Christy B : “Je veux revolutionner le show-biz”

Write on Monday, 05 December 2016 Published in Entrevue Read 982 times
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Le disc-joker Christy B fait partie de la première génération de chanteurs couper-décaler qui ont fait danser les mélomanes ivoiriens au milieu des années 2000. Le ‘’Champion d’Afrique’’ est désormais basé en France où il est devenu promoteur de spectacles. Dans cette entrevue, l’artiste parle de sa nouvelle activité, sa carrière musicale et dévoile son combat pour les artistes ivoiriens.

 • Tu viens rarement à Abidjan ? Y a-t-il uneexplication ?

 

- Oui, c’est vrai que cela fait un bon bout de temps je ne suis pas arrivé à Abidjan. Mais c’est parce que j’ai beaucoup d’activités en France qui me prennent du temps. Mais rassurez-vous, tout va bien par la grâce de Dieu. Et je suis toujours dans le show-business. 

• Quel est ton actualité ?

- D’abord, je suis devenu promoteur de spectacles. Et je suis déterminé et décidé à réussir dans ce domaine comme je l’ai fait dans la musique. Présentement, j’organise une série de spectacles en France avec Kedjevara et son danseur Terminator 45. Il y a quelques semaines que la tournée a débuté à Nice, Lyon et dans plusieurs night-clubs parisiens. Le samedi 26 novembre, Kedjevara va prester à l’occasion de l’ouverture officielle du Magnum discothèque à Paris. Lorsqu’il a signé avec moi pour la tournée, beaucoup de choses lui avaient été dites me concernant. Mais une fois ici, il a compris que je ne suis pas ce que les gens ont raconté sur moi. J’organise également des soirées de danses. Déjà je fais tourner Alaingo et Ordinateur qui sont des ex-danseurs de Debordo et Arafat. Après cela, je prépare l’édition 2016 du ‘’Spectacle Rires et Chansons africaines’’ (SIRCA) et bien d’autres évènements. J’ai décidé avec ma structure Europafrican-Events d’apporter mon soutien aux artistes en organisant des spectacles en France. Parce que je ne peux pas admettre que sur l’ensemble des chanteurs de la Côte d’Ivoire, particulièrement du couper-décaler, il n’y ait que

3 ou 4 qui se produisent régulièrement en Europe. Mon but, c’est de donner la chance à tous les chanteurs de venir valoriser aussi leurs talents en Europe. 

• Penses-tu avoir fait un bon choix en te lançant dans l’organisation des spectacles?

 

- Pourquoi pas ? Je n’ai aucun regret d’avoir fait ce choix. Je suis déterminé et je sais que j’y arriverai. Et personne ne pourra freiner mon élan malgré toutes les méchancetés de certains artistes et de mes confrères promoteurs. 

 

• Est-ce la fin de ta carrière musicale ?

- Non, ma carrière n’a pas pris fin. Je viens de faire un featuring sur le nouveau single intitulé ‘’Doni Doni’’ d’Antoinette Allany. Je suis toujours inspiré. J’ai la musique dans le sang. Et je ne force pas pour composer mes chansons ou pour trouver des concepts. Mes proches savent que je continue de donner des concepts à mes jeunes frères artistes. Et je suis toujours le champion d’Afrique.  J’ai inspiré plusieurs chanteurs couper-décaler de la nouvelle génération. Je ne vais pas entrer dans les détails pour ne pas créer des polémiques avec certains qui tiennent le mouvement couper-décaler aujourd’hui. Mais ils se reconnaîtront dans mes propos, parce que je ne suis pas méchant. Même s’ils se sont servis de moi, pour atteindre ce niveau, c’est aussi une fierté pour moi.  Moi j’ai simplement mis ma carrière en veilleuse au profit d’autres activités. Avec des professionnels du show-biz africains tels que Consty Eka, Illare Blanchard et d’autres personnes dont je tais les noms. Je viens de monter une structure à Abidjan, avec un studio d’enregistrement, une régie de réalisation vidéo, de management et de booking en Europe. Je veux révolutionner le show-biz africain en France.  

• Penses-tu dorénavant avoir le temps pour ta carrière avec tes occupations de promoteur et de producteur ?

