CONSTY EKA : IL ROMPT LE SILENCE

Write on mardi, 10 avril 2018 Published in Entrevue Read 1001 times
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Il fait partie des hommes qui ont animé l’univers du show-biz ivoirien africain des années 90. Depuis quelques années, Consty Eka a quitté la Côte d’Ivoire. Après la France, il a déposé ses bagages au Cameroun, son pays natal. Après CEKAM, société de communication audiovisuelle internationale et Radio Voltage 2, Consty vient de lancer depuis février 2018, CEN, sa chaîne de télévision. Par téléphone, Consty a accepté de faire une petite causerie avec Top Visages, avec toute la verve qu’on lui connait.

     . Vous êtes de ceux qui font le monde des médias africains. Depuis un moment, nous sommes sans nouvelles de vous. Que devient Consty ?

-          D’abord, je suis installé désormais au Cameroun et je me porte bien, par la grâce de Dieu. Professionnellement, je pilote toujours ma société historique de communication et de production audiovisuelle internationale CEKAM, à laquelle j’ai ajouté il y a quelques années maintenant radio Voltage 2 dont je suis le propriétaire. Et très récemment, j’ai monté une chaine de télévision généraliste baptisée CEN (prononcer Si Nèn). Voilà, Consty Eka est aujourd’hui  propriétaire de trois entreprises à CEKAM, de Radio Voltage2 et de CEN, « La télévision Autrement». Dans cette dernière entreprise, je prends un grand plaisir à montrer une image non erronée de la Côte d’Ivoire à travers ses dirigeants, ses politiques, sa culture, son patrimoine et son évolution urbaine unique en Afrique noire. 

. Votre popularité et la reconnaissance de votre talent de communicateur s’étendent sur toute l’Afrique et au-delà. C’est quoi votre secret ?

Merci pour cette marque de sympathie à mon endroit. Mon secret est simple et double : Dieu et le travail. Dieu, c’est tous les jours au minimum que je prie le matin et le soir. J’observe mon jeûne de 40 jours sec tous les ans, comme en ce mois de carême. Côté, travail, je suis au turbin depuis des lustres, au moins 15 heures par jour. Et surtout dans mon quotidien, je ne me permets aucun excès du genre alcool, cigarette et galante compagnie... Au sujet de mes entreprises de communication et principalement de mon actuelle chaine de télévision, sachez que dans l’effectif de mon personnel, j’ai quatre Ivoiriens qui ont eu l’agréable surprise de recevoir successivement l’ex et le nouvel Ambassadeur de Côte d’ivoire au Cameroun. J’ai un Congolais et un Togolais. Mon conseiller spécial est camerounais et ivoirien à la fois. Et pour le reste, ce sont des Camerounais. Tout ça dans une ambiance très panafricaniste, afromondiale devrais-je même dire. 

. Vous êtes le père de divers concepts comme les Africar Music Awards, première cérémonie sur le continent africain à récompenser en même temps les hommes de culture d’Afrique et des Caraïbes. Ce qui n’empêche pas les critiques de vos détracteurs. Que leur répondez-vous ?

-          Je leur réponds simplement que les chiens aboient, la caravane passe. Je leur réponds surtout que seul le travail compte, que rien que le travail compte pour moi. Ce qui veut dire que je suis loin de la tricherie et de l’à-peu-près. C’est pourquoi mes actes au quotidien donnent des cauchemars à mes détracteurs. Lorsque je lançais tous les concepts que vous connaissez, il n’en existait aucun en Afrique. Au passage, je suis fier de voir l’accueil qui a été réservé à l’artiste burundaise Kadja Nin à Abidjan. C’est moi qui l’ai fait venir en Côte d’Ivoire pour la première fois. Pour bien la connaître, je suis sûr qu’elle en a gardé de très bons souvenirs, notamment ce merveilleux dîner offert par Mme Dominique Ouattara, actuelle Première Dame de Côte d’Ivoire, aux artistes africains et caribéens qui m’accompagnaient dans ces belles aventures humaines et artistiques. Amener, en 1995 au Gabon, en Afrique, Naomi Campbell, le plus populaire des top-models au monde, était au-delà du rêve fou. Moi, Consty Eka, je l’ai fait. Quel détracteur peut changer ça ? 

. Combien cela vous a couté ?

-          Pour être sincère, et parce que c’est Top Visages, je donne les chiffres. Sachez que c’est plus de la moitié du million de dollars américains. Ne me demandez pas qui était le financier, je ne vous le dirai pas (éclats de rire). Et cela a été payé rubis sur ongle six mois avant sa venue par mes soins à Genève dans la confidentialité la plus totale. C’est comme cela que j’ai fait le plus beau cadeau qui soit aux stylistes africains : faire porter leurs modèles par les plus grands top-models de la planète avec qui j’entretiens une amitié sans pareil, avec à leur tête Naomi Campbell. 

. C’est donc ça votre fierté ?

