Le Groupe Révolution : “Pourquoi on boit …ooh”

Write on Monday, 30 January 2017 Published in Entrevue Read 529 times
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La carrière du groupe Révolution est passée à une vitesse supérieure depuis quelques mois. La formation composée de Prométhée, Saï Saï, Zokora et Isso fait partie des groupes ivoiriens les plus sollicités du moment. Avec son album de 14 titres intitulé ‘’Overdose’’ et  les deux singles ‘’Nikina’’ et ‘’Je bois plus’’, le quatuor s’est hissé au-devant de la scène. En tête des hits des sélections musicales, les chanteurs caressent désormais le succès. Avant une prochaine tournée européenne de deux mois (mars-avril) ils se sont confiés à Top Visages dans cette entrevue. 

• Le groupe Révolution, c’est toujours l’esprit de convivialité ?

 

- Prométhée (lead vocal) : Oui, bien sûr le groupe Révolution ne se prend pas la tête, on fait la fête. Je profite de l’occasion pour souhaiter mes meilleurs vœux de paix, de santé  au groupe Révolution afin qu’on puisse sortir des tubes pour les mélomanes.

- Isso: En 2017, mes vœux, ce sont la paix, le bonheur, la prospérité,  la joie, la stabilité en Afrique.

- Zokora: Pour cette année 2017, je souhaite la santé tous les mélomanes. Que Dieu accorde l’inspiration à mon groupe pour offrir de la bonne musique à la Côte d’Ivoire.

- Saï Saï: Je souhaite la santé à tous ceux qui nous soutiennent en Côte d’Ivoire en Afrique et Europe.

 

• Votre table est garnie de bières, alors que votre chanson dit ‘’Je bois plus’’?

- Prométhée : Le titre ‘’Je bois plus’’ n’est pas une chanson pour donner conseil à qui que ce soit. Mais nous appelons plutôt à la responsabilité face aux effets de l’alcool. D’ailleurs, je vous donne la primeur de l’information, le ministère de la santé vient de faire de nous des ambassadeurs de la lutte contre l’abus de l’alcool.

 

• Est-ce après une virée nocturne que vous avez composé le titre ‘’Je bois plus’’ ?

- Non, pas forcément.  C’est notre expérience qu’on a traduit dans cette chanson. ‘’Je bois plus’’ relate la réalité de toute personne après une virée nocturne bien arrosée. A son réveil avec une gueule de bois, celle-ci peut se dire ‘’Je bois plus’’. Notre chanson est une rétrospection qui permet à chacun de se rendre compte des effets néfastes de l’alcool lorsqu’on en abuse. Et chacun est responsable de sa dose de consommation. C’est dans cette vision que le groupe a eu l’inspiration pour sortir cette œuvre. Le groupe Révolution compose ses chansons naturellement. C’est dans une ambiance joyeuse décontractée en général que nous composons  souvent nos différents titres. Nous aimons la joie, la vie, la gaîté et la bouffe. C’est pendant ces moments que nous recevons l’inspiration d’un refrain et on développe un thème.

 

• Le succès a frappé aux portes de Révolution et ça mousse pour vous ?

- Prométhée : Oui, c’est par la grâce Dieu nous sommes beaucoup sollicités en Côte d’Ivoire,  dans la sous-région, en Afrique central, au Maroc et en Europe. C’est le fruit du travail que nous abattons nuit et jour. C’est le résultat de tous les efforts consentis depuis 2009 où nous avons sortis notre premier album ‘’Amour d’enfance’’.

- Isso : (Rire) Il nous a fallu plusieurs années de travail avant que nous récoltions maintenant le fruit de notre semence. C’est vrai qu’on mousse, mais notre objectif est encore plus grand. A mi-parcours, le bilan est déjà positif mais nous visons la scène internationale. Nous voulons nous produire dans des grandes salles européennes devant un nouveau public. Nous voulons succéder au groupe Magic System.

 

• A combien de francs peut-on estimer le montant de l’ensemble de vos cachets du mois de décembre ?

- Prométhée : Hum (Il cherche). Je ne dois pas trahir ce secret de travail. Mais comme c’est Top Visages, c’est aussi la famille. Bon beh, pendant tout le mois de décembre, nous avons eu au total un montant qui avoisine 50 millions de Francs CFA.

