Shelby Florent: “Les Nigérians n’ont pas de public en Europe”

Write on Friday, 18 November 2016 Published in Causerie Read 272 times
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En Europe, Shelby Florent fait partie des promoteurs ivoiriens qui ont réussi à se bâtir une  notoriété dans le milieu du show-biz. Et c’est depuis 2006 qu’il s’est lancé dans cette aventure avec sa société ‘’Shelby Productions’’. Aujourd’hui au Danemark, son festival ‘’Waka waka’’  est une référence. Il envisage d’ailleurs une édition ivoirienne. Dans cette causerie, Shelby se dévoile.

• Qu’est-ce qui amène Shelby à Abidjan ?

- Je suis là dans le cadre des activités professionnelles. Récemment j’ai permis à l’artiste Malgache Tence Mena de découvrir la Côte d’Ivoire. Elle reviendra pour un spectacle dédié à la communauté malgache et des show-cases. Je vais véritablement lancer la promotion du single ‘’Tu me casses les tympans’’ d’Elody, la star Karaoké 2015 que j’ai produite. Maintenant que son clip-vidéo est déjà prêt,  nous allons passer à sa campagne de promotion. En plus de cela, je viens de finaliser des contrats avec des artistes ivoiriens pour une série de spectacles en Europe. Avant la tournée européenne du groupe TNT, je lance ‘’TNT Abidjan clubs tour’’. Et je compte ouvrir une salle de spectacle avec certains de mes partenaires européens. 

• Et tes activités au Danemark ?

- Tout se passe bien. Ma structure ‘’Shelby Productions’’ fait tourner actuellement le groupe Too Fan pour 12 concerts. Ils ont débuté depuis le 22 octobre dernier pour boucler le 17 décembre à Paris. Après l’étape ’Waka Waka 2017’’ au Danemark, le festival se déplace en Côte d’Ivoire dans la ville de Bouaké. J’ai déjà mis un comité d’organisation en place pour la coordination de l’évènement qui aura lieu dans le mois d’août. Et par la suite, le festival ‘’Waka Waka’’ sera un évènement tournant en Afrique. 

• Pourquoi les artistes sont-ils de moins en moins présents à tes évènements ?

- En fait, mon constat est que les artistes ivoiriens ne sont pas déterminés à aller loin dans leur carrière. Plusieurs d’entre eux se contentent du succès local. Alors que je pense qu’ils peuvent gagner en exportant leur carrière. Cela me rend  souvent triste de savoir qu’ils n’ont pas une grande vision de leur talent. Parce que le tout n’est pas de chanter, mais il faut savoir rentabiliser cette potentialité. C’est pourquoi, je préfère travailler avec les artistes d’autres pays. A telle enseigne que des gens pensent que je ne suis pas ivoirien. Et je me sens d’ailleurs mieux avec les chanteurs anglophones. Avec eux, j’ai appris des choses je leur ai apporté également mon expérience. Heureusement, certains artistes ivoiriens ont compris et commencent à se mettre au travail. 

• L’expérience avec les artistes ivoiriens t’a laissé un mauvais goût ?

- Au départ, un peu oui. Mais les choses commencent à rentrer dans l’ordre. Ma porte leur est toujours ouverte pour d’éventuelles collaborations. Sinon, je garde un bon souvenir des spectacles que j’ai organisés pour Espoir 2000, Les Patrons, David Tayorault, Alpha Blondy, Magic System, Ismaël Isaac... 

• Quelle a été ton plus grand évènement jusque-là ?

- Bêh, je pense avoir réussi tous mes concerts au Danemark avec la plupart des stars de la musique africaine. Je cite entre autres Alpha Blondy, Magic System, Awilo Longomba, Fally Ipupa, Ofori Amponsah, Eddy Kenzo, J Martins… Très prochainement, je vais organiser les spectacles de P Square, Davido, Wizkid. Mais je suis en négociation avec eux parce qu’ils demandent des cachets exorbitants à hauteur de 50, 80 voire 100 mille euros. Malheureusement, ces artistes confondent les Etats-Unis, l’Afrique et l’Europe. Or dans le milieu du show-biz en Europe, aucun promoteur n’a pu rentrer dans ses fonds avec un artiste nigérian. Nous avons organisé des séries de spectacles avec certains de ces chanteurs. C’est presque dans des salles vides qu’ils ont joué. Parce qu’en toute franchise, ils n’ont pas de public européen. Seulement, leur musique est jouée dans les boîtes de nuit africaines et dans l’euphorie les gens dansent. Ils pensent que c’est un acquis. Je dis non car ce sont deux choses différentes. Le show des night-clubs n’a rien à voir à celui d’un concert. (Il monte le ton)Le public qui vient à mes concerts n’est pas uniquement de la diaspora africaine, j’ai une forte partie d’Européens présents à mes différents évènements. Donc, je dois être rigoureux dans le choix des artistes qui doivent se produire. 

• As-tu un mauvais souvenir d’un tes concerts ?

- C’est le spectacle que j’ai organisé le 21 décembre 2008 avec Magic System. Il y a eu un mort dans le public. C’est un spectateur qui a été poignardé à la suite d’une bagarre. ça a été vraiment pénible et douloureux pour moi. L’incident s’est produit 5 minutes après le début de la prestation de Magic System. Les spectateurs ont demandé à être remboursés. Et je l’ai fait sans discuter. Ensuite, j’ai payé la totalité du cachet des chanteurs. L’autre coup dur, c’est  le concert des Patrons au Cabaret Sauvage à Paris. J’ai investi près de 21 mille euros et je n’ai rien perçu. J’ai été profondément déçu des certaines personnes misent au-devant de l’organisation  qui m’ont grugé.  

• Que penses-tu de tes collègues promoteurs ivoiriens ?

- Il y a un aventurier parmi nous dont je tais le nom mais qui se reconnaitra. Mais les autres, je leur conseille plus de professionnalisme. Les artistes qu’ils déplacent doivent être bien logés, nourris et leurs cachets convenablement payés. Et c’est le sérieux  de Shelby Productions avec les chanteurs qui fait que je ne cesse d’être sollicité pour le booking. J’organise des spectacles et j’assure le management de plusieurs stars à l’échelle internationale telles que Too Fan, J Martins et TNT... Donc si nous sommes nombreux dans le milieu, c’est la musique africaine qui gagne.

 

Par Charly Légende 

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