A’SALFO “Le secret de nos 20 ans’’

Write on mardi, 08 août 2017 Published in Entrevue Read 1021 times
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Après deux décennies de carrière auréolée de succès, le mythique groupe ivoirien, Magic System célèbre ses 20 ans. En prélude à ces festivités qui vont sillonner Abidjan et plusieurs capitales du continent, Top Visages a rencontré le leader du groupe A’salfo. