KOLOKO GERMAIN ALIAS BEDIE, en route pour l’aventure: Son embarcation s’est renversée dans le fleuve

Write on lundi, 19 juin 2017 Published in Entrevue Read 1291 times
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L’humoriste Koloko Germain est un homme heureux. De simple humoriste presque inconnu du grand public il y a quelques années, il est aujourd’hui l’un des artistes comédiens les plus appréciés en Côte d’Ivoire. Dans cette entrevue, il parle de sa carrière, des difficultés de sa vie, sa rencontre avec le Président Bédié et ses ambitions professionnelles. Sans oublier son premier one-man-show en préparation.

Il est un peu plus de 13h ce mercredi 31 mai, lorsque nous arrivons au domicile de l’humoriste Koloko Germain à Yopougon, entre la cité BAE et le CHU. Quand on franchit le seuil de la porte de la maison, on est tout de suite attiré par une grande affiche de l’émission After Work de Radio Nostalgie. Le comédien pose fièrement avec ses collègues Chuken Pat, Mala Adamo, Tonton Joe et l’animateur Yannick Tossa. Au salon, il y a également des photos sur lesquelles Koloko est aux côtés des Présidents Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Mme Henriette Konan Bédié.

Des instants de bonheur qu’il souhaite sûrement partager avec ses visiteurs. Sans oublier une grotte de la Vierge Marie, pour rappeler aux uns et aux autres qu’il est un fervent chrétien. ‘’Je dois un grand merci à la Vierge Marie. Je salue ici ma mère spirituelle Maman Pauline qui de par ses prières a permis que j’émerge aujourd’hui. C’est grâce à elle que j’ai connu Dieu’’, dit-il.

Mais que de difficultés sur sa route, qui ont failli mettre fin à sa carrière. Par le courage et la détermination, il a pu les braver. Mais bien avant, dans son village à Watti dans la sous-préfecture de Taabo, le jeune Koloko Germain arrête l’école en classe de CM2, avec le CEPE et l’entrée en 6ème en poche. Orphelin de père, il n’a pu continuer les études au lycée municipal de Touba où il avait été affecté, faute de moyens. ‘’J’ai eu mon entrée en 6ème sans même le savoir. Ce sont mes camarades qui m’ont informé. J’ai pleuré car je n’avais pas les moyens d’aller à Touba, à l’autre bout de la Côte d’Ivoire’’, raconte-t-il.

En 1989, il décide de partir à l’aventure à Abidjan à la recherche d’un avenir meilleur. ‘’En quittant mon village, j’ai dû traverser le fleuve bandama en  pirogue. J’avais la somme de 8000 F CFA sur moi. Malheureusement, la pirogue s’est renversée avec moi en plein fleuve. Mais des gens ont pu me sauver de la noyade. Et j’ai pu arriver à Abidjan’’, rappelle-t-il.

28 ans après, Koloko Germain, le petit imitateur des journalistes sportifs pendant les matches du village est devenu le Président Bédié apprécié par le public ivoirien. Pour manifester sa reconnaissance à ses oncles Théophile Amani et Firmin N’Dri qui l’ont poussé à faire ce métier et le public qui le soutient, l’humoriste prépare son tout premier on-man-show pour l’année prochaine.  

• Votre prémier one-man- show est prévu pour le 14 février 2018, jour de la fête des amoureux. Est-ce une simple coïncidence ?

- Oui, c’est le jour de la date de mon anniversaire. Je suis né un 14 février et c’est également un jour spécial. C’est en même temps la fête de la Saint-Valentin, la fête des amoureux. 

• Qu’est-ce que le public doit attendre de votre premier one-man-show ?

- Le public qui va se déplacer ce jour-là saura qui est Koloko Germain. Pourquoi je suis venu à la comédie et comment j’arrive à imiter des personnalités politiques de notre pays. Il y aura beaucoup de surprises et de révélations. Mais je commencerai par les imitations connues des journalistes Jean-Louis Farah Touré, Boubacar Kanté, en passant par Papitou, les Président Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié. 

• Vos collègues humoristes seront-ils de la partie?

- Ouiii, toute la crème humoristique ivoirienne sera présente à mon one-man-show. Mes devanciers comme mes jeunes frères humoristes m’accompagneront ce jour-là. Ça va être une grande fête. 

