Bebi Philip : “Arafat est un ambianceur”

Write on Monday, 21 November 2016 Published in Entrevue Read 1127 times
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Avec ses hits à, il fait partie des chanteurs couper-décaler qui ont la côte auprès du public. Personnage d’ordinaire réservé et peu bavard, Bébi Philip se lâche dans cette entrevue. Son clash avec Arafat, la gueguerre Molare-Lino Versace, la relation artistes- arrangeurs et artistes-promoteurs, l’arrangeur-chanteur en parle sans détours. Et lève un coin de voile sur sa vie privée.

• Tu es parti du studio d’Ahmed Sylla pour ouvrir le tien ?

- Pas du tout. Je n’ai pas abandonné le studio de Sylla, j’y bosse toujours. Ce studio est simplement plus commercial. Celui que j’ai ouvert il y a quelque temps à la Riviera, je l’ai fait pour moi-même. C’est pour travailler sur mes propres sons et ceux des artistes de mon écurie. Dont Tour de Garde, Revolution, Imilo, Francky Dicaprio, Kérozen Dj…

 

• Tu as aussi créé ton label de production ?

- Oui, le label c’est BBP Records. On fait de la production, du coaching artistique, on donne des directives. On dirige l’artiste, on l’aide afin que ses sons soient joués en radio, vus à la télé et sur le net. On lui donne en un mot une visibilité. On s’implique véritablement dans la carrière de l’artiste.

 

• Tu passes plus de temps en studio ?

- Souvent, mais je sors quand même chercher l’inspiration en ville, c’est important. Mais c’est compliqué de sortir beaucoup, vu que je suis non seulement arrangeur, mais aussi chanteur. J’ai arrêté depuis un moment de bosser la nuit, c’est vraiment épuisant. Pour moi, le studio, c’est désormais les après-midi. Il faut avoir aussi le temps pour la petite famille.

 

• Qu’est-ce que ça te fait quand on t’appelle l’arrangeur au doigté recherché ?

- (Il sourit) C’est un plaisir. C’est la preuve que ce que je fais est apprécié. C’est pour toutes ces raisons que je dis toujours que je ne peux pas mettre un terme à ma carrière d’arrangeur. C’est ma passion  première. Je suis devenu aujourd’hui une machine à hits.

 

• Tu fais rarement arranger tes sons par d’autres arrangeurs ? 

- Ça dépend de ce que recherche. Je l’ai fait une seule fois, sur ma chanson «Espoir», qui a été arrangée par Champi Kilo. C’était une chanson couleur congolaise et sur ce genre de beat, Champi est le meilleur.

 

• On dit aussi que tu es le meilleur arrangeur couper-décaler ?

- Je pense que c’est tout simplement parce que j’arrive à satisfaire ceux que j’arrange.  Ça me donne aussi envie de faire plaisir aux mélomanes. Ma musique, je la fais pour tout public. J’essaie de toucher tout le monde.

 

• On reproche aux arrangeurs de la nouvelle génération de ne faire que du couper-décaler ?

- Le couper-décaler, au-delà d’être une musique, est un esprit. J’ai été catalogué pour avoir fait les succès des artistes comme Molare, JJK, Kedjevara, Venom… Sinon, j’arrange d’autres musiques.

 

• C’est vrai que ça coûte cher tes arrangements ?

- Oui, ça coûte cher parce que c’est recherché. Je fais partie des arrangeurs les plus chers de la place. Je connais ma force de frappe. Quand je fais des sons, ça plaît. Je prends souvent 10 jours pour faire un beat.

 

• Un moment, des arrangeurs se plaignaient de certains artistes couper-décaler car ils faisaient tout le boulot ?

- C’est vrai. Mais Il faut dire qu’aujourd’hui il y a un changement. Si je me tape tout le boulot sur ta chanson, c’est clair que sur les droits je vais récupérer beaucoup. Cela amène maintenant les artistes à faire un peu plus d’effort.

 

• Si un jour tu devrais être amené à choisir entre l’arrangement et la musique ?

- Je choisirai sans réfléchir l’arrangement, parce que c’est ma passion première. Si j’avais plus de temps je ferais des compositions. Mais les fans au niveau musical me réclame tellement que je ne peux pas m’amuser à ne pas sortir au moins une chanson chaque 6 mois. 

 

• Es-tu personnellement satisfait de ton dernier concert au Palais de la culture 2015 ?

- Oui, je suis satisfait du rendu musical. Il y a eu des bobos au niveau de l’organisation. Je crois que les gens sont partis satisfaits du spectacle.

 

• Tu viens de lancer un nouveau concept ?

