Rose Sabine : “Belles femmes, arrêtez de courir derrière l’argent“

Write on Sunday, 19 February 2017 Published in Entrevue Read 1076 times
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L’artiste-chantre Rose Sabine est désormais installée à Ouagadougou au Burkina Faso. Dans la capitale du Faso, elle a monté sa boîte de communication et d’évènementiel. Elle est aussi dans l’humanitaire. Découvrez sa nouvelle vie à Ouaga.

• Tu organises maintenant des galas caritatifs ?

- Effectivement, depuis 2014, j’ai été nommée ambassadrice de la lutte contre la drépanocytose par l’association “Joie de Vivre” basée en France. Nous agissons particulièrement pour les enfants touchés par ce mal. Je représente la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. En 2014, j’ai donc organisé un concert à but humanitaire à Abidjan. J’ai récolté des fonds qui ont servi à collecter du sang que nous avons remis au centre de transfusion sanguine. En 2015, j’ai fait une autre soirée en France. En 2016, j’ai organisé un gala à Bravia Hôtel à Ouaga précisément le 9 décembre. Dieu merci, ça a été une réussite. 

• As-tu reversé les fonds à l’association ? 

- En fait, nous ne reversons pas les fonds à l’association. Ils ont servi à acheter des médicaments que nous avons remis à l’Hôpital pédiatrique Charles de Gaulle de Ouagadougou le 23 décembre dernier. Nous avons aussi donné des enveloppes à certains parents. Il faut dire qu’en dehors des bénéfices de la soirée, nous recueillons également des dons faits par des personnes de bonne volonté. 

• Pourquoi t’engages-tu ?

- Je le fais par vocation. Avant le début de ma carrière de chanteuse, je soutenais souvent les orphelinats de Bingerville et d’Adiaké en Côte d’Ivoire, et le Rhéma au Burkina Faso quand j’y allais pour une prestation. J’ai toujours donné des vêtements à la Caritas. Je crois que chacun nait avec cette vocation de donner et de permettre à l’autre de sourire. Moi-même, je suis drépanocytaire et c’est grâce aux soins que je tiens. Ma mission est de permettre à chaque enfant de savoir qu’on peut vivre avec la maladie. Il suffit qu’on l’aide et il peut réaliser son rêve. 

• Où en es-tu avec ta carrière musicale ?

- Par la grâce de Dieu, ça avance. Certains de mes fans se plaignent du fait que je ne vienne pas trop souvent à Abidjan. Après mon Kundé remporté avec le maxi single Persévérance, j’ai sorti  un autre baptisé Consécration qui marche bien et avec lequel, je voyage beaucoup. Là, je prépare mon troisième album qu’on publiera en mars prochain. 

• Qu’est-ce que le Kundé t’a rapporté ? 

- On ne peut pas quantifier. Mais ça fait plaisir de savoir qu’on reconnait son travail. En dehors des Kundé, j’ai été nominé à plusieurs cérémonies de récompenses. La simple participation à ces awards te booste et te pousse à travailler encore plus. Moi, ça m’a encouragée à ne pas baisser les bras. Il faut  maintenant que je ne déçoive pas ceux qui ont porté leur choix sur ma modeste personne.

• De quoi vis-tu exactement à Ouaga ?

- Je vis de la musique et de mes affaires. J’ai une agence de communication-marketing et d’évènementiel. 

• Quelles sont tes ambitions sur le plan musical ?

- Je veux aller très loin. Pour moi, je n’ai encore rien fait. C’est bien beau de voyager un peu partout en Afrique et même en Europe. Mais je voudrais vraiment entrer dans l’histoire musicale et culturelle de notre continent. Je veux que plus tard, on dise voici une petite qui est en train de porter haut le nom de la Côte d’Ivoire. Mon staff et moi travaillons à ce cela. 

• Comptes-tu demeurer dans le registre de musique chrétienne ?

- Oui, oui, c’est ma voie. Et j’évolue avec trois messages : le Seigneur Jésus-Christ par-dessus tout, l’amour et l’éveil des consciences avec lequel je parle de travail, de soutien aux nations en guerre... Cependant dès que j’ouvre une lucarne sur un autre thème, cela choque des gens qui se disent je ne suis plus chantre. Au contraire, la Bible dit que toute parole qui sort de la bouche d’un Dieu, enseigne. C’est Dieu lui-même qui a créé l’amour. En 2009, j’ai sorti l’album Voies insondables. La chanson Courage femmes a été imposée à l’émission Star Karaoké de la télévision nationale ivoirienne. C’est Rose sabine. La chanson parle de la femme pudique, de la femme

d’affaires, de celle qui bouge beaucoup… Souvent elle est incomprise dans son foyer, parce qu’elle n’est pas comme les autres femmes. Quand j’ai fait le featuring avec l’artiste burkinabè Floby, ça a choqué les gens. Et pourtant la chanson parle de mariage. 