 

• Qu’est-ce que cela vous a fait d’enchaîner des tubes ‘’Prisonnier’’, ‘’Nikina’’ et ‘’Je bois plus’’ en si peu de temps?

- C’est un travail de longue haleine que nous avons mûri depuis longtemps. Certaines personnes trouvent que nous allons nous casser la figure en allant ainsi vite, sans laisser pas le temps aux mélomanes d’apprécier une chanson et avant de sortir une autre. Mais nous n’avons pas eu tort de publier ‘’ ’Nikina’’, alors que ‘’Prisonnier’’ cartonnait. Ensuite de lancer ‘’Je bois plus’’ dont le clip est classé en tête sur plusieurs télévisions du câble.  On n’a pas peur de sortir nos œuvres. Tant que nous aurons l’inspiration, les mélomanes seront servis. Ceux qui assistent à nos spectacles peuvent témoigner, le public chante en chœur avec nous. Donc ce n’est pas un seul titre qui nous fait tourner, parce que notre répertoire est connu du grand public.

 

• Quel est le bilan de l’album ‘’Overdose’’ ?

- Isso : ‘’Overdose’’ est notre album de maturité. Parce qu’il nous a permis de mettre en exergue véritablement notre talent. Et c’est avec cette œuvre qu’on a fait notre premier concert au Palais de la culture et de nombreux concerts dans la sous-région en Afrique centrale et en Europe.

 

• D’énormes difficultés ont été signalées pendant votre concert du 6 août 2016 au Palais de la culture?

- Isso : Pour tous les désagréments survenus, nous présentons toutes nos excuses au public qui s’est déplacé massivement le 6 août 2016. Ce qui s’est passé n’incombe pas aux artistes, c’est de la responsabilité des organisateurs.

 

• Est-ce vrai que vous n’avez pas eu la totalité de votre cachet ?

- On n’a pas eu de problème de cachet. L’objectif n’était pas d’être riche après ce concert. Mais c’était de gagner le pari d’offrir un bon spectacle à la satisfaction des mélomanes qui croient en notre talent. Chose que nous avons réussie, aujourd’hui, la montée en force de notre côte de popularité est partie de ce concert. Et nous avons fait notre entrée dans l’écurie du major Sony Music qui s’occupe désormais de notre carrière.  La signature du contrat s’est faite le 16 janvier avec ses représentants à Abidjan.

 

• Qu’est-ce vous retenez de votre série de spectacles en France avec le groupe au grand complet ?

- Prométhée: C’est la réussite de notre show au Palais de la culture qui a dépeint sur notre tournée. En 2014, nous étions partis à trois mais cette fois, c’est le groupe au complet qui a presté dans des discothèques combles à Lyon, Rennes, Marseille  et Paris. C’était à l’initiative de Vino (Ex-Patrons) qui est désormais notre bookeur en Europe avec sa structure Vino Raozon culture.

 

• Quel est le spectacle qui vous a marqué jusque-là ?

- Isso : Ce sont les récents spectacles à Yaoundé et à Douala. En toute franchise, on ne pensait pas un instant avoir un tel public au Cameroun. De l’aéroport jusqu’à l’hôtel, c’était une liesse populaire. Nous avons joué à guichet fermé. Et les gens chantaient en chœur avec nous tous les titres qu’on jouait. (Le manager nous présente la vidéo).

 

• Comment gérez- vous désormais ce succès ?

 

- Prométhée : Nous vivons ce succès avec beaucoup de retenue et de réalisme. Nous refusons d’être euphoriques, on garde la tête sur les épaules. Le tout n’est pas de mousser mais plutôt de continuer à mousser. Et nous travaillons pour offrir le meilleur de notre talent aux mélomanes qui nous font confiance.

 

- Saï Saï : On n’est ni surpris ni étonnés  de notre succès, c’est pourquoi nous gardons la tête sur les épaules. C’est l’humilité qui caractérise toujours le groupe Révolution. Par la grâce de Dieu, chacun à sa petite voiture et nos parents sont fièrs de nous.