• Tonton Bouba et Barthélémy Inabo qui vous ont donné votre première chance seront-ils présents ?

- Ça sera un grand plaisir pour moi d’avoir mes deux ‘’pères’’ à mes côtés. Barthélémy Inabo n’était pas obligé de m’accepter à l’époque à l’émission ‘’Dimanche passion’’ de la RTI. C’est pareil pour Tonton Bouba à l’émission ‘’Allocodrome’’ de Radio Côte d’Ivoire. Tonton Bouba m’a dit un jour : ‘’Je veux que tu travailles avec moi. Je te fais confiance et je te donne ta chance’’. C’est comme cela que j’ai commencé à jouer à l’émission. Je suis resté pendant 10 ans à Allocodrome avec Tonton Bouba. Je ne percevais rien, mais c’était le courage et l’envie de travailler. C’est grâce à eux que le public sait qui est Koloko Germain aujourd’hui. Je leur dis grand merci et que Dieu leur donne longue vie. 

• Y aura-t-il un aspect musical dans ce one-man-show ?

- Tout à fait ! Et pour cela, je prépare quelque chose pour les vacances 2017. Je vais entrer en studio pour sortir une œuvre pour les enfants pendant ces vacances. C’est une comédie musicale de deux titres qui va s’intituler ‘’Le show de Papitou’’, pour égayer les tout-petits. Cette production m’accompagnera lors de mon one-man-show. 

• Quel regard jetez-vous sur votre carrière aujourd’hui ?

- Je suis un homme heureux aujourd’hui. Top Visages a connu mes débuts. Ce n’était pas facile. Mais c’est le travail qui a payé. J’ai trouvé mes devanciers comme Oméga David, Gbi de Fer, Adama Dahico…. Mais comment faire pour avoir une petite place aussi auprès d’eux? Je me suis battu. Je suis l’un des plus anciens qui roulent avec la nouvelle génération d’humoristes. Quand ils me voient lors des émissions télé, ils me disent : ‘’Vieux père, tu ne lâches pas l’affaire ’’. Je leur dis que ce n’est pas moi, c’est le public qui a besoin de moi. 

• Qu’est-ce qui fait que vous tenez toujours la route parmi les jeunes ?

- C’est la chance qui me sourit. Parce que mes devanciers sont des talentueux. Moi, j’ai pris le créneau d’imitateur qui me donne beaucoup d’opportunités. L’imitation m’a permis de rencontrer l’ex-Président Laurent Gbagbo, le Président Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. 

• Vous est-il arrivé un jour de vouloir arrêter l’humour?

- Si, j’ai failli arrêter à cause des difficultés de la vie et de la galère. Cela m’a traversé l’esprit à une époque. Il y a quelques années, j’ai une nièce qui a eut un accident de la circulation en partant au village pour fêter la Pâques. Elle a eu ses deux jambes brisées. J’étais en pleine prestation lorsque les médecins m’appellent pour me dire : ‘’Monsieur, venez vite, sinon votre nièce aura les deux jambes coupées’’.

Fallait-il continuer ou mettre fin à ma prestation ? J’ai terminé et j’ai couru rapidement au CHU de Yopougon. Il me fallait débourser 2 millions Francs CFA. Je n’avais pas cette somme. Dieu merci, ce jour-là Gadji Céli passait par là. Il a d’abord donné 10.000 Francs CFA pour les premiers soins. Ensuite, je suis passé à une émission avec Innocent Foto. Les Ivoiriens ont réagi positivement. Ma nièce a pu être sauvée. Aujourd’hui, elle est institutrice. Une autre fois, je traînais des arriérés de loyers jusqu’à 250.000 Francs CFA, pour une maison qui était à13.000 Francs CFA  par mois à Yopougon. J’étais sur le point d’être expulsé. Et je suis allé voir mère Maman Pauline qui m’a conseillé de prier. Le lendemain, on m’appelle pour aller animer un match de football doté du trophée Zézéto. Le joueur me remet 150.000 Francs CFA à la fin du match. Je suis allé donner directement cette somme au propriétaire. Il m’a même remis10.000 Francs CFA comme mon frais de transport retour. Ce geste m’a marqué. Une autre situation difficile s’est produite en 2015. J’ai perdu ma mère et je n’avais aucun sou. Mais j’ai pu assister à son enterrement avec seulement 20.000 Francs CFA en poche. Il y a des hauts et des bas. Je me dis que c’est un combat. Il faut y aller. Quand tu fais un combat tant qu’on ne t’a pas encore tué, il ne faut pas t’arrêter. J’ai encore des années devant moi et je continue de poursuivre l’aventure. 

