. Pour l’Afrique, généralement, on exige le vaccin contre la méningite, parce que nous sommes dans la zone endémique. Et la fièvre jaune, ça, c’est un vaccin qui est exigé pour le monde entier.
• Combien de temps est-on protégé par le vaccin contre la fièvre typhoïde ?
- Quand on fait le vaccin contre
la typhoïde, on est protégé pour trois ans.Mais je voudrais préciser quelque chose. Généralement, les gens disent «J’ai fait le vaccin de fièvre typhoïde et il se trouve que j’ai malgré tout la maladie». Il faudrait savoir que cette maladie a plusieurs stéréotypes comme je l’expliquais pour la méningite. On dénombre près de 250 formes en la matière. Le vaccin qui est disponible actuellement protège contre la forme la plus stable de la typhoïde qui entraîne la performation de l’intestin et conduit très vite à la mort. Il y a d’autres formes et si on ne se sent pas bien malgré le vaccin, il faut faire d’autres analyses, ne pas attendre l’irréparable.
• Quelle est la maladie qui fait beaucoup de ravages actuellement en Côte d’Ivoire ?
- C’est la fièvre typhoïde. Vous le constatez, surtout à Abidjan, l’hygiène n’est pas de mise partout, dans la plupart des communes. C’est une maladie qui s’attrape par le biais de la nourriture, l’eau de consommation et généralement, les mesures d’hygiène ne sont pas prises au niveau des restaurants et autres. C’est une maladie qui monte en puissance et qui fait mal, comme on le dit. En deuxième position, il y a la méningite, qui est… périodique. La tendance monte lors de la saison sèche et quand il y a la saison des pluies, elle a tendance à baisser. C’est une maladie dont le microbe se trouve dans la poussière. On le chope par la respiration. Mais la fièvre typhoïde reste malheureusement en vogue.
• Vous disiez tout à l’heure que l’hygiène n’est pas de mise au niveau des restaurants, ce qui contribue à l’expansion de la typhoïde, sans compter l’insalubrité publique… Quelles sont les précautions à prendre justement ?
- La loi dit que quand vous devez ouvrir un restaurant ou un lieu qui reçoit du public, vous devez solliciter les services de l’Institut d’hygiène qui doit inspecter le local, voir si vous remplissez les normes en la matière avant l’ouverture des lieux. Est-ce que là où vous êtes, vous n’êtes pas proches d’une source de nuisance ? est-ce que le coin est aéré ? est-ce que l’accès est facile ? est-ce que vous n’êtes pas à proximité d’un espace de collecte d’ordures ?…Ce sont autant de mesures prises en compte avant qu’on ne vous délivre ce qu’on appelle, chez nous, le certificat de salubrité. C’est un document qui atteste qu’en matière d’environnement et d’hygiène, votre local offre toutes les assurances sans mettre la vie des gens en danger. Donc, il faut faire une demande à l’Institut d’hygiène pour avoir ce document.
• Est-ce à dire que vous faites régulièrement des contrôles quand vous avez délivré ce document ?
- Jusqu’en 1980, l’Institut d’Hygiène Publique faisait des contrôles inopinés, effectivement. Mais, par la suite, cette responsabilité a été dévolue aux mairies qui gèrent leur collectivité. Ces mairies ont en leur sein des services d’hygiène qui font le contrôle et qui sont notre relais, en quelque sorte. Nous travaillons en étroite collaboration.
• Un contact pour tous ceux qui voudraient avoir de plus amples informations ?
- Pour joindre l’Institut d’Hygiène, il s’agit juste d’appeler le 21 25 92 78 ou le 21 25 92 54