Ken Adamo : ‘’Je ne sais pas si je serai candidat’’

Write on Friday, 18 November 2016 Published in Entrevue Read 419 times
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• On vous voit de moins en moins, Président ?

- Oui, mais, Il y a un proverbe qui dit: «Pas de nouvelle, bonne nouvelle». Je suis très occupé, d’abord par ma petite famille. Ensuite par la fonction que j’occupe à la tête de l’union nationale des artistes de Côte d’Ivoire. Donc j’occupe sainement mon temps. Il faut être à l’écoute des artistes ivoiriens, ça demande beaucoup de temps.

• L’Unartci semble aujourd’hui dans une certaine léthargie ?

- Je ne partage pas cet avis. C’est vous qui le dites. A l’Union, on travaille dans le silence, sans tapage pour l’intérêt des artistes de Côte d’Ivoire. 

• Pourtant on ne vous sent pas sur le terrain, il y a un certain immobilisme à l’Unartci ?

- Vous savez, nous fonctionnons sur un plan d’action. Ecoutez (il lève le ton), on ne me paye pas pour gérer les artistes de Côte d’Ivoire. C’est un don de soi. J’interviens pour régler des problèmes ponctuels des uns et des autres. 

• C’est votre nouvelle stratégie ?

- On peut le dire. Car on a fait le boucan à l’époque sous Gadji Céli pour nous faire connaître et asseoir notre union commune. Mais aujourd’hui les données ont changé. Vous pensez qu’à ce jour, on va encore continuer de faire la trompette et la fanfare ? Soyons sérieux ! Quand je vais par exemple au Parlement avec le ministre pour défendre le dossier de la copie privée, vous voulez que je me fasse accompagner de l’ensemble de la presse ? Si vous constatez qu’il n y a pas de tapage, c’est parce que je suis à la tâche. Moins il y a de bruit, mieux cela vaut. 

• Où en êtes vous concrètement aujourd’hui avec l’Union ?

- J’ai pris un engagement vis-à-vis des artistes, celui de veiller à leurs intérêts. Aujourd’hui, nous avons obtenu pas mal d’acquis pour les artistes de Côte d’Ivoire. Depuis 5 ans, il y a une saine collaboration entre la tutelle (le ministère de la culture, ndlr) et nous. Si bien que toutes les décisions au haut niveau concernant les artistes se font toujours de concert avec notre union. Les gens nous regardent autrement. C’est pour tout cela que vous le constatez depuis un moment,  il n’y a plus de bruit, ni d’éclat de voix. 

• Vous sentez toujours une réelle adhésion des artistes ?

- On a l’adhésion de tous, on a pu identifier tous les artistes. Aujourd’hui nous sommes à plus de 4500 membres. 

• Un bilan personnel après 5 ans passé à la tête de cette union ?

- Je suis à ma 5ème année, on va bientôt passer au renouvellement des instances. On fera le point pour savoir quels sont nos acquis et qu’est-ce qui reste à faire. Cela fait 10 ans que je suis là, depuis la naissance de l’union. Je suis l’un des pères fondateurs  de l’Unartci avec les  Amon Williams, Gadji Céli, Akissi Delta… 

• Le 10 décembre 2016, vous célébrerez les 10 ans de l’Union ?

- Oui tout à fait. Nous sommes en train de réfléchir à la manière dont allons marquer d’une pierre blanche cet anniversaire. Mais ça sera quelque chose de vraiment sobre. 

• Votre mandat expire en Décembre prochain. Vous comptez vous représenter  à la tête de l’union ?

- Mon mandat prend fin dans quelques semaines. Si je veux me présenter aux futures élections, je suis libre. 

• Vous n’avez pas répondu  à la question ?

- Je ne sais pas si je serai candidat. Ecoutez, si en décembre, je ne vois personne se présenter à ce poste, vous voulez que j’abandonne l’union, que je la laisse mourir ? Je suis membre fondateur de l’Unartci , je ne vais tout de même pas la laisser disparaitre. J’ai demandé aux uns et aux autres si ça les intéresse, j’attends toujours. 

• Si aujourd’hui Gadji Céli pointe le nez ?

- Il sera le bienvenu. S’il veut reprendre sa place, il aura carte blanche. C’est nous qui l’avions choisi à l’époque parce qu’on estimait qu’il avait le profil et le charisme. C’est un champion, il a remporté la can 92. Quand il avait commencé son travail on est passé à plus de 4000 membres. Cela veut dire qu’il a assuré. Si Gadji est là et qu’il est toujours inspiré, je suis prêt à lui céder le fauteuil. 

• Côté cinéma. Vous bossez depuis un moment avec Akissi Delta ?

- Oui, je suis l’impresario de Delta sur la saison 2 de Ma famille. Je fais en quelque sorte office de manager. Je m’occupe des relations publiques, du marketing, je suis son conseiller spécial. Ainsi donc, je suis de bout en bout la production du film qui va durer 8 mois. 

• Ma famille, c’est un autre challenge pour vous ?

- Quand vous êtes conseiller, Il faut pouvoir faire en sorte que l’image de la structure soit bien entretenue. Au plan commercial, que le produit soit bien positionné, que la chose prospère et que tout le monde y gagne donc. 

• Comment se passe la collaboration ? 

- Les choses se passent très bien. Le terrain est favorable. Au moment ou nous sommes en plein tournage, les maisons de diffusion attendent. Contrairement à la saison 1 ou c’est nous qui courrions après les diffuseurs. C’est le rêve de tout producteur de savoir que les majors, les grandes maisons de distributions attendent votre  œuvre. On a encore 6 mois pour boucler le tournage. 

 • C’est une grande satisfaction ?

- Oui, car nous contribuons à la promotion de la culture ivoirienne et même africaine à travers cette grande série télé.  Je lance un appel afin que nos compatriotes soient mobilisés pour accueillir bientôt ce grand rendez-vous du cinéma africain. Nous avons la chance au niveau de la Côte d’Ivoire à travers Ma famille d’occuper le toit de l’Afrique. Je salue à cet effet, les acteurs,  Bohiri, Gohou, Delta, Cléclé et autres, qui reviennent incessamment. Faisons en sorte que cette série qui représente dignement la Côte d’Ivoire reprenne sa place de leader au niveau continental.

• Dites, que devient votre studio d’enregistrement ?

- Le studio Mobile Eléphant que j’ai bâti à Yopogon-Selmer est bel et bien ouvert. Il sert à faire le bruitage, les génériques et autres productions. Moi-même, chaque fois que je suis inspiré je prends ma guitare et je rentre en studio. C’est un réel avantage pour un artiste d’avoir un studio. 

• Vous vous êtes lancé dans l’agriculture aussi ? 

- Oh, ça date de plusieurs années. J’ai des champs de palmier à huile et hévéa dans mon village à Ouéllé. J’encourage la jeunesse à cultiver la terre. Le Président Houphouët Boigny nous  l’a recommandé.