Michel Kougbo, producteur du défunt artiste à Paris : Il lève le voile sur ce qui a tué Dickaël Liadé

Write on Friday, 18 November 2016 Published in Entrevue Read 1245 times
Rate this item
(0 votes)

Le producteur Michel Kougbo devait sortir il y a quelques mois le nouvel  album de Dickaël Liadé, qu’il a fait rentrer en studio à Paris en 2015. Et contre toute attente, l’artiste décède tragiquement le dimanche 17 avril 2016 à son domicile à la Courneuve (Six routes) en banlieue parisienne. Créant l’émoi au sein de  la communauté ivoirienne et en Côte d’Ivoire. Suivi de beaucoup d’interrogations en raison de l’aspect mystérieux de cette mort. De passage à Abidjan depuis quelques semaines, Michel Kougbo, le patron de “Patria’ch production” explique les raisons et  les vraies circonstances de la disparition de son poulain. Et ce qu’il compte faire de son nouvel album déjà fini.

• Vous sortez d’une épreuve très difficile ?

- C’est sûr! ça a été très difficile pour moi, l’ensemble des artistes et la communauté ivoirienne de France. C’est un artiste talentueux, un frère, un ami qui est parti dans des circonstances troublantes qui ont choqué plus d’un. 

• Que s’est-il réellement passé ? Il a été rapporté par certains que son corps a été retrouvé dans son appartement une semaine après sa mort…

- (Soupir) Il y a trop de choses fausses qui ont été racontées sur la mort de Dickaël. Son corps n’a pas fait une semaine chez lui. Il est décédé le dimanche 17 avril et les pompiers de Paris ont enlevé son corps dans la soirée. Le scellé laissé sur la porte par les pompiers l’atteste. 

• Pourquoi  parle-t-on alors de corps retrouvé à son domicile le 24 avril ? 

- En fait, c’est à partir du 24 avril que la nouvelle du décès de Dickaël a été révélée.

Et elle a commencé à circuler dans la communauté. Elle a été mal interprétée et cela a fait croire que c’est seulement le 24 avril que son corps a été retrouvé chez lui. 

• Entre le 17 et le 24 avril, cela fait pratiquement une semaine. Et personne n’a appris la nouvelle de sa mort dans cet intervalle ?

- Malheureusement, c’est cela. Et c’est lié au mode de vie en Europe. Tout le monde est occupé et on ne se préoccupe pas de l’autre.

Donc le pire peut arriver sans qu’on ne soit informé. Comme ça a été le cas de Dickaël. 

• Comment avez-vous été personnellement informé du drame ?

- C’est l’aîné Blissi Tebil qui m’a informé en premier dans la journée du 24 avril. Puis Olivès Guédé et Bayard Liadé le petit frère de Dickaël l’ont fait à sa suite. 

• Comment eux-mêmes ont-ils appris la nouvelle ?

- Tout est parti d’Abidjan. Depuis le dimanche 17 avril, Mme Dickaël Liadé qui vit au pays  n’arrivait plus à joindre son mari au téléphone pendant plusieurs jours. Elle a dû appeler des proches dans la communauté à Paris pour savoir ce qui se passe. C’est comme ça que des gens se sont rendus à son domicile à la Courneuve-Six routes et le drame a été découvert. Avec le scellé des pompiers sur la porte. Je suis allé également sur les lieux et j’ai fait l’amer constat. Dans la soirée du dimanche 24 avril tout le monde s’est retrouvé chez Bayard le petit frère de Dickaël, à Aulnay-sous-Bois pour lui présenter les condoleances et le soutenir. 

• Finalement, de quoi Dickaël Liadé est-il mort ? Que s’est-il passé chez lui ce jour-là ?

- Bon, ce jour-là, il a piqué une crise. Il a eu juste le temps d’appeler les pompiers au secours et il s’est effondré. Ils ont même mis du temps pour retrouver son domicile. Mais ils y sont arrivés grâce à la géolocalisation qui fonctionne avec les smartphones perfectionnés. Malheureusement, l’artiste était déjà décédé. Ils ont enlevé son corps et mis des scellés sur la porte de l’appartement. 

• Etait-il malade à votre connaissance ?

- Oui, il avait un gros problème au niveau de ses poumons. Pendant son long séjour à Abidjan de 2006 jusqu’au début de l’année 2015, il avait été hospitalisé pendant six mois à cause de ce mal. Les médecins lui ont même formellement interdit la consommation de la cigarette et de bien d’autres choses. A Paris au début de la première semaine du mois d’avril 2016, il avait séjourné à l’hôpital pour le même problème. Pendant son concert du 7 avril à Noisy-Le-Sec, il avait encore des sparadraps de l’hôpital sur sa poitrine. Ce jour-là il a chanté le titre «Réconciliation-Unité», le morceau phare du nouvel album qui lui tenait vraiment à cœur. Il était très préoccupé par la réconciliation des Ivoiriens. C’était une obsession pour lui. Il avait déjà sorti une chanson dans ce sens par le passé. Mais il avait l’impression de n’avoir pas été entendu. Avec ce nouvel album, il remettait donc  le couvert pour sensibiliser à nouveau les Ivoiriens. Malheureusement, il est parti. 

• Que deviendra alors l’album dont vous êtes le producteur ?

- L’album est déjà fini. C’est une œuvre de 8 titres qui porte la griffe de l’arrangeur Joss Inno.C’est le feeling «VaVa» de l’artiste que les Ivoiriens connaissent bien. L’album sortira à titre posthume à la fin de l’année. Ce sera  une façon de rendre hommage à Dickaël Liadé. Et communiquer par la même occasion son dernier message posthume de réconciliation et d’unité aux Ivoiriens. Les bénéfices reviendront à ses ayant-droits. Que son âme repose en paix.

 

Par Eric Cossa  

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.