Lino Versace : Il crache ses vérités à Molare

Write on Wednesday, 30 November 2016 Published in Entrevue Read 1224 times
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Le boucantier de la Jet Set, Lino Versace, est installé à Paris, où il mène sa carrière. Très remonté ces derniers temps contre l’organisation des Awards du couper-décaler, Alain Yoro (son nom à l’état civil),  assène ses 4 vérités dans cette interview à son condisciple de la Jet Set, le Molare. Il accuse de vouloir s’accaparer le mouvement couper décaler.  Le chanteur qui revient sur la scène avec «C’gâté», se prononce sur l’environnement actuel du couper-décaler, de la Jet Set. Et ne manque pas de rendre hommage à leur mentor Douk Saga. 

• Quelle est ton actualité ?

- Je suis en ce moment en pleine promo de la sortie de mon nouveau single “Demain C’gaté”. Le clip réalisé au Cameroun est actuellement visible sur youtube, ma page facebook et sur mon site internet. 

• Tu es de moins en moins visible à Abidjan ?

- Oui, parce que je vis à Paris avec ma famille. A côté de la musique, je possède aussi d’autres activités professionnelles. Mais la musique reste ma passion première !Même si je ne suis pas souvent au pays, Abidjan est dans tout ce que je fais, musicalement notamment. Peu importe où l’on vit quand on est ivoirien et de surcroit Abidjanais, on a Babi dans la peau !! 

• Donc ta base c’est Paris ?

- Je suis obligé de vivre à Paris par rapport à mes engagements professionnels.J’ai une société d’informatique et je suis manager d’un club de foot-ball. Je manage une structure d’agent de football. Je suis également responsable dans une église à laquelle j’appartiens . 

• Que réponds-tu à ceux qui avancent que Paris est le cimetière des artistes ?

- Quoi ! Je n’y crois pas. Comment Paris, capitale mondiale de la culture, peut être le cimetière des artistes ? Non ! La preuve en est que le couper décaler y est né ! Et 10 ans après le couper décaler a une influence dans l’industrie musicale africaine avec Mokobe , Maitre Gims , Black M et bien d’autres. Ces chanteurs français d’origine africaine ont réussi à créer un nouveau genre musical entre le rap et la musique africaine qui s’appelle l’Afro trap. Ils font salle comble à Abidjan ou ailleurs en Afrique !!

• C’est le grand retour de Lino avec ce nouvel opus “C’ Gâté”, pourquoi le choix de ce titre ?

- Oui, c’est un grand retour médiatique certes ! Mais vous savez, quand on est artiste, on l’est 365 jours par an, 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Il y a plusieurs phases dans la vie d’artiste : la réflexion, le travail, les ajustements et puis la finalisation de votre produit et sa médiatisation. Dans la chanson «Demain c’ gâté», l’amour est à l’honneur mais dans une ambiance festive et rythmée par une belle chorégraphie. Car la danse est une autre de mes passions. Elle raconte l’histoire d’un couple qui se sépare à cause de l’orgueil. Cependant, l’homme décide de faire profil bas et ravaler sa fierté. Pour adresser une déclaration d’amour à sa chérie et l’inviter chez lui, car «Demain c gâté». Par ailleurs, il y a trop de division et de guerre dans le monde. J’ai voulu à travers cette chanson inciter les gens a l’amour, pas à la guerre. 

• Quelle est la particularité de cette nouvelle galette ?

- La particularité de cette galette reside dans la musique qui est ouverte. Les textes sont hyper sensés. Les musiciens et les techniciens du studio ont été très performants. J’ai eu la chance de travailler avec les meilleurs en ce moment en France. 

• Penses-tu que ce nouvel opus relancera ta carrière ?

- Ce single sera bien perçu par les médias et les mélomanes. Pour relancer ma carrière, je pense que c’est Dieu qui donne le succès. 

• De Paris, quel regard portez-vous sur le show-biz à Abidjan ?

- Pour moi le show-biz ivoirien a un potentiel énorme et beaucoup de qualités artistiques et musicales. Mais les artistes manquent de suivi et d’encadrement pour être professionnels et vivre de leur art. 

• Comment juges-tu l’évolution du couper-décaler ?

 

- Le couper-décaler a beaucoup évolué, je suis fier de ces artistes qui tiennent le flambeau mais il y’a encore un problème de structure et d’organisation. 

• Quel regard portes-tu sur la nouvelle génération couper- décaler ?

