Tour 2Garde : “On était wanted”

Write on mardi, 06 juin 2017 Published in Causerie Read 621 times
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Cela fera bientôt 15 ans que le groupe Tour 2 Garde fait son petit bonhomme de chemin dans le show-biz ivoirien. Au début de leur carrière, ils étaient 3 à sortir les albums ‘’Dieu seul sait’’ (2004) et ‘’Terre promise’’ (2006).  Après le départ de Khileur, la formation est réduite à Arthur Koya alias Thura 24Carrats et Adama Diarra Koné alias Jimmy James. Le duo publie successivement des titres à succès tels que ‘’Je veux m’en aller’’, ‘’Makassa’’, ‘’Shégué’’ avec plusieurs trophées nationaux.  Et la cerise sur le gâteau, Tour 2Garde signe avec la major Sony Music. Dans cette causerie, les chanteurs évoquent les clauses de ce contrat avec cette maison de disque, dévoile la nouvelle orientation de leur carrière et s’exprime pour la toute première fois sur les raisons de leur séparation avec leur ex-manager.

• On voit de moins en moins Tour 2 Garde, y a–t-il une explication ?

- Jimmy James : (Rire) C’est vrai, mais c’est à cause du travail. Ces derniers temps, notre quotidien, c’est le studio et les séances de tournages. Nous sommes concentrés sur la réalisation de notre prochain album. C’est pour le compte de la maison de disque Sony Music avec laquelle nous avons signé un contrat il y a quelques mois. - Thura 24Carrats : Tour 2 Garde ne se cache pas parce que notre style n’est pas pour se créer un mystère autour. D’ailleurs, nous sommes toujours heureux d’échanger avec nos fans à travers les colonnes de Top Visages. 

• Comment s’est faite la signature de votre contrat avec Sony Music ?

- Jimmy James : C’est le travail que nous avons abattu autour de notre carrière qui a certainement attiré l’attention des responsables de Sony Music. Et le contrat qu’ils nous ont soumis nous satisfait. Je pense que nous allons réaliser de grands projets avec eux. 

• Peut-on savoir les avantages de ce contrat ?

- Thura 24Carrats : Excusez-nous de ne pas donner tous les détails du contrat, mais sachez que c’est un contrat juteux que Tour 2 Garde a signé avec Sony Music.

- Jimmy James : Le groupe Tour 2Garde se prenait déjà en charge tant au niveau de la production que de la réalisation des clips-vidéos mais cela ne suffisait pas. C’est parce qu’on connait nos limites que nous avons signé avec cette maison. Afin d’amener notre carrière à une autre dimension.

• On parle de 60 millions F CFA, comme montant de votre contrat chez Sony Music?

- Thura 24Carrats : (Rire) C’est beaucoup d’argent mais on ne peut pas dévoiler la somme. Au-delà de Tour 2Garde, c’est notre label Sofresh Music qui a signé avec Sony Music. Parce que Tour 2Garde est un produit du label Sofresh Music qui compte d’autres artistes en son sein.

- Jimmy James : On ne peut pas l’étaler sur la place publique parce qu’on doit à trop de personnes. Ils viendront nous encaisser les crédits (rire). 

• N’avez-vous pas peur que la maison de disque vous impose un autre style musical?

- Thura 24Carrats : C’est vrai ce que tu dis. Sony Music vient à peine de s’installer en Afrique mais le directeur José Da Sylva a l’expérience de la musique africaine. Donc, il sait que notre musique ne doit pas être dénaturée. C’est pourquoi, il nous donne carte blanche dans nos différentes productions. Les responsables de cette maison savent ce qu’ils ont apprécié chez Tour 2Garde avant de signer le contrat. C’est dans cette lancée que nous allons continuer à travailler. Afin qu’on puisse conquérir  un nouveau public et séduire de nouveaux médias. 

• Le single ‘’Wari’’ est-t-il le premier produit de votre contrat ?

