Don Emilio, producteur: Il flingue Kiff No Beat

Write on Saturday, 04 March 2017 Published in Entrevue Read 1551 times
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C’est la guerre entre Kiff No Beat et leur producteur Don Emilio. Ils ne regardent plus dans la même direction. Après la récente sortie musclée dans nos colonnes des 5 mousquetaires de la formation rap, leur désormais ancien producteur Don Emilio sort enfin de son silence. Le patron de Da Carmen Produzione , très remonté, contre attaque. Il fait des révélations fracassantes sur ses ex-protégés. Et avec document à l’appui, il dit tout sur sa collaboration tumultueuse avec Kiff No Beat. 

• On vous confond avec uncertain Don Emilio de la Guada, pouvez-vous vous  présenter au public ? 

- J’avoue que je ne connais pas ce monsieur. J’entends parler de lui mais je ne l’ai jamais vu. Moi c’est Don Emilio tout court, patron de Da Carmen Produzione. 

• Parlez-nous justement de Da Carmen Produzione, votre structure ? 

- C’est une société légalement constituée qui a des statuts, dont je suis le seul et unique gérant. Da Carmen veut dire en Italien, Chez Carmen. J’ai choisi ce nom parce que j’ai fait l’Italie et j’ai même épousé une Italienne avec qui je bosse d’ailleurs. Da Carmen Produzione est dans la production artistique et la restauration. C’est le volet musical Da Carmen Produzione qui a produit le groupe Kiff No Beat. 

• Comment c’est venu justement, la collaboration avec Kiff No Beat ? Dites-nous votre part de vérité sur cette relation devenue très tendue ?

- Ce sont des jeunes garçons que j’ai connus en 2012 par le biais de mes deux filles métisses. A l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’une de mes filles, j’avais voulu lui offrir en cadeau la participation d’un artiste de renom. Elles m’ont dit,  Papa laisse tomber, on va faire venir nos jeunes amis rappeurs Kiff No Beat, c’est eux qu’on veut inviter». Je leur ai dit : «Ok les filles, mais je ne veux pas de petits voyous chez moi». Après la cérémonie elles sont revenues à la charge pour me dire, «Papa on souhaiterait que tu produises nos amis, ils sont en quête de producteur». 

• Quelle a été votre réaction ?

- J’ai promis à mes filles d’y réfléchir. J’avoue que j’ai beaucoup hésité parce que bosser avec des jeunes gens ce n’était pas mon truc. Mais comme j’aime mes amours de filles, j’ai accédé à leur vœu. Je leur ai demandé de faire venir ces jeunes gens afin de discuter avec eux et mieux les connaître. C’est ainsi que les 5 garçons du groupe accompagnés de mes filles sont arrivés à la maison. Ils m’ont fait comprendre qu’ils n’ont pas de producteur. J’ai insisté en leur demandant «Vous êtes sûrs que vous n’avez pas de producteur», ils m’ont répondu que non. 

• Vous avez ainsi accédé à leur requête ?

- Non, pas du tout. Comme je ne fais rien au hasard, j’ai décidé de mener ma propre enquête sur eux pour voir plus clair dans le dossier. Après plusieurs renseignements, j’ai découvert qu’ils étaient déjà lié à Ronito Production, la structure du footballeur N’Dri Romaric, qui les produisait déjà. 

• Vous avez cherché à rencontrer Ndri Romaric pour en savoir un peu plus ?

- Tout à fait. Quand j’ai découvert que Romaric était leur producteur, j’ai demandé aux jeunes gens (kiff No Beat) de me remettre son numéro. C’est ainsi que je suis entré en contact avec Romaric qui jouait en ce moment-là en Espagne. Au téléphone il m’a confirmé effectivement qu’il était le producteur du groupe. J’ai demandé s’il était prêt à céder le groupe, il n’a pas trouvé d’inconvénient. On a donc conclu l’affaire de manière sympathique. Romaric m’a fait ainsi parvenir une décharge pour dire qu’il n’est plus leur producteur, qu’il cédait le groupe. Il m’a aussi envoyé la photocopie de son passeport. C’est au vu de tout cela que j’ai décidé de produire le groupe Kiff No Beat. 