- Je fais désormais du décaler-tone. C’est un style musical basé sur la danse-hall. Un feeling dans lequel tout le monde se retrouvera. Mon prochain album, ça sera une œuvre d’une dizaine de titres.

 

• A quel niveau situes-tu aujourd’hui ta carrière ?

- Je deviens de plus en plus professionnel. Il faut dire qu’il y a plein de choses que je ne savais pas. Je fais aujourd’hui de la production artistique, ce sont des choses qui sont dans l’évolution de ma carrière.

 

• As-tu prévu des feats au niveau international ?

- Tout à fait. Nous avons prévu ça dans notre programme. Mais on va tout doucement. Quand tu dois collaborer avec une star, ce n’est pas toujours facile. Nous sommes dans la patience, il y a des collaborations au niveau du Nigeria, du Ghana, de l’Ouganda.

 

• Lino Versace a clashé récemment Molare sur l’organisation des Awards du Couper-décaler, dans lequel il a dit ne pas se reconnaître. Qu’en penses-tu ?

- Chacun a ses raisons. Si ça clashe et ça boue entre les deux, c’est peut-être parce qu’ils ont des antécédents. Je ne veux pas rentrer dans des choses que je ne maîtrise pas. Je ne connais pas la base de cette affaire. Je ne peux pas me prononcer là-dessus.

 

• Comment vois-tu l’évolution de la musique Couper-décaler?

- Il y a eu beaucoup de progrès, il faut qu’on se serre les coudes pour aller de l’avant c’est tout. Si les grosses têtes sont toujours là, c’est que les choses se passent bien.

 

• Des artistes ivoiriens se plaignent de plus en plus des promoteurs locaux qui sont prêts à faire signer des cachets faramineux aux artistes venant d’ailleurs au détriment des artistes locaux ?

- C’est une manière de dire aux artistes ivoiriens d’être beaucoup plus internationaux et aussi professionnels. Ça doit amener les artistes ivoiriens que nous sommes à travailler davantage.

 

• Depuis un certain temps il y a une guerre entre toi et Arafat, quel est le problème véritable entre vous ?

- (Il remue la tête) Je n’ai aucun problème avec un chanteur ivoirien. Arafat lui, il est là pour animer le show-biz. Lui, il n’aime pas quand tout est calme, il aime bien quand ça boue. Moi je ne rentre pas dans ça. Je ne lutte pas de places avec quelqu’un non plus. Si je luttais une quelconque place j’aurais arrêté les arrangements. Je ne cherche pas être coûte que coûte le numéro 1. C’est moi qui fais les numéros 1. Quand vous prenez 50 pourcent des succès couper-décaler, Bébi Philip y a sa main. Je ne cherche donc pas à être n°1, c’est moi qui fabrique les autres.

 

• Comment expliques tu qu’il s’acharne alors sur ta personne ?

- C’est peut être parce qu’il a peur de moi, il a peur de mes hits. Comme on le dit «On ne lapide que l’arbre qui porte des fruits». Je produis des super beats, il le sait.

 

• Penses-tu donc qu’il est jaloux de toi ?

- Je ne sais pas, parce que lui il attaque tout le monde. C’est un gars qui met le feu, il envoie des flèches aux gens quand il veut. Un moment c’était avec Dj Lewis, Francky Dicaprio, Serges Beynaud et qui sais-je encore. Aujourd’hui c’est moi, qui suis sa cible. Moi je ne m’attarde pas sur les provocations. Arafat, c’est un ambianceur.

 

• Comment vois-tu cela ?

- Moi je suis serein dans mon coin. Ça dépend des flèches qu’il lance et à qui il les lance.

 

• S’il te clash ?

- La machine à hits, Bébi Philip n’est pas dans les clashes. Si Arafat s’amuse à me clasher, ça va être chaud sur lui. Parce qu’il sera bombardé de lyrics. C’est ma musique qui va contre-attaquer.

 

• Et lorsque vous vous retrouvez dans le milieu ? 

- Je le répète, je n’ai aucun problème avec mes collègues artistes. Pourquoi détester son ami. Quand on se croise Arafat et moi, on se salue et chacun est dans son coin. Je suis l’artiste du peuple, je n’ai pas de problème avec quelqu’un.

 

• Ok. Qui partage  la vie de Bébi ?

- (Il réfléchit) C’est la prunelle des mes yeux (rire). Je suis un cœur déjà pris.

 

• Comment réagis-tu devant une fan qui te drague ?

- Les tentations, écoutez nous sommes des hommes hein. il y a des moments où c’est plus fort que toi (rire). Voila, quand ça arrive «on se laisse». (Rire).

 

 

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Par Inzah D.