- Jimmy James: Oui, ‘’Wari’’ avec en feat Abou 2Being est le single qui marque le début de notre aventure avec Sony Music. La chanson parle de l’importance de l’argent dans une relation amoureuse entre l’homme et la femme. C’est une histoire qui est racontée avec une touche d’humour. Nous avons réalisé le clip à Paris (Ils nous font découvrir la vidéo). Nous savons que nous devrons travailler, parce que nous avons une obligation de résultat vis-à-vis de nos engagements. Et nous sommes prêts à relever tous les défis avec Sony Music.

- Thura 24Carrats : Dans le contrat, nous avons trois albums de 13 titres à livrer en 5 ans. Après ce single, nous allons sortir deux autres avant de publier le premier album. Ensuite, ça sera des concerts et des tournées un peu partout dans le monde. 

• Qu’est-ce que vous attendez pour vous produire au Palais de la culture ?

- Thura 24Carrats : C’est prévu et à chaque fois, on reporte. On attend le bon moment pour le faire. Parce qu’un concert nécessite une bonne organisation. Et notre concert va être une grande célébration de notre carrière. Mais avec notre label Sofresh Music dont nous sommes les deux patrons et les deux artistes de Tour 2Garde, c’est difficile d’accomplir en même temps, la tâche d’organisateur de spectacle. Ce n’est pas une question de ressource financière. Mais est-ce que nous pouvons organiser un concert ? La gestion de la foule est une tâche énorme, on n’a pas cette expérience ou celle de la sonorisation. Nous voulons un organisateur qui assurera un spectacle à la hauteur de nos attentes. Notre concert doit être une fête parfaite sans couac. Parce qu’on ne veut pas décevoir le public. 

• Peut-être Sony Music l’organisera-t-il pour vous ?

- Thura 24Carrats : Oui, dans les projets, Sony Music est censé organiser un concert pour Tour 2Garde en fin d’année. Et je crois que Dieu le permettra. 

• 15 ans après, quel est votre regard sur votre carrière ?

- Jimmy James : En 15 ans de carrière, c’est pendant ces trois dernières années que nous avons connu le succès. Et je pense que les prochaines années seront encore plus glorieuses.

- Thura 24Carrats : Nous avons commencé très jeunes notre carrière. Et il y a eu trop de soubresauts et par moments nous avons fait de longues pauses à cause de nos activités en dehors de la musique. Malgré tout, aujourd’hui, c’est un sentiment de fierté de voir les privilèges que nous offre Sony Music. Je dis que nous sommes des enfants bénis de Dieu. 

• Est-ce un choix de ne pas parler de politique ou de ne pas être pervers dans vos chants ?

- Thura 24Carrats : Primo, la politique est un sujet sensible. Et d’ailleurs, si parler de politique dans les chansons pouvait changer quelque chose, on aurait vu les résultats depuis longtemps. Pour moi, c’est inutile de parler de politique dans la chanson. Secundo, on n’est pas pervers dans nos morceaux, parce que ce n’est pas de notre nature. Notre éducation ne nous permet pas ces choses. On ne fume ni cigarette ni drogue. On ne boit pas de boisson alcoolisée.  Dans les titres ‘’Makassa’’ qui est de l’ambiance et ‘’Shégué’’ qui est de ‘’l’enjaillement’’, c’est parce que notre vie est ambiancée. Et nos titres ressemblent à notre mode de vie. 

• Vous avez rompu avec le rap avec lequel on vous a connus, pour faire la musique ‘’alimentaire’’ ?

- Jimmy James : C’est pourquoi, nous voulons sortir un album sur lequel les mélomanes pourront apprécier la diversité de notre talent. Et ils verront ce dont Tour 2 Garde est capable. Un single ne peut pas déterminer la qualité musicale d’un chanteur.