• Te définis-tu comme un chantre ou une chanteuse qui chante Dieu ?

- Je suis chantre parce que ce que je chante et j’enseigne. Mais j’essaie de ne pas me marginaliser. Alors, je participe à beaucoup de festivals non chrétiens. Je suis avant tout une chanteuse et mon équipe travaille à ce que les gens ne me marginalisent pas. On se bat seulement pour que mon message passe et qu’il touche tout le monde. Qu’on soit chrétien ou pas. 

• “Née pour te louer”, la chanson qui t’a révélée marche encore…

- Je ne sais vraiment pas quels ingrédients Dieu a mis dans cette chanson mais 12 ans après sa

sortie, elle continue de marcher. Le texte a été repris en reggae, zouk, azonto… Il y a des Dj qui ont fait des mix dessus. Je suis surprise du succès de cette chanson. 

• Toi, aussi, tu as été une surprise. Pour beaucoup, tu ne venais pas faire carrière dans la musique… 

- C’est exact. Et c’est comme ça que Dieu surprend tout le monde. Je me souviens bien qu’à mes débuts, les gens disaient que c’était à cause de mon teint ou de ma beauté qu’on m’a produite. En 2005, on a organisé un spectacle à la salle Anoumabo du Palais de la Culture. Par curiosité, les gens sont venus nombreux et on a fait le plein de la salle. Je leur dis merci. Juste pour dire que les voies de Dieu sont insondables. Moi-même, je ne savais pas que j’allais finir mes études et après évoluer dans la musique. Je fais partie des artistes qui ont subi beaucoup de calomnies et qui ont tenu. La vie est une question de vision. Il faut savoir où on va. Je tire des leçons de tout ce qui se passe autour de moi.

• En veux-tu à ceux qui te critiquaient ? 

- Je n’en veux à personne. Les gens qui parlaient mal de moi hier, parlent bien de moi aujourd’hui. Cela veut dire que c’est moi le problème. Il faut que je m’arrange à poser de bons actes. Je ne suis pas parfaite, mais il me faut savoir mettre les pieds là où il faut. 

• Etre jolie, est-ce un avantage ou un inconvénient ?

- Tout ce que Dieu a créé en nous est un avantage. Maintenant, c’est à nous de savoir utiliser cet

avantage. Notre physique attire les gens, chacun avec son idée derrière la tête. Et on nous traitera en fonction du comportement qu’on a. Aujourd’hui, on court derrière le matériel au lieu de courir derrière Dieu. Un message à toutes les femmes belles et qui se croient invincibles : il ne faut pas courir derrière l’argent car c’est Dieu qui donne l’argent et les opportunités. 

• Pourquoi le choix de Ouaga comme résidence ?

- J’avais le choix  entre le Maroc, le Nigeria et le Burkina Faso quand je postulais pour la consultance en marketing. Finalement, j’ai opté pour le Faso parce que j’y étais déjà venue plusieurs fois et j’avais rencontré des gens formidables. Il y a aussi que ce n’est pas loin de chez moi, la Côte d’Ivoire. Dieu merci, ça a marché. J’ai d’abord travaillé dans des sociétés et deux après, j’ai créé mon agence qui s’appelle D.A.C Agence. Je me suis donc installée à mon compte. Et je bosse avec des sociétés. 

• Tu t’en sors ?

- Bèh, on va bénir le nom du Seigneur parce que Dieu fait grâce. On arrive à travailler avec certaines entreprises. La preuve, on a pu faire un gala l’année dernière. Parce que les gens nous ont fait confiance. 

• Ça a été facile ton installation à Ouaga?

- Je dirais que ça a été vraiment facile, parce que moi-même je suis une personne facile de nature. Je ne suis pas compliquée, même si souvent les gens trouvent que je suis un peu nerveuse. Le fait que ne je ne sois pas compliquée m’a aidée beaucoup à m’intégrer. Quand tu viens chez des gens et tu as la grosse tête ou tu es difficile d’accès, on ne va pas t’accepter hein ! Je me suis posée là où on m’a posée (rire) et je ne me suis comportée comme il fallait. Les Ouagalais ont été sympas avec moi. Je me suis facilement intégrée. Je leur dis merci. 

• Où en es-tu côté cœur ?

- Je vis avec quelqu’un. Par la grâce de Dieu, ça va aussi de côté-là. 

• Et tes enfants ?

- Ils vont bien, eux aussi. 

• Ils sont à Ouaga ou à Abidjan ?

- Je suis une maman poule. Mes enfants sont avec moi à Ouaga.

 

Par Omar Abdel Kader à Ouaga 

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