-          Il y a de quoi être fier, non ? Et pourtant ma fierté ne sera jamais aussi grande que pour l’interview mythique que m’a accordée le très charismatique feu le Président gabonais El Hadj Omar Bongo Ondimba. Ma fierté de précurseur est intacte même si, plus tard, de nombreuses copies et des plagiats conceptuels à peine cachés sont venus nous pomper l’air avec des détracteurs ingrats qui se comptent toujours soit parmi ceux qui sont dans le métier par hasard, soit parmi les jaloux incurables que sont les ennemis du bien, les ennemis des choses bien faites, les ennemis des grands challenges relevés et réussis avec brio. Tout ce boucan-là n’est rien à mes yeux car, vaille que vaille, je reste fier d’avoir initié ces concepts innovants, d’avoir été le premier du genre en Afrique, et surtout le premier jeune noir Africain à faire entrer sa camera dans l’intimité du sage charismatique personnage politique africain qui, pour la petite histoire, était fier de me dire: « je suis, moi Bongo, le seul chef d’Etat qui pouvait entrer dans la chambre du Président Félix Houphouët-Boigny et à qui il disait Omar, assieds-toi ici sur mon lit et me parlait ». Une telle vénération doit situer la Côte d’Ivoire sur la grandeur immense d’une figure comme celle du Président Houphouët et la place à part entière qu’il occupait en Afrique. C’est pourquoi il tenait à ce que les Africains se sentent chez eux en Côte d’Ivoire et qu’ils y apportent le meilleur d’eux-mêmes. Je suis la preuve vivante de cette vision du Président Houphouët, et j’en suis fier. 

. Toujours hyper actif avec des idées nouvelles ! Après CEKAM et Radio Voltage 2,  vous venez de lancer CEN, « la Télévision Autrement ». Encore un slogan qui cache quelque chose ?

-          Si vous le dites, c’est donc que vous suivez depuis très longtemps ce que je fais. C’est vrai que j’ai rarement fait ce qui existait déjà dans notre continent et ce n’est pas dans un magazine ivoirien que je raconterai des histoires, car c’est comme si un enfant proférait des mensonges devant son père. Top Visages me connaît très bien et sait réellement de quel bois je me chauffe, même si j’ai volontairement décidé d’observer du recul pendant un certain temps pour redéfinir ma stratégie et redéployer mes forces. C’est de tout ça qu’est née ma télévision CEN avec, pour souligner l’ambition qui sous-tend l’entreprise, une phrase forte : « la Télévision Autrement » qui n’est donc pas qu’un slogan. Tout est vraiment autrement sur ma chaine et en plus, je suis persuadé qu’il en est ainsi de tout sur tout notre continent africain. Nous traitons de la politique autrement, la musique et la culture autrement, le sport autrement, tout est fait autrement sur ma chaine de télévision, pour le bonheur des éditeurs, des producteurs indépendants, et des téléspectateurs qui découvrent une chaine qui n’est pas la réplique d’aucune autre chaine de télévision africaine, conceptuellement et dans sa ligne éditoriale. Cela fait 15 ans que je travaille à ce concept gagnant dont les résultats pointent déjà leur nez à l’horizon. Après seulement 40 jours de diffusion, puisque CEN est officiellement dans le paysage depuis le 1er février 2018, sur le réseau câblé camerounais via la fibre optique terrestre et aérienne. 

.Tous ceux qui ont visité vos bureaux, des stylistes et artistes ivoiriens, des politiques, nous font des commentaires élogieux. Ils trouvent tous que vous avez un bureau de chef d’Etat. N’est-ce pas se faire  voir un peu trop ?

-          N’exagérons pas. Mes bureaux sont simplement propres pour pouvoir recevoir sans complexe les grands de ce monde et c’est d’ailleurs avec plaisir que je reçois monsieur tout le monde. L’exigence esthétique est une forme de respect des autres et mon métier impose simplement cette façon d’être. Et puis, moi, je suis de la religion des hommes extrêmement propres, dans tous les sens du terme. 

. Avez-vous gardé des contacts avec vos amis ici en Côte d’Ivoire ?

Ah oui, j’ai gardé le contact avec ceux qui ont toujours été mes amis. Et je le dis à dessein parce qu’il y a ceux que vous appelez mes amis de manière globale alors qu’il faut faire le distinguo entre trois catégories qui vont du plus loin au plus proche. C’est ainsi qu’il y a des camarades qui sont ces gens que l’on croise. Il y a des amis qui sont ceux avec qui on fait des choses, et il y a les amis sûrs qui sont les frères que j’ai choisis pour les mettre au même niveau que ceux que mes parents m’ont donnés. Avec eux, j’ai une relation fusionnelle que le temps et l’espace ne peuvent impacter. Ceux avec qui je partage cette fidélité réciproque se comptent sur les doigts d’une main. Les opportunistes n’y ont pas de place. C’est un peu ce « mes amis sont mes amis, quelles que soient leurs conditions de vie » que j’ai entendu le président BONGO dire fièrement. Vous savez, la roue tourne et très vite. Vous avez vous-même les preuves palpables sous vos yeux en Côte d’Ivoire : politiquement, musicalement, sportivement… 

. Merci Consty. On se dit au revoir ?

-          Merci à Top Visages, ce magazine que j’ai vu naitre, à la prospérité duquel je pense avoir modestement contribué en son temps en réservant certaines exclusivités culturelles à ceux de vos ainés dans la presse qui y sont passés.

Merci aux dirigeants politiques de ce beau pays qui s’affirme de plus en plus comme plaque tournante incontestable et vitrine de l’Afrique moderne, l’Afrique qui ose, réussit et gagne. Un bonjour fraternel à tous mes amis. Un bonjour particulier au « frère des frères », mon frère  que tout le monde connait la bas, même les sourds et les aveugles, et qui, malgré le poids de ses lourdes charges politiques, a toujours été là, a toujours pris de mes nouvelles, faisant la preuve parfaite de l’humilité fondamentale qu’aucun statut officiel ne peut changer. Et enfin, pour dire à toute la Côte d’Ivoire que ma chaine de télévision CEN est aussi l’une des meilleures vitrines de la Côte d’Ivoire au Cameroun. C’est aussi ça La Télévision autrement. Que Dieu bénisse donc ma Côte d’Ivoire. Joyeuses Pâques à la Côte d’Ivoire et bon vent à Top Visages !

 

Omar Abdel Kader

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