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VIDEOS PORNOGRAPHIQUES SUR INTERNET ET LES PORTABLES

Qui est derrière les vidéos à scandale ?

C’est devenu presqu’une habitude. Régulièrement, des gens publient des vidéos, des photos pornographiques de célébrités ou d’anonymes sur internet ou sur les téléphones portables. Ces images et ces films, ont chaque fois, un succès énorme sur la toile. Mais au passage, elles brisent la réputation, l’honneur et même la vie des personnes impliquées.

04/07/2009 (11h00)  

C’est «l’affairage» numéro 1 en ce moment à Abidjan. Le film des ébats dans un bureau entre dame M. L. Z. et sieur R. O., présentés respectivement comme employée et responsable dans un établissement financier de la place, fait plus que défrayer la chronique. Dans les chaumières, on ne parle que de la nudité de dame M.L.Z. Sur le net le “buzz” est énorme. Après la vidéo pornographique qui était visible, pendant quelques jours, sur le site de partage Youtube, ce sont les photos choquantes de M. L. Z qui circulent de mail en mail. Le clou, c’est que des indélicats ont confectionné des VCD avec la vidéo et les photos de cette affaire et ont commencé à les commercialiser. A côté des ébats de cette dame et de son patron d’amant, il y a une autre vidéo qui fait la «une» des commérages abidjanais. Elle montre un jeune garçon en train de sodomiser fougueusement un autre. Dans cette vidéo pornographique gay, un des jouisseurs, celui qui porte une casquette, a quelques traits de ressemblance avec le jeune chanteur, Eric Olomidé. Cela a suffi pour qu’on accuse ce dernier d’être homosexuel et de tourner des films pornos. Le chanteur a beau démentir, mais sa jeune carrière risque d’en pâtir. Il y a quelques mois déjà, le Tout-Abidjan s’était fait transférer, sur son portable, la vidéo d’une scène d’amour entre une jeune fille et un homme qu’on a présenté comme un policier. Ce dernier a filmé de près le coït et toutes les gâteries que son amante lui a faites. Quand les rumeurs sur cette vidéo pornographique, dite «policier yako», ont commencé à s’apaiser à Abidjan, une autre, du même genre, est arrivée sur les portables. Une vidéo faite en Octobre 2008 quelque part à Marcory. Il s’agissait, visiblement, d’une patrouille de policiers qui avait surpris un couple en train de faire l’amour, en pleine nuit et à l’air libre. Les hommes en tenue avaient contraint l’homme et la femme à continuer l’acte sexuel et les ont filmés à l’aide d’un téléphone portable. Cette vidéo cocasse risque de coûter très cher à ses auteurs. Identifiés et traduits devant un tribunal, ces éléments du centre de Commandement des Opérations de Sécurité (CeCOS), vidéastes d’un jour, risquent 10 ans de taule et une radiation.
En Mai 2008, une rumeur chronique circulait sur l’homosexualité supposée de Shanaka Yakuza.
Au plus fort de la polémique, une vidéo de Shanaka, en pleins ébats avec une jeune fille, a commencé à circuler sur les téléphones portables. Les plus sceptiques avaient conclu que c’était un coup grossièrement monté par l’artiste pour détourner l’attention et faire taire les rumeurs sur son homosexualité. Dans Top Visages n° 751, le concerné avait reconnu être l’acteur et l’auteur de ce film porno. Mais se dédouanait en ce qui concerne sa diffusion. Shanaka accusait un de ses «petits» d’avoir volé son portable et de l’avoir vendu. Selon lui, ce sont ceux qui ont racheté le portable qui ont divulgué la vidéo.
En Mars 2009, au Liberia, M. Willis Knuckes, ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles et doyen d’âge du gouvernement libérien, a été photographié en pleins ébats sexuels avec deux prostitués dans un hôtel. Ces clichés très compremettants se sont retrouvés à la une de The Independent, un journal local. Devant la vague déferlante de ce scandale, dit “sexgates”, le ministre a démissionné et présenté des excuses à sa famille, à la présidente et au peuple libérien. Le journal par qui le scandale est arrivé, a été suspendu de parution pour un an.