- J’ai plus de 15 ans de carrière dans le couper-décaler. Et je n’ai pas encore arrêté de chanter. Ma carrière est juste en stand-by pour une nouvelle aventure. Nous devons être solidaires pour sauver la musique ivoirienne en France. Je fais ma part pour tendre la perche à certains artistes afin qu’ils atteignent leurs objectifs.  Je ne dis pas que j’ai suffisamment d’argent, mais je veux partager le peu que j’ai avec mon prochain. Déjà dans les débuts de ma carrière, j’ai produit des artistes tels que  Toyou, Les Manou Chocs, etc. C’est donc un choix que j’ai fait d’aider les autres artistes. Je ne regrette rien de cela. Avec mon succès, j’ai pu parcourir plusieurs scènes sur le continent africain et également en Europe. Donc, ce n’est pas parce que j’ai échoué dans la chanson que je me suis lancé dans la production ou dans la promotion de spectacles. Bien au contraire, je veux acquérir une autre expérience. La musique se fait par génération. Dans mon nouvel album, je ne ferai plus l’ancien couper-décaler avec lequel les mélomanes m’ont connu. Je vais plutôt innover avec d’autres genres musicaux. C’est une surprise que je réserve aux mélomanes. 

• D’où vient le financement de tes productions et les spectacles que tu organises ? 

 

- (Rire) Il y a très longtemps que je me suis préparé avant de me lancer dans mes différents projets. J’ai les moyens de ma politique. En peu de temps, j’ai fait mes preuves. Je ne peux pas m’engager dans un projet sans savoir où trouver les moyens financiers pour le réaliser. Actuellement, je suis en négociation avec certaines structures de communication et d’évènementiels qui veulent être mes associés.  

• Quels sont les artistes de ta structure ?

- Je suis ouvert à tous les artistes ivoiriens. Pour l’instant, je travaille avec Dj Bombastik, Lato Crespino, Lamine TPJ et Sonia la Merveille, l’une de mes anciennes danseuses qui a sorti récemment un single ‘’Copier-coller’’. Je compte aussi dans mon écurie le Prophète Pierre Anoh, Gohou Michel, Nastou, Roland Le Binguiste et Manu TGV. J’ai aussi un partenaire, Adama Dada’s au Burkina. Il me permet de travailler avec des artistes burkinabè tels que Imilo Le Chaneux, Dez Altino, Tina La déesse et Floby. Au Cameroun, je bosse avec Franko. Très bientôt, je vais déplacer les orchestres de musique Akyé pour une série de spectacles en France. 

• As-tu oublié tes anciens amis du groupe la Kmora ?

- (Sa mine change) Non, je ne les ai pas oubliés. Mais je n’ai pas créé ma structure pour faire plaisir à quelqu’un ou pour qu’elle soit un lieu ou une occasion de retrouvailles. Mon objectif est d’aider les artistes qui savent ce qu’ils veulent. Et qui veulent vivre de leur art. Alors pourquoi voulez-vous que je fasse appel à des amis ? Ce n’est pas possible. 

• N’est-ce pas parce que vous vous êtes séparés en queue de poisson?

- (Il monte le ton) Je le dis et je le répète, ma structure Europafrican-Events n’est pas un lieu de retrouvailles. Je suis un homme d’affaires. Et je ne joue pas avec mon travail. 

• Quel est ton avis sur le nouveau style couper-décaler ?

- Aujourd’hui, les mélomanes sont départagés sur le couper-décaler. Il y a une génération qui préfère les artistes Christy B, Dj Jacob… Et il y a une autre génération qui préfère le couper-décaler où l’on retrouve plusieurs blocages. Mais ça fait partie de l’évolution du marché musical. Le couper-décaler doit aussi avancer dans le fond et la forme. Mais la nouvelle génération doit produire une musique qui peut lui permettre de percer sur la scène internationale. 

• Quelle est ta particularité par rapport aux promoteurs ivoiriens ? 

- Je fais partie des promoteurs qui respectent leurs engagements vis-à-vis des artistes qu’ils déplacent pour une série de spectacles en Europe. Je suis artiste et je ne peux pas exploiter mon collègue avec mon titre de promoteur. Ceux qui ont eu l’occasion de voyager grâce à la licence de ma structure peuvent témoigner de mon intégrité. Sans me vanter, je suis parmi les meilleurs. Désormais les artistes savent vers qui s’orienter pour leurs différentes tournées en Europe. Je ne blâme personne, mais au fil du temps les meilleurs promoteurs ivoiriens sont en train de se distinguer. La division ne nous arrange pas. Laissons tomber toutes les querelles et les problèmes de personnes. On doit plutôt s’unir pour faire avancer la culture ivoirienne. 

• Et ta vie famille ?

- Je suis marié à Elodie Hoimian. Et je suis l’homme le plus heureux.  Mes trois enfants qui étaient à Abidjan viennent de nous rejoindre à Paris. Désormais, j’ai une famille de 6 enfants. Tout se passe super bien.                  

 

Réalisée par téléphone

par Charly Légende                                                                                

 

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