Ramatoulaye, après son marriage : “Je n’ai pas trahi…”

Write on Saturday, 10 December 2016 Published in Entrevue Read 2274 times
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Il fait partie des humoristes en vogue du moment. Ramatoulaye a assurément gagné des galons à la suite de son dernier One-man- show, mais aussi le titre de meilleur humoriste de l’année. Son mariage surprise, ses récents succès, sa nouvelle carrière, le chouchou des filles de Dioulabougou en parle dans cet entretien. Sans détours.

 • Tu as surpris plus d’un en te mariant incognito le jeudi dernier ?

- J’ai voulu me marier en cachette, mais les gens sont trop forts, ils ont tout fait pour être informés à temps. On a voulu le faire de manière restreinte, entre les deux familles musulmanes. Mais comme Ramatoulaye est très suivi la nouvelle s’est vite propagée. Au mariage, Il y a un fan qui est venu même me dire à l’oreille «Tu pensais te cacher, mais on t’a retrouvé».

 

• Mais pourquoi as-tu souhaité le faire en cachette ?

- On a voulu faire la phase de la cérémonie traditionnelle et religieuse, d’abord dans un environnement familial, sans bruit. Et par la suite inviter les fans, amis et connaissances au mois de Janvier 2017 pour la grande cérémonie à la mairie.

 

• Les filles de Dioulabougou sont fâchées. Elles disent que tu ne les a pas invitées à ton mariage ?

- Eeeh je sais ! Si elles sont fâchées, je les comprends. Je sais qu’elles m’attendent au tournant (rire). Mais je ne les aie pas oubliées.

 

• Elles crient à la trahison…

- Il fallait que je choisisse. Ramatoulaye ne peut pas épouser toutes les filles de Dioulabougou. Elles n’ont qu’à comprendre, je ne les ai pas trahies. Je les porte toujours dans mon cœur (il sourit). Elles-mêmes le savent. «Les filles de Dioulabougou, je vous kiff, on est au kohi».

 

• Comptes-tu les convier au mariage civil au mois de Janvier prochain ?

- Attendez, on va entrer dans 2017 là d’abord. Et puis, on verra. Elles et moi, c’est ton pied mon pied (rire). Elles n’ont qu’à se préparer donc.

 

• Comment te sens-tu dans la peau de nouveau marié ?

- Je suis devenu léger tout d’un coup, voilà comment je me sens, (rire). Je n’arrive pas à croire. Le mariage, c’était un mystère pour moi. Je ne pensais pas qu’un jour mon tour arriverait. Depuis que je me suis marié on dit :

«Ramatoulaye, tu es rentré dans la cour des grands».

 

• Après ton One-Man-Show à succès au Palais de la culture, tu reçois le trophée de meilleur humoriste de l’année. Et aujourd’hui, tu te maries. Visiblement 2016, c’est l’année de ton année ?

- Tout à fait ! C’est vraiment l’année de Ramatoulaye. Le petit Ramatoulaye d’hier a réussi à remplir la mythique salle des 4.000 places du Palais de la culture. Il a été désigné meilleur menteur, pardon (il se reprend en riant), meilleur humoriste de l’année. Et il se marie après 12 ans de concubinage avec sa compagne. On ne peut que dire merci à Dieu.

 

• On en vient à ton spectacle de Septembre dernier. Tu as créé la  surprise en faisant salle comble pour ton premier One-man-show au Palais de la culture ?

- C’était la première fois qu’un humoriste arrivait à remplir autant la salle Anoumabo du Palais de la culture. Certaines personnes au début n’ont pas cru en nous. On nous disait que le spectacle était programmé en pleine rentrée scolaire et que c’était risqué. Mais on s’est entêté quand même, parce qu’on voulait relever le défi. Mon Staff et moi, on y a cru jusqu’au bout.

 

• Un évènement semble-t-il s’est produit à l’hôtel avant le spectacle. Tu t’es laissé envahir par la peur ?

- Franchement, j’étais vraiment stressé avant le spectacle. On était à l’hôtel en train de se préparer pour prendre la route du Palais de la culture, des sympathisants appellent mon staff et nous apprend que la salle Anoumabo est archi-comble. Je n’en revenais pas, je me suis évanoui. Les médecins m’ont aidé à reprendre mes esprits. Et lorsque j’ai atterri au Palais de la culture et que j’ai vu le monde fou, avec la présence des personnalités invitées dont le ministre Kandia Camara. J’ai vraiment réalisé à quel point j’étais apprécié par le public.

 

• Au lendemain du succès de ton one-man-show, il y a un fou qui t’aurait promis un portable ?

- Oui tout à fait, mais c’était un portable «bescla» (de qualité inférieure) (il rit). Ce qui m’a plu chez le fou, c’est qu’il a vraiment tenu sa parole. J’étais dans ma voiture dans la circulation il m’a reconnu. Il est venu vers moi et m’a dit :

«C’est ton ami qui t’a promis un téléphone est-ce que tu te souviens ? J’ai ton portable ici, voilà ça (rire). Je me suis dit : «Où est- ce que celui là a eu ce téléphone, mon Dieu ? (rire). Vraiment un fou qui te fait cadeau d’un portable, Ramatoulaye tu n’es pas simple, tu as des fans même parmi les fous» (rire). «Dent pourri est mieux que bouche vide». Mais le portable en question, ce que vous ne savez pas, quand tu l’allumes, il s’éteint. Et quand tu l’éteins, il s’allume, (rire).