 

 

CE QUE DIT LA LOI

La victime peut réclamer au moins 50 millions

Une personne victime d’une violation de son droit à l’image (c’est le cas de toutes les personnes sur les photos et vidéos citées) peut saisir le juge civil pour obtenir réparation. Pour des images ou de vidéos publiées sur internet, le juge peut condamner le fautif à payer des dommages et intérêts à la victime. Le juge peut aussi ordonner le retrait des images et des vidéos du site internet ou en rendre l’accès impossible. Pour les avocats que nous avons rencontrés dans le cadre de cet article, il n’y a pas vraiment de sanction pénale pour une violation du droit à l’image (pas de peine de prison).
Dans le cas de la vidéo, dite «Bassesse» ou «Scandale à la CECP» par exemple, les avocats s’accordent à dire que le préjudice moral subi par dame M.L.Z est énorme. Vu que des images d’elle, toute nue, ont fait le tout du monde. En s’appuyant sur l’article 1382 du code civil qui dit que “tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer,” les hommes de loi pensent que dame M.L .Z peut réclamer et obtenir réparation. Au bas mot, elle peut espérer des dommages et intérêts à hauteur de 50 millions de F CFA (même si en définitive, c’est au juge seul qu’il revient de fixer un montant). Mais avant d’espérer une telle réparation, dame M.L.Z et ses avocats doivent d’abord identifier le coupable ; c'est-à-dire la personne qui a mis les photos et la vidéo en ligne. Car, selon les avocats, celui qui a fait la vidéo et les photos n’est pas forcément celui qui les a mises en ligne.
Selon toujours les avocats, même si M.L.Z était consentante quand elle s’est faite filmer et photographier, l‘auteur des photos et de la vidéo peut être poursuivi pour attentat à la pudeur. Certains avocats pensent même que le sieur R.O, qu’on présente comme l’auteur du film et des clichés, peut être poursuivi pour trouble à l’ordre public.
Il faut savoir que toute personne, quelle que soit sa notoriété dispose sur son image et sur l’utilisation qui en est faite d’un droit exclusif. Le droit à l’image permet donc à toute personne de s’opposer à la reproduction et à la diffusion sans autorisation de son image. Qu’il s’agisse d’un tract, d’une affiche, d’un magazine ou d’un site internet, le droit à l’image s’applique de la même façon. A titre exceptionnel, dans le cadre de la liberté de la presse et du droit à l’information, les personnages publics et les célébrités, dans l’exercice de leur fonction ou activité professionnelle, peuvent voir leur image utilisée à des fins d’actualité ou de travail historique. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’avoir leur autorisation préalable. Mais tout ceci doit se faire sous réserve du respect de la dignité humaine.

 

Quel est le but ?

Se filmer ou se faire photographier pendant un acte sexuel n’est pas une pratique nouvelle dans les mœurs. Ils sont nombreux les couples (légitimes ou non) qui filment leurs ébats pour leur plaisir personnel. Avec l’avènement des appareils photos numériques, des téléphones portables, caméras numériques, l’internet… il est devenu beaucoup plus facile de filmer ses ébats et d’en conserver la vidéo et les photos. Mais, le revers de la médaille est qu’il est aussi plus facile de dupliquer ces vidéos et photos. Beaucoup plus facile encore de les diffuser à l’échelle planétaire, via internet ou le téléphone portable.
Dans les scandales sexuels de ces derniers temps, les personnes concernées n’ont visiblement jamais donné leur accord pour la diffusion des vidéos ou photos les impliquant. Alors, on se demande qui sont ceux qui s’empressent de diffuser à si grande échelle les ébats des autres ? Quelles sont les motivations de ces personnes qui mettent leur énergie, leur intelligence, parfois leurs moyens financiers à contribution pour mettre des vidéos pornographiques, tournées dans un lieu privé, pour un usage privé, en ligne. Quel but recherche-t-on quand on met sur internet les secrets les plus intimes de personnes qui ont eu le malheur d’égarer ou de se faire voler un téléphone portable ou un ordinateur ? Ce n’est peut-être pas très “catholique” de filmer ses ébats sexuels. Mais cela ne donne pas le droit à de petits malins de divulguer des secrets d’alcôve, de violer le droit à l’image des personnes, en toute impunité.

 

 

 

 

 

 

Usher Aliman
usheraliman@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

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