Juliette Fievet, journaliste et animatrice sur RFI: “Ma relation avec Claudy Siar”

Write on Wednesday, 23 November 2016 Published in Causerie Read 876 times
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La mine toujours épanouie, l’animatrice et journaliste sur RFI, Juliette Fievet communique en tout temps la bonne humeur. Présente à Abidjan dans le cadre des Awards du couper-décaler, où elle a fait office de MC, la voix suave sur l’émission Couleur Tropicale a bien voulu se confier à Top Visages.

• Les médias, c’est une passion pour toi ?

- A la base, j’avoue que les medias ce n’était pas quelque chose d’évident pour moi. Mais je suis une personne qui aime transmettre les choses. La radio et la télé sont des outils intéressants pour transmettre. 

• Animatrice, journaliste, manager d’artistes et productrice, tu arrives à gérer toutes ces choses à la fois ?

- (Rire) C’est une question d’organisation. Je ne suis pas une femme mariée, je n’ai pas d’enfants non plus. Du coup, j’ai un peu plus de temps. Je profite donc pour faire ce que je ne pourrai pas faire le jour où j’aurai une famille. J’ai 38 ans voyez-vous, je ne suis pas encore vieille (rire). 

• On pourrait un jour te voir également à la musique ?

 

- (Elle rit) Non, je ne pense pas. Ecoutez, j’ai beaucoup trop de respect pour le talent des vrais chanteurs. Etre artiste c’est vrai qu’on minimise parfois ce métier, mais c’est un talent, un don qu’on développe. Je dis souvent «ce n’est pas la peine de prendre la place de quelqu’un qui veut vraiment chanter». 

• Tu es aussi très engagée dans le mouvement Rap ?

- Il y a tellement d’injustices ici et là, le monde marche sur la tête. La différence entre les riches et les pauvres, c’est scandaleux. Il y a des artistes qui viennent dénoncer cela et conscientiser  les gens afin que le monde change. J’ai toujours envie de participer à ce combat. La musique c’est un puissant vecteur de communication. Avec la musique, tu peux faire pleurer des gens, avec la musique tu peux faire la paix. Les rappeurs sont des gens qui disent haut ce qu’une partie de la population pense tout bas. 

• Tu es très complice avec Claudy Siar. Comment s’est faite la rencontre avec Monsieur Couleur Tropicale ?

- Claudy c’est un grand frère que j’ai connu depuis plus de 20 ans. A mes débuts, j’étais plus avec les artistes en tant que productrice et manager. Quand Claudy animait sur Tropic FM il m’a donné ma chance. Il m’a véritablement appris à faire de la radio. Il m’a dit «tu as une belle voix, sois naturelle, raconte ce que tu sais aux gens». 

• Tu penses personnellement que ta voix jugée radiophonique a contribué à te propulser ?

- Cette voix que je porte, c’est une bénédiction. Quand je m’exprime que ça soit en télé, radio ou dans la vie active, les gens font beaucoup attention à ma personne. Des gens disent que j’ai une voix d’homme. Souvent au téléphone, lorsque je décroche, on me répond «Bonjour monsieur».  Et du coup, tu as la responsabilité de ne pas dire n’importe quoi. J’ai envie de m’améliorer, grandir. 

• Est-ce facile de bosser avec un monsieur comme Claudy Siar ?

- C’est facile, mais c’est une pression. C’est un monsieur bienveillant. En télé et radio, les gens ont des égo énormes. Ils sont orgueilleux. Or un monsieur comme Claudy, il est humble et cool. C’est le meilleur animateur radio que j’ai connu. Quand tu as quelqu’un qui a un tel niveau de professionnalisme, tu as tout de suite la pression. Parce que tu te dois d’honorer ce niveau. Quand je le remplace lors des émissions «couleur tropicale», j’avoue que c’est une grosse pression et un challenge positif. 

• Quel regard portes-tu sur le continent africain

- C’est un continent qui a une multiplicité de cultures. Il y a une énergie vitale qui prévaut ici en Afrique. Les gens sont proches de beaucoup de valeurs. En occident on oublie ces valeurs, on est de plus en plus seules. Tout le monde est seul avec son téléphone. Les gens mettent leurs parents dans des camps de retraite. Ici c’est le vrai retour aux sources. 

• Tu as été coptée pour présenter la première soirée des Awards du couper-décaler ?

- C’est toujours avec grand plaisir que je viens à Abidjan. J’y étais à l’invitation de Molare à qui je dis grand bravo pour le succès de la 1ère édition des Awards du couper-décaler. Franchement, ce fut un honneur pour moi de venir présenter cette cérémonie. 

• Que penses-tu du mouvement  couper-décaler ?

- C’est un mouvement très artistique qui perdure avec le temps. Le couper-décaler aujourd’hui a inspiré plein de gens dans ce pays. Il faut que les acteurs se prennent plus au sérieux, c’est tout. 

• Cette année marque les 10 ans de la mort du leader du couper- décaler, Douk Saga, quel regard portes-tu sur l’homme ?

- Douk Saga c’est une légende. Ce n’étais pas forcement un grand chanteur, mais il a réussi à imposer quelque chose de fabuleux pour la postérité qu’est le couper- décaler. 

• tu aimes beaucoup le Noussi ivoirien paraît-il ?

 

- (Elle rit) J’adore le noussi de Côte d’Ivoire. Mon amie Nash me l’apprend par moments (rire). Le Noussi c’est comme le verlan en France. C’est un langage et une culture qui véhiculent beaucoup de choses. A l’époque, c’est Bony de Ras qui me l’a fait découvrir à Paris. J’aime quand un peuple se réapproprie sa propre culture. 

• Ok, on en vient à toi. Quel genre de femme es-tu ?

- Je suis quelqu’un de très sensible et émotive. Je suis en même temps une fonceuse. Je ne suis pas une go choco comme on le dit ici chez vous ici à Abidjan (rire). Tout ce que je possède aujourd’hui, je me suis battue pour l’avoir. Ce que j’ai obtenu, c’est par la force de mon travail. Je suis quelqu’un de très optimiste et joyeuse. 

• Mariée, un cœur à prendre ?

- Non je suis célibataire sans enfant. Mais je suis une femme difficile.

• Difficile ?

- On dit souvent «Mieux vaut être seul que mal accompagné». J’aimerais avoir un mari, et des enfants. Si je n’ai pas trouvé la personne qui me convient, pourquoi me marier et y faire des enfants ? Je ne veux pas laisser la société me mettre la pression. Beaucoup de gens sont mariés pour ne pas être seuls. A mon niveau, c’est compliqué mais ce n’est pas explicable. Peut-être qu’une femme comme moi, ça fait peur aux hommes. Peut-être que ça ne les rassure pas. Il y a beaucoup de gens qui sont en couple, mais qui sont très malheureux. J’espère qu’un jour je trouverai le prince charmant.

 

Par  Inzah D.

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