 

• ça marche visiblement fort pour toi. Tu as même offert, il y a quelques semaines, une voiture à ton père ?

- Je ferai plus si j’ai l’occasion de le faire. Le vieux (son père) ne cesse de me bénir et de me donner des conseils utiles. Si ça va chez son fils que je suis, il faut bien qu’il en profite aussi.

 

• Depuis le succès de ton one- man-show, il parait que Ramatoulaye ça coûte cher en terme de cachet ?

- «A mesure que grandit le poussin, grandit son sacrifice». On a presté ici à Abidjan pour 15.000 Frs. Si aujourd’hui on perçoit 500.000 voire souvent 1 million, on dit merci à Dieu pour l’œuvre qui est en train de s’accomplir.  On n’est pas arrivé là par hasard. On a bataille très dur et aujourd‘hui ça paye. Par le passé on luttait pour négocier quelques cachets. Aujourd’hui ce sont les gens qui nous donnent notre facture. Je rends gloire à Dieu pour cela.

 

• Tu nous disais hors micro avoir essuyé à tes débuts certaines frustrations ?

- Beaucoup de frustrations. Ce que je n’acceptais pas, c’est quand tu es en pleine prestation, après une ou deux minutes, on interrompt ta chanson et l’animateur dit au public : «Applaudissez-le». J’ai failli à mes débuts me bagarrer avec un animateur pour ce genre de cas. Le mec en question, suspend ma prestation et fait jouer entièrement l’artiste qui m’a succédé. Je n’ai pas accepté celà. Je suis allé vers lui, je lui ai serré les cols afin qu’il me donne des explications. Il m’a dit que le temps imparti était trop court. Mais pendant ce temps, il a laissé jouer les autres jusqu’au bout.

 

• Qu’est-ce que ça t’a fait de recevoir aujourd’hui le prix du meilleur humoriste de l’année ?

- C’est une belle revanche et ça me fait énormément plaisir. J’ai eu d’autres prix, mais celui là m’a beaucoup marqué. J’ai mis ce trophée, en bonne place dans mon salon à la maison.

 

• Penses tu être vraiment le n°1 des humoristes en Cote d’ivoire ?

- Non, les gens parlent de ça ! Je ne suis pas le n°1, mais je ne suis pas non plus le dernier de la liste. Je cherche surtout à atteindre mes objectifs, je ne lutte pas de place.

 

• Tu veux donner une nouvelle dimension à ta carrière, est-ce pour cela que tu as redynamisé ton staff ?

- Ecoutez, aujourd’hui c’est le professionnalisme qui s’installe. On dit, «Qui veut aller loin, ménage sa monture». Mes managers aujourd’hui ont gagné en maturité. J’ai un attaché de presse journaliste dans un magazine ivoirien.

 

• Qu’est-ce que tu vises aujourd’hui ?

- Je vise le haut niveau. On sait d’où l’on vient. J’annonce déjà à mes fans qu’ils auront un autre One-man-show courant 2017.

 

• Et le comedy-club au niveau international ?

- Ce sont des projets à venir, bien entendu. On a conquis le cœur des Ivoiriens, il faut maintenant prendre le cœur des Blancs. Mon staff est en train de mettre tout en place pour qu’on y arrive. On est très jeune on ne va pas s’arrêter là.

 

• Tu n’as plus sorti de chanson ces derniers temps. On te voit plus jouer sur les beats des autres…

- Ecoutez, si tu dois batailler pour sortir un single et que les télés ne vont pas diffuser ta vidéo, franchement c’est décourageant. Nous, humoristes, les gens ne font pas attention à nos talents de chanteurs. Ils sont plus focalisés sur notre humour. Voyez-vous, ça n’encourage pas à entrer en studio. Mais la musique est toujours là.

 

• Quels sont tes loisirs ?

- Oh, je suis un mec très casanier. Je préfére bosser à la maison. Je suis aussi un grand fan de jeux vidéo.

 

• Tu as un faible pour les grosses cylindrées, paraît-il ?

- C’est vrai. Aujourd’hui si tu me donnes 20 millions, avant d’aller acheter une maison, je vais d’abord me procurer une belle voiture. Acheter une maison pour soi, on ne peut pas y échapper. Un jour tu auras ta maison. Un homme conscient ne va passer le temps à prendre maison des gens en location.

 

• Que détestes-tu le plus dans la vie ?

- L’hypocrisie, la négligence. Je ne joue pas avec le travail. Je suis un passionné du travail bien fait.

 

• Quel genre d’homme es-tu ?

- Je suis un homme doux amer.

 

• Ah bon ?

- Je n’aime pas les foutaises. Si je suis victime de frustration, je pete vite les plombs.

 

Par Inzah D.

 

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