Dorcas Gloria : ‘’ Moi, dans une scène de nue ? ’’

Write on mercredi, 21 juin 2017 Published in Causerie Read 1605 times
Rate this item
(0 votes)

• Gloria, dis-nous Truth… pardon, tout !

- Truth (la vérité, en anglais : ndlr), est un long métrage à travers lequel j’ai voulu mettre en exergue la culture ivoirienne. Principalement, la culture Akan que j’aime. Et Truth est basé sur l’histoire d’un roi qui a eu deux enfants. Chacun des deux veut hériter du trône, en dépit des règles de succession.

Une rivalité naît entre ces deux frères. On a fait venir l’acteur nigérian, IK Ogbona pour interpréter le rôle de l’héritier légitime. Pas parce qu’il n’y a pas d’acteurs compétents en Côte d’Ivoire, mais il faut reconnaître que le Nigeria est en avance sur nous dans le domaine du cinéma. Il s’agit aussi de faire le brassage de ces deux cultures. Car les Ivoiriens aiment bien les films nigérians. En plus, ça nous permet de nous ouvrir aux autres et de conquérir d’autres marchés. En tant qu’actrice et réalisatrice, je vois aussi le côté business. Je pense que si les Nigérians arrivent à vendre ici, nous pouvons aussi le faire en Afrique du sud, au Kenya, au Ghana et d’autres pays anglophones. 

• Ton rôle dans ce film ?

- Je suis dans le rôle de la fiancée du prince héritier campé par IK Ogbona. Il est tombé amoureux de moi, mais comme je ne suis pas de lignée royale, ou du même rang social que lui, cela crée des mésententes entre lui et ses parents, vu que ceux-ci ne veulent pas de moi dans la famille. Il part à Londres pour ses études, et je découvre après son départ que je suis enceinte de lui. Mais il ne le sait pas. A Londres, il se marie. Sans le savoir, il se trouve que sa femme est mon amie d’enfance. A son retour avec elle, ça va engendrer d’autres problèmes. C’est un film qui est plein de rebondissements, de suspens ! Et puis, c’est haut en couleurs. On a valorisé le pagne Akan, et une grande partie de notre richesse culturelle, avec de beaux décors… Vraiment, on s’est donné à fond. 

• Comment as-tu contacté l’acteur IK Ogbona ?

- J’ai une sœur, une partenaire, Angèle Affi qui vit entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire, et qui connaît IK Ogbona. Par le biais de sa structure Angel’s Prod, elle lui a fait la proposition de jouer dans le film. Il n’y a pas trouvé d’objection. D’ailleurs, il a été très ravi, parce que c’est la première fois pour lui de jouer dans une production francophone. C’est plutôt nous qui avions quelques difficultés au début, parce qu’on ne parle pas la même langue. Bon, je me débrouille un peu en anglais (Rires). Pour les autres, c’était un peu difficile au départ. Mais il nous mettait à l’aise. On s’est adaptés facilement. 

• Tu as démissionné de ton poste à la fonction publique, rien que pour faire le cinéma ?

- Oui, j’ai travaillé à la Poste de Côte d’Ivoire, en tant que responsable Communication. Mais je ne me sentais pas à ma place. Je ne suis pas habituée, je n’aimais pas ce rythme-là, aller au bureau le matin, etc. J’ai trouvé que c’était lourd. J’aime plutôt être indépendante, être moi-même. Mais là, ce n’était pas ma place. J’ai quitté mon poste. Je suis allée faire des études en aviation, j’ai obtenu un diplôme IATA. Ensuite, j’ai pensé à ouvrir mon agence de voyages et puis, j’ai abandonné cette idée. A la place, j’ai ouvert une agence d’événementiels, en 2009. Au départ, c’était au sein de Tam-Tam TV avec John Jay qui fut pour moi un grand maître. Donc, je voyais un peu les rivalités, les convoitises entre les models que j’encadrais. Puis, je me suis dit : « C’est une bonne idée pour faire un film ». Et c’est ainsi que j’ai eu l’idée de faire la série « Fashe ». Je me rappelle que pour le pilote de « Fashe », je me suis entendue avec tous les collègues, et on a profité d’un voyage de John Jay à Gagnoa, on a pris le matériel un dimanche pour aller tourner toute la journée. (Rires). C’est de là que tout est parti. Donc, j’ai aimé la chose. Puis, en 2010 il y a eu la crise postélectorale. J’en ai profité pour aller me former en Tunisie, à l’ESAC (Ecole supérieure de l’audiovisuel et du cinéma de Gammarth, ville située au nord-est de Tunis : ndlr). J’y ai pris des cours de réalisation, de comédie… Dès l’âge de 10 ans, j’étais déjà passionnée de films à la télé, surtout des films romantiques. Je me disais : « tiens, je peux faire comme eux ! » C’est pour cela que je dis toujours aux gens de croire en leurs rêves. 