- Je trouve que parmi eux, rares sont les artistes qui sortent des albums. Et je trouve ça dommage. C’est peut-être un manque de budget, je ne sais pas. Ou un manque de vision. Mais c’est un style musical jeune, donc il faut du temps et il doit y avoir un renouvellement. La base est là, mais le couper- décaler doit évoluer dans le bon sens du terme. 

• On en vient à toi, à quel niveau situes-tu ta carrière ?

- Ma carrière est a un niveau normal. On n’a pas besoin forcement de sortir des chansons tout le temps pour exister dans la musique. On a des grands frères comme Gadji Céli, Ismaël Isaac qui mettent près de 10 voire 14 ans avant de sortir des nouvelles chansons. Cela n’empêche pas qu’ils donnent des concerts partout dans le monde. 

• Que devient votre mouvement, La Jet Set ?

- La Jet Set reste le mouvement père du couper-décaler, maintenant au fil des années, les ambitions et les projets de chacun sont différents. Mais nous restons tous membres de la Jet Set. 

• A ce jour, tu te reclames encore de la Jet Set ?

- Je suis membre de la Jet Set, puisque c’est par la Jet set que j’ai été connu.  Maintenant si vous avez une autre Jet Set qui a été créé à mon insu, je ne sais pas. 

• C’est qui aujourd’hui le vrai patron du couper-décaler ?

- Le couper-décaler n’a jamais eu de patron. Il y a des périodes dans la vie où l’étoile de chacun brille. Cela ne fait pas de toi un patron. Un patron c’est celui qui embauche quelqu’un et lui donne un salaire et des instructions. Mais à ce que je sache, les artistes couper-décaler sont indépendants. 

• Molare se proclame le boss du couper-décaler, qu’en dis-tu ?

- Quand on est leader naturel, il n’est pas nécessaire de s’autoproclamer ! C’est le public qui juge et qui vous donne la légitimité, rien d’autre ! 

• Il y a eu dernièrement le 10ème anniversaire de la mort de Douk Saga, comment as-tu vécu l’événement ?

- 10 ans, le temps passe vite. Vu mes relations, mon amitié avec Douk Saga, l’anniversaire de sa mort est toujours un moment particulier pour moi. C’est assez intime. Il incarne l’un des symboles marquants du couper-décaler. Il y a eu un avant et un après Douk saga. 

• Vous n’étiez pas à Abidjan pour célébrer avec les autres ce 10ème anniversaire ?

- Vous savez encore une fois, rendre hommage à quelqu’un ne nécessite pas forcément d’être présent physiquement à Abidjan. Chaque fois que je viens à Abidjan, je le célèbre à ma manière. D’ailleurs j’ai participé à des soirées hommage a Douk à Paris et au Maroc. 

• Pourtant, semble t-il, tu as claqué la porte et décliné ta participation à cet événement ?

- A propos des Awards, sauf erreur, je n’ai jamais été contacté directement par l’un des organisateurs. J’estime que c’était le minimum. Et je ne voulais pas voir mon image associée à un événement dont je ne connaissais pas les tenants et aboutissants. 

• Tu as crié haut et fort qu’on n’associe pas ton image à cet événement ?

- Oui, car par respect, on aurait pu chercher à savoir si j’étais disponible ou intéressé. Cela n’a jamais été le cas. 

• Tu as même estimé que la démarche des organisateurs n’était rien d’autre qu’une entreprise d’escroquerie et d’arnaque ?

- No comment ! 

• Tu t’es vraiment senti vexé d’être logé dans la catégorie des meilleurs artistes de la diaspora ?

- Je ne me suis pas senti vexé, mais j’estime qu’on doit nous informer et nous donner les critères de nomination. Bref, pour moi tous ces artistes ont du talent et méritent d’avoir leurs prix.

 • Que reproches-tu fondamentalement à Molare ?

 

- Il sait très bien ce que je lui reproche. Mais je ne veux pas rentrer dans les clashs. J’ai d’autres responsabilités qui ne me permettent pas de rentrer dans les polémiques. Et je préfère ne pas en parler parce que j’ai aussi le droit d’avoir d’autres activités en dehors la musique. 

• Y a t-il comme le disent certains, un problème de leadership entre vous et le Molare ?

- Le leader, nait leader et ne  s’autoproclame pas. Il n’y a pas d’école pour être leader. Les leaders naissent avec leur charisme. Donc a vous de deviner qui peut l’être ou qui est le leader. 

• Tu as eu échos de la cérémonie des Awards et du concert hommage à Douk Saga à Abidjan et à Bouaké ?

- J’ai eu des échos de ces concerts. Il y a un adage qui dit : «Quand tu t’abaisses pour regarder les fesses de quelqu’un, sache que l’on regarde les  tiennes».

 

Par Inzah D.

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