• L’émission After work de Radio Nostalgie vous a aussi ouvert des portes ?

- Bien sûr ! Je ne cesserais jamais de remercier Chuken Pat et Tonton Joe qui m’ont permis d’intégrer l’émission. Grâce à cette émission, je peux me déplacer avec ma petite voiture à Abidjan. 

• Quel sera votre avenir si l’émission prenait fin un jour?

- Oh, Dieu a toujours un plan pour chacun. D’Allocodrome, je me suis retrouvé à Dimanche Passion et aujourd’hui à After work. Si l’émission prenait fin, Dieu saura où m’orienter. 

• Quel a été votre plus petit et plus gros cachet jusque-là ?

- Le plus petit cachet que j’ai reçu, c’était au cours d’un match de football à Yopougon en 1995 quand j’imitais Boubacar Kanté. Ce jour-là, on m’a remis 2.500 Francs CFA. C’était une grande joie pour moi. Le plus gros cachet, c’était lors des campagnes législatives en 2016. J’ai été appelé par le Ministre Maurice Bandaman qui m’a remis 1 million Francs CFA. J’étais tellement heureux que je ne sais plus comment j’ai fait pour arriver chez moi. 

• Y a-t-il aussi d’autres moments qui vous ont marqué positivement ?

Un bon moment qui m’a marqué, c’était en 2014 quand j’ai pris l’avion pour la première fois pour aller en France. J’étais en pleine émission à Radio Nostalgie et on me demande de venir à l’aéroport. J’ai pensé à une blague. Tant que je n’étais pas encore arrivé à Paris, je n’y croyais toujours pas. Dans l’avion, j’ai simulé une diarrhée pour aller dans les toilettes. C’était une manière pour moi de marquer mon passage dans les toilettes d’un avion. Je ne savais pas aussi qu’il fallait porter des habits contre le froid.  Mon jeune collègue Joël s’était préparé à cela. Lorsque nous sommes sortis de l’aéroport, j’ai pris un grand de froid. Automatiquement, j’ai fait demi-tour et on m’a remis un blouson que j’ai porté. J’étais très heureux d’être à Paris. 

• Avez-vous tissé des contacts lors de ce premier voyage pour retourner jouer en France ?

- Non ! Le seul talent ne peut pas permettre à quelqu’un de tourner en Europe. Si je dois aller jouer à Bruxelles, Londres, ça va venir. Il faut seulement avoir la foi. Sinon en Afrique, j’ai été sollicité pour aller jouer au Togo. Mais il n’y a pas eu de suite. 

• Vous êtes comédien à la base. Mais on constate que l’humour a pris le dessus. Une explication à cela ?

- Je suis un artiste des planches. Ma troupe est le Zoukougbeuli théâtre de feu Philippe Séry. Après je suis parti au Djéli théâtre de Gbi de Fer. Avant de me consacrer à l’humour qui marche le plus depuis un moment. 

• Quelles sont vos ambitions à présent ?

- Actuellement, c’est aller au-delà de ce je fais. Je souhaite aller faire des one-man-shows à travers l’Afrique et en Europe. L’ambition d’un artiste comédien est de tourner aussi dans des grands films. Et pourquoi ne pas réaliser moi-même mes films un jour ? 

• A part votre one-man-show, quel est le projet qui vous tient à coeur ?

- Je rêve d’avoir une maison pour mes enfants. J’ai eu une promesse du Président Bédié dans ce sens. J’attends toujours. 

• Quand avez-vous rencontré le Président Bédié pour la première fois?

- C’est en août 2016 que j’ai rencontré le Président Bédié à son domicile à Daoukro, à l’occasion du FICAD. Nous avons eu 15 mn d’échange. C’est là que je lui ai dit : ‘’Président, je ne peux pas vous imiter et ne pas avoir une maison à Abidjan’’. C’est là qu’il m’a dit de prendre attache avec sa fille Lucette Bédié.

 

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