• Tes parents ont toujours accepté tes choix ?

- Ah, il m’a fallu vraiment les convaincre ! Même après « Fashe », il y avait encore des réticences de leur part. Maman ne réagit pas, en général elle me dit : « si tu aimes ce que tu fais, c’est tant mieux ». Mais je sens qu’en son for intérieur, elle aurait souhaité que je fasse autre chose. Elle trouve que le cinéma ne nourrit pas son homme. Avec mes diplômes, je peux faire autre chose. Elle ne comprend pas pourquoi j’ai démissionné de la Poste, pourquoi j’ai laissé mon agence d’événementiels qui marchait bien pourtant. Tout le monde se plaignait, surtout mes sœurs dont Natacha à qui je fais un gros coucou, même si elle a été très dure avec moi. (Elle rit). Tout le monde trouvait que le cinéma n’était pas un boulot convenable. Mais je pense que par mon acharnement au travail, j’ai su les convaincre. Et aujourd’hui, ils sont très fiers de moi. 

• Ton regard sur la place des femmes dans le cinéma ?

- Je trouve qu’elles sont très en avance, des femmes comme Marie-Louise Asseu qui a été pour moi une très bonne conseillère. Des femmes comme Akissi Delta, et bien d’autres. Elles ont su s’imposer, et je pense qu’elles sont vraiment en avance sur les hommes ici. Quand une femme se bat pour quelque chose, elle se donne à mille pour cents, pour y arriver. Ce n’est pas parce que je suis que femme, mais je pense que si elles étaient à la tête, on irait très loin (elle rit). 

• Quelle place aimerais-tu occuper dans le cinéma ivoirien ?

- Je pense que chaque chose a son temps. Avec Dieu, il ne faut pas se presser. Je le dis toujours, je suis novice, je suis encore très jeune dans le cinéma. J’apprends toujours. Et si j’ai l’occasion d’aller encore à l’école, j’irai. Donc, je pense que j’occupe la place que je dois occuper, c'est-à-dire être une réalisatrice et être une actrice. Je produis également. Mais je pense que pour l’instant, c’est la place qui est la mienne. Avec le temps, les expériences, les choses se feront seules. Il ne faut pas se presser. Tout vient à point… 

• Quel rôle n’accepterais-tu pas dans un film ?

- C’est une question que j’ai posée à Denzel Washington, en Tunisie, lors de notre formation, en 2010. Les encadreurs nous ont informés qu’il y a un grand acteur qui est en tournage dans le désert et qu’il viendra visiter l’école. Mais ils ne nous ont pas dit son nom. Au bout d’un moment, on voit arriver dans la classe Denzel Washington, ce grand acteur ! C’était vraiment émouvant pour moi, de le voir là, en personne. Et la question que j’ai posée, c’était celle-là. Et il m’a dit : « Vous êtes élèves comédiens, vous devez retenir qu’un bon acteur doit pouvoir camper tous les rôles. Sinon, vous n’êtes pas un acteur, mais un plaisantin ». Cette réponse m’est restée à l’esprit. Je pense qu’il a raison. Quand je vois tous ses films : il joue le footballeur, le drogué, le chef d’entreprise, etc. Alors, une bonne actrice doit pouvoir camper tous les rôles. Que ce soit un rôle de prostituée, de servante… 

• Une scène de nue, ça te dirait aussi ?

- (Elle réfléchi). On peut faire une scène érotique, sans toutefois montrer tout. Parce que je retiens qu’on est en Afrique, on n’est pas en Europe ou aux Etats-Unis. Notre éducation, notre culture ne nous permet pas certaines choses. Car, ça te colle à la peau. Pour moi, en tant que mère, pour la femme que je suis, c’est vrai que je suis une actrice, je peux camper tous les rôles, mais… je ne peux pas accepter de jouer nue. Ça, je ne pourrais pas le faire, par respect pour mes filles et pour mon homme. Il est vrai que je veux être une bonne actrice, par contre il y a des choses que je ne peux pas faire. Chez nous en Afrique, on peut le faire autrement. On n’a pas la même culture que les Blancs. Ça, il faut aussi qu’on le comprenne.