- Zokora : C’est en toute conscience que j’ai abandonné toutes mes activités pour me consacrer à la musique. Parce que j’ai des objectifs à atteindre. Donc ce n’est pas le succès qui va me perturber dans mes projets.

 

• On vous reproche d’avoir abandonné vos nanas de galère pour des Benguistes?

- Isso : Merci pour cette question pertinente à laquelle on s’attendait. Nous sommes tous jeunes. On peut avoir une brève aventure avec une fille. Mais dans le groupe Révolution, nous n’avons pas connu de go de galère. Puisqu’on était chez nos parents, donc je ne vois pas de fille qui peut lever le petit doigt pour dire que nous avons construit notre vie avec elle. Et nous l’avons abandonnée dans notre succès pour une autre plus nantie. Nous précisons que nous ne sommes pas des gigolos. Nous des gigolos, jamais ? Dans notre début, nous n’avons pas connu aussi des dames qui prenaient en compte nos différentes charges et que nous avons oubliées dans notre gloire. Aucune femme ne nous a pris en charge.

 

• Etes-vous vraiment sûr que des femmes ne vous ont pas soutenues ?

 

- Oui, nous n’avons Jamais été soutenus par des femmes. On s’est construit nous-mêmes. Notre galère, nous l’avons vécue au sein du groupe Révolution. Nous avons abandonné les études pour la musique, pendant que certains de nos parents n’étaient pas d’accord. C’est à ce moment-là qu’on devrait être logés et nourris chez des femmes. Mais rien de tout ça. Si nous avons traversé tous ces moments difficiles, ce n’est pas maintenant que nous allons être à la solde d’une femme.

 

• Que pensent vos parents de votre nouveau statut ?

- Zokora : Mon père était sévère avec moi quand il s’agissait des études scolaires. Et lorsque j’ai abandonné l’école, il s’est désengagé de mon avenir. Donc, déjà très jeune j’étais livré à moi-même.

- Saï Saï : Lorsque mon père a appris que je voulais faire de la musique, après m’avoir demandé si je tenais à de devenir chanteur, il m’a accordé sa bénédiction en disant ‘’ Si Alpha Blondy, Meiway, Magic System…ont réussi dans la musique, toi aussi tu peux réussir’’. Quant à mère, elle ne manquait pas de m’encourager, ainsi que (Dame Koué), la maman de Prométhée. C’est dans la chambre de Prométhée qu’on faisait nos répétitions et son père n’était pas d’accord. C’est sa maman qui nous défendait pour nous laisser poursuivre notre passion.

- Prométhée : Désormais, c’est un regard de fierté de nos parents. Leurs réprimandes nous ont galvanisés, pour leur prouver qu’on n’a pas choisi le mauvais chemin. Pendant les fêtes de fin d’année, nous avons comblé nos parents de cadeaux pour marquer le début de notre réussite.

- Isso : Avant les fêtes, notre manager général Patrick Odjé, qui est aussi mon frère aîné,  a fait déplacer notre mère sur Abidjan. Nous lui avons demandé le montant qu’elle voulait pour la fête. Quand nous avons donné le double de la somme, elle a coulé des larmes dans nos bras. Vraiment, c’était un moment d’émotion pour nous ses enfants.

 

• Vous êtes tous mariés, est-ce qu’un choix ou un effet de mode ?

- Ce n’est pas un effet de mode. On avait besoin de stabilité pour notre carrière. Vous connaissez les réalités du show-biz, ce n’est pas facile. Il nous fallait prendre cette responsabilité. Afin de mieux organiser une vie de famille et réaliser nos projets avec nos épouses.

 

• Quels sont vos projets immédiats ?

- Prométhée : Nous travaillons sur le nouvel album avec notre producteur Bosson Claude Mea d’Abondance Production. Le staff managérial composé de Yannick Rossi, Alex Mondo, Zola et Patrick Odjé travaillent sur les différents courriers de nombreux festivals qui nous parviennent. Au FEMUA 2017, le groupe Révolution va encore prouver ce qu’il sait faire. Nous continuons d’étudier les featurings pour lesquels les artistes d’ici et d’ailleurs nous sollicitent. Nous serons encore en concert le 6 août 2017 au Palais de la Culture et il y a d’autres surprises en vue.    

 

Par  Charly Légende                                                 

 

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