- Thura 24Carrats : Nous n’avons pas de limite. Dans nos albums précédents, pendant qu’on faisait du rap, on faisait des featurings avec le groupe zouglou Les Mercenaires. On a rappé également sur un beat comme ‘’Y a foyi’’ d’Alpha Blondy. Mais en toute chose, il faut évoluer. Donc, avec le single ‘’Makassa’’, nous avons conquis un nouveau public qui ignore notre casquette de rappeur. Alors dans notre prochain album, on réserve  de grandes surprises aux mélomanes. Et l’avant-goût sera le single ‘’afro-trap’’ de l’artiste Black P avec en featuring Tour 2Garde. 

• Etes-vous des artistes gonflés, vrai ou faux ?

- Jimmy James : Nous avons des principes dans notre carrière. Il suffit de les respecter c’est tout. Si des promoteurs disent que nous sommes gonflés, c’est parce qu’ils ne veulent pas nous respecter et notre talent. On ne se déplace pas pour rien.

- Thura 24Carrats : En Côte d’Ivoire, lorsqu’un artiste lance un sos, tu entends par-ci par-là : ‘’avec tout l’argent qu’il a gagné, il n’a pas fait ceci ou cela. Même pour se soigner, il demande de l’aide’’. Alors quand tu ‘’mousses’’, les promoteurs veulent que tu joues pour  des cachets dérisoires, souvent même gratuitement. Et après ces moments de gloire, personne ne se souviendra de tes actes de générosité. Etre artiste est un travail comme tout autre. Il doit te permettre de t’acheter une maison, de vivre décemment, d’assurer l’avenir de tes enfants et d’avoir une bonne retraite. Donc, que les promoteurs respectent les artistes. Parfois, certains organisateurs proposent des cachets qui ne sont même pas raisonnables pour des spectacles de grande envergure. Heureusement, qu’ils savent à qui faire ce genre de propositions. 

• Est-ce pour cela que vous avez renvoyé votre manager Guy Fox ?

- Thura 24Carrats : Guy Fox n’a pas fait son travail. Il a encaissé de l’argent avec des promoteurs dans la sous-région, qu’il a gardé par devers lui. Et il ne nous a pas informés des différentes dates de ces spectacles. On était persona no grata dans certains pays pour des cachets que nous n’avons pas perçus. Donc tout cela ne pouvait pas continuer. C’est pour ça qu’on s’est séparé. Et non pour d’autres raisons. Notre nouveau manager Afrique est Angelo Bayaya et celui d’Europe il s’appelle Sadam, il est basé à Paris. 

- Jimmy James : L’affaire du Mali a failli être fatale pour nous. Pour non-respect de contrat, on a été traduit en justice par l’organisateur du spectacle, qui était un patron d’une compagnie de téléphonie mobile. Et si on partait au procès on sortait perdant sur toute la ligne. Heureusement, il y a une intervention au bon moment de plusieurs personnes, qui connaissent notre sérieux. Et l’affaire a été réglée par un concert gratuit afin de réparer le tort que nous lui avons causé. Bizarrement, après tout ce qu’il nous a fait, c’est ce manager qui raconte que nous sommes ingrats. Alors qu’il était bien rémunéré. J’ose croire qu’il gagne les mêmes pourcentages qu’il percevait avec Tour 2Garde là où il est est. 

• Quel est votre appel à l’endroit des jeunes qui se reconnaissent en vous ?

- Jimmy James : A tous les jeunes qui nous prennent comme modèles, je dis d’être courageux. Nos débuts dans la musique ont été difficiles. Beaucoup de nos proches ne croyaient pas en nous parce que pour eux la réussite dans ce métier, dépend de la chance. Mais nous avons persévéré. Nous avons bravé toutes les intempéries pour aller au bout de nos rêves. Aujourd’hui, nous sommes patrons de notre label. On n’est pas des fils à papa comme les gens le pensent. Nous sommes issus de familles modestes de la commune de Koumassi-Prodomo. C’est dans ce quartier nous avons formé Tour 2Garde.

 

Par Charly Légende

 

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