 

• Gloria, dis-nous Truth… pardon, tout !

 

- Truth (la vérité, en anglais : ndlr), est un long métrage à travers lequel j’ai voulu mettre en exergue la culture ivoirienne. Principalement, la culture Akan que j’aime. Et Truth est basé sur l’histoire d’un roi qui a eu deux enfants. Chacun des deux veut hériter du trône, en dépit des règles de succession. Une rivalité naît entre ces deux frères. On a fait venir l’acteur nigérian, IK Ogbona pour interpréter le rôle de l’héritier légitime. Pas parce qu’il n’y a pas d’acteurs compétents en Côte d’Ivoire, mais il faut reconnaître que le Nigeria est en avance sur nous dans le domaine du cinéma. Il s’agit aussi de faire le brassage de ces deux cultures. Car les Ivoiriens aiment bien les films nigérians. En plus, ça nous permet de nous ouvrir aux autres et de conquérir d’autres marchés. En tant qu’actrice et réalisatrice, je vois aussi le côté business. Je pense que si les Nigérians arrivent à vendre ici, nous pouvons aussi le faire en Afrique du sud, au Kenya, au Ghana et d’autres pays anglophones.

 

 

 

• Ton rôle dans ce film ?

 

- Je suis dans le rôle de la fiancée du prince héritier campé par IK Ogbona. Il est tombé amoureux de moi, mais comme je ne suis pas de lignée royale, ou du même rang social que lui, cela crée des mésententes entre lui et ses parents, vu que ceux-ci ne veulent pas de moi dans la famille. Il part à Londres pour ses études, et je découvre après son départ que je suis enceinte de lui. Mais il ne le sait pas. A Londres, il se marie. Sans le savoir, il se trouve que sa femme est mon amie d’enfance. A son retour avec elle, ça va engendrer d’autres problèmes. C’est un film qui est plein de rebondissements, de suspens ! Et puis, c’est haut en couleurs. On a valorisé le pagne Akan, et une grande partie de notre richesse culturelle, avec de beaux décors… Vraiment, on s’est donné à fond.

 

 

 

• Comment as-tu contacté l’acteur IK Ogbona ?

 

- J’ai une sœur, une partenaire, Angèle Affi qui vit entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire, et qui connaît IK Ogbona. Par le biais de sa structure Angel’s Prod, elle lui a fait la proposition de jouer dans le film. Il n’y a pas trouvé d’objection. D’ailleurs, il a été très ravi, parce que c’est la première fois pour lui de jouer dans une production francophone. C’est plutôt nous qui avions quelques difficultés au début, parce qu’on ne parle pas la même langue. Bon, je me débrouille un peu en anglais (Rires). Pour les autres, c’était un peu difficile au départ. Mais il nous mettait à l’aise. On s’est adaptés facilement.

 

 

• Tu as démissionné de ton poste à la fonction publique, rien que pour faire le cinéma ?

 

- Oui, j’ai travaillé à la Poste de Côte d’Ivoire, en tant que responsable Communication. Mais je ne me sentais pas à ma place. Je ne suis pas habituée, je n’aimais pas ce rythme-là, aller au bureau le matin, etc. J’ai trouvé que c’était lourd. J’aime plutôt être indépendante, être moi-même. Mais là, ce n’était pas ma place. J’ai quitté mon poste. Je suis allée faire des études en aviation, j’ai obtenu un diplôme IATA. Ensuite, j’ai pensé à ouvrir mon agence de voyages et puis, j’ai abandonné cette idée. A la place, j’ai ouvert une agence d’événementiels, en 2009. Au départ, c’était au sein de Tam-Tam TV avec John Jay qui fut pour moi un grand maître. Donc, je voyais un peu les rivalités, les convoitises entre les models que j’encadrais. Puis, je me suis dit : « C’est une bonne idée pour faire un film ». Et c’est ainsi que j’ai eu l’idée de faire la série « Fashe ». Je me rappelle que pour le pilote de « Fashe », je me suis entendue avec tous les collègues, et on a profité d’un voyage de John Jay à Gagnoa, on a pris le matériel un dimanche pour aller tourner toute la journée. (Rires). C’est de là que tout est parti. Donc, j’ai aimé la chose. Puis, en 2010 il y a eu la crise postélectorale. J’en ai profité pour aller me former en Tunisie, à l’ESAC (Ecole supérieure de l’audiovisuel et du cinéma de Gammarth, ville située au nord-est de Tunis : ndlr). J’y ai pris des cours de réalisation, de comédie… Dès l’âge de 10 ans, j’étais déjà passionnée de films à la télé, surtout des films romantiques. Je me disais : « tiens, je peux faire comme eux ! » C’est pour cela que je dis toujours aux gens de croire en leurs rêves. 