• Alors dites-nous en toute franchise, quelle était la nature du contrat que vous avez signé au début de la collaboration avec Kiff No beat ? 

- Après accord trouvé avec leur ancien producteur, j’ai signé avec Kiff No Beat, deux contrats bien définis. Un premier contrat de production exclusif. Et un autre, d’enregistrement portant sur 3 albums. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, on a fait qu’un seul album qui s’intitule «Pétards d’ados». J’ai avec moi tous les documents signés et approuvés par tous les membres du groupe. (Il sort de son sac une tonne de dossiers et présente un par un les différents contrats signés avec ses ex-poulains, Ndlr). Voici tous les documents et les contrats qui les engagent, ou leurs noms ( Bassa Zéréhoué Diyilem dit Didi B, Gnagbo Gnahoré Okou Camille alias Black K., Kouakou Jonathan, dit Joochar, Konan Franck Guy Mares dit El Jay, Nwolé Brice, alias Elow’n ) sont biens mentionnés noir sur blanc. 

• Don Emilio peut-il  nous dire à ce jour s’il se considère encore producteur de kiff No Beat ?

- Du moment où je suis sous contrats avec eux, je suis et je reste leur producteur. Je rappelle que j’ai deux contrats en bonne et due forme avec le groupe. J’ai tous les documents qui le prouvent. Je ne vois donc pas qui d’autre que moi peut se prévaloir d’être propriétaire de Kiff No Beat. 

• Mais vos ex-poulains disent ne pas vous reconnaître comme leur producteur. ?

- C’est le comportement mesquin de ces jeunes gens. Ils ont tenu une conférence de presse où ils ont raconté tout ce qu’ils voulaient sur moi. Ils n’ont jamais été capables de vous fournir, vous les journalistes, même un petit papier qui stipule que je ne suis pas sous contrat avec eux. Ils parlent dans le vide. Moi je suis serein, j’ai tous les papiers et les documents juridiques avec moi, j’ai même un avocat qui gère ce dossier depuis. Je suis un légaliste. 

• Vous avez aussi décidé de vous en remettre à la justice.

Oui, bien évidemment. Le groupe Kiff no Beat fait de l’abus et de la mauvaise foi. Vu l’allure où vont les choses, c’est la justice qui va trancher et dire le droit. Nous sommes bien dans un pays de droit. L’affaire suit son cours. J’ai aussi porté une plainte contre leur manager, un certain Johny, qui s’est permis d’utiliser l’entête de mon entreprise afin de signer des contrats avec des promoteurs étrangers, notamment au Niger. 

• Il parait que partout ou Kiff No Beat se produit, vous intervenez avec des forces de l’ordre ou encore vous menacez de traduire en justice les organisateurs ?

- Tout spectacle de Kiff No Beat sans mon autorisation est illégal, il faut que cela soit clair. Lorsque je suis informé qu’ils ont un spectacle quelque part j’avise aussitôt mon avocat qui envoie immédiatement une assignation aux organisateurs, qui sont sommés de me payer des droits. Parce que je suis le producteur légal et exclusif .C’est ainsi que j’ai procédé lorsqu’ils devaient jouer au concert de Gradur , la structure organisatrice du concert du nom de Overcom m’a payé des droits. De même pour leur dernier concert du Golf, mon avocat a fait ce qu’il y avait à faire auprès du promoteur pour que je rentre en possession de mon dû. Le show- biz nécessite les moyens. J’ai tellement investi sur ce groupe qu’aujourd’hui, j’attends un retour sur investissement. 

• Qu’est-ce que vous réclamez à ce jour à toute personne qui se dit intéressé par le groupe Kiff No Beat ?

- Je suis en contrat avec Kiff No Beat, j’attends un retour sur investissement. Ce n’est pas moi qui vais déterminer ce qu’il faut pour prendre Kiff No Beat. J’ai un avocat, qu’ils prennent attache avec lui. 

• Les gens veulent savoir ce qui vous oppose fondamentalement à vos ex-protégés ?

- Il y a un moment la structure Universal par le biais de Romain Vilar s’est dit très intéressé par le groupe. J’ai dit aux gens de Universal que s’ils sont vraiment chauds, qu’ils viennent me voir on va en discuter .Ils ne sont jamais venus. Après j’apprends que Guy Nezar, un collaborateur du même Universal a fait partir le groupe en Guinée pour un concert, et cela à mon insu. Il parait même qu’Universal avec l’accord des jeunes gens s’apprêtaient à signer un contrat de collaboration dans mon dos. Mon avocat a aussitôt envoyé un document juridique à Romain Bilal, représentant d’Universal pour lui dire que moi Emilio, suis encore sous contrat avec le groupe KIFF No Beat. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est quand je me suis farouchement opposé à ce que ces garçons n’amènent plus avec eux lors de nos tournées tout un groupe de personnes qui n’ont rien à voir avec le staff.  Pour un voyage il se permettait de faire venir une pléthore de personnes. Et ces personnes n’étaient rien d’autres que leurs petits copains, leurs copines, des body guards. J’ai stoppé tout ça parce que pour moi ce n’était pas du tout professionnel. 

• Et c’est pour cela parait-il que Didi B, le lead vocal du groupe, vous a porté main ?

- Oui, tout à fait, Didi B, ce petit garçon que j’ai entretenu chez moi quand il avait des problèmes avec ses parents m’a brutalisé ici même à mon restaurant devant des témoins. 

• Vous avez mal au cœur ?

- J’ai tout donné à ces garçons. C’est chez moi que certains parmi eux dormaient et mangeaient. Même leurs parents et certains de leurs amis venaient tous se restaurer chez moi à Da Carmen. Mieux j’avais même établi un espace VIP dans mon espace Da Carmen, exclusivement pour eux. J’ai fait bâtir et équiper un studio d’enregistrement en leur nom. 

• Vous avez même abandonné parait-il, votre boulot dans une ambassade pour vous consacrer au groupe ?

- J’ai été employé à l‘ambassade de Suisse où j’ai bossé pendant 13 ans. J’ai démissionné de mon poste pour me consacrer au groupe. Je suis choqué que l’on puisse être ingrat jusqu’à ce point. 

• Ils affirment que vous ne cessez d’insulter leurs parents ?

- Ce sont des arguments farfelus. Ils cherchent des alibis pour se justifier à chaque fois. Je n’ai rien à voir avec leurs parents. 

• Ils disent aussi que vous les traitez de drogués ?

- Ecoutez, quand on me réveille à 2 h du matin pour me dire que la police des stupéfiants vient d’arrêter El Jay et Joocha (2 membres du groupe Kiff No Beat). Et lorsque j’arrive, les policiers me disent que «M. Don Emilio, on vient d’appréhender deux de vos éléments avec de la drogue», que voulez vous que je dise ? Appelons les choses par leur nom. Pourquoi n’appellent ils pas leurs parents et c’est moi qu’on appelle. Alors que nous ne sommes pas dans le cadre du travail. 

• L’un des membres du groupe affirme haut et fort qu’il entretient une relation amoureuse avec l’une de vos filles ?

- Ils peuvent se vanter d’avoir des relations avec mes filles. Mais est- ce que ces relations existent encore. Parce qu’une relation il faut aussi qu’elle perdure. J’ai lu quelque part sur Facebook, Black K. se vanter de sortir avec l’une de mes filles. Ecoutez, ma fille est mannequin international. Ce sont les oiseaux de même plumage qui volent ensemble. Ma fille est à une autre échelle. Elle a des ambitions qui ne se limitent pas à des petits rappeurs de Côte d’Ivoire. 

• Que répondez-vous lorsque dans une interview parue dans nos colonnes, ils affirment que vous ne vous y connaissez pas en matière de show-biz, et que vous ferez mieux de retourner vendre vos pizzas ?

- J’ai  toujours vendu des pizzas et j’en suis fier. C’est Da Carmen qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui.

 

 Par Inzah D. 

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