 

• Tes parents ont toujours accepté tes choix ?

 

- Ah, il m’a fallu vraiment les convaincre ! Même après « Fashe », il y avait encore des réticences de leur part. Maman ne réagit pas, en général elle me dit : « si tu aimes ce que tu fais, c’est tant mieux ». Mais je sens qu’en son for intérieur, elle aurait souhaité que je fasse autre chose. Elle trouve que le cinéma ne nourrit pas son homme. Avec mes diplômes, je peux faire autre chose. Elle ne comprend pas pourquoi j’ai démissionné de la Poste, pourquoi j’ai laissé mon agence d’événementiels qui marchait bien pourtant. Tout le monde se plaignait, surtout mes sœurs dont Natacha à qui je fais un gros coucou, même si elle a été très dure avec moi. (Elle rit). Tout le monde trouvait que le cinéma n’était pas un boulot convenable. Mais je pense que par mon acharnement au travail, j’ai su les convaincre. Et aujourd’hui, ils sont très fiers de moi. 

 

• Ton regard sur la place des femmes dans le cinéma ?

 

- Je trouve qu’elles sont très en avance, des femmes comme Marie-Louise Asseu qui a été pour moi une très bonne conseillère. Des femmes comme Akissi Delta, et bien d’autres. Elles ont su s’imposer, et je pense qu’elles sont vraiment en avance sur les hommes ici. Quand une femme se bat pour quelque chose, elle se donne à mille pour cents, pour y arriver. Ce n’est pas parce que je suis que femme, mais je pense que si elles étaient à la tête, on irait très loin (elle rit). 

 

• Quelle place aimerais-tu occuper dans le cinéma ivoirien ?

 

- Je pense que chaque chose a son temps. Avec Dieu, il ne faut pas se presser. Je le dis toujours, je suis novice, je suis encore très jeune dans le cinéma. J’apprends toujours. Et si j’ai l’occasion d’aller encore à l’école, j’irai. Donc, je pense que j’occupe la place que je dois occuper, c'est-à-dire être une réalisatrice et être une actrice. Je produis également. Mais je pense que pour l’instant, c’est la place qui est la mienne. Avec le temps, les expériences, les choses se feront seules. Il ne faut pas se presser. Tout vient à point… 

 

• Quel rôle n’accepterais-tu pas dans un film ?

 

- C’est une question que j’ai posée à Denzel Washington, en Tunisie, lors de notre formation, en 2010. Les encadreurs nous ont informés qu’il y a un grand acteur qui est en tournage dans le désert et qu’il viendra visiter l’école. Mais ils ne nous ont pas dit son nom. Au bout d’un moment, on voit arriver dans la classe Denzel Washington, ce grand acteur ! C’était vraiment émouvant pour moi, de le voir là, en personne. Et la question que j’ai posée, c’était celle-là. Et il m’a dit : « Vous êtes élèves comédiens, vous devez retenir qu’un bon acteur doit pouvoir camper tous les rôles. Sinon, vous n’êtes pas un acteur, mais un plaisantin ». Cette réponse m’est restée à l’esprit. Je pense qu’il a raison. Quand je vois tous ses films : il joue le footballeur, le drogué, le chef d’entreprise, etc. Alors, une bonne actrice doit pouvoir camper tous les rôles. Que ce soit un rôle de prostituée, de servante… 

 

• Une scène de nue, ça te dirait aussi ?

 

- (Elle réfléchi). On peut faire une scène érotique, sans toutefois montrer tout. Parce que je retiens qu’on est en Afrique, on n’est pas en Europe ou aux Etats-Unis. Notre éducation, notre culture ne nous permet pas certaines choses. Car, ça te colle à la peau. Pour moi, en tant que mère, pour la femme que je suis, c’est vrai que je suis une actrice, je peux camper tous les rôles, mais… je ne peux pas accepter de jouer nue. Ça, je ne pourrais pas le faire, par respect pour mes filles et pour mon homme. Il est vrai que je veux être une bonne actrice, par contre il y a des choses que je ne peux pas faire. Chez nous en Afrique, on peut le faire autrement. On n’a pas la même culture que les Blancs. Ça, il faut aussi qu’on le comprenne.

 

 

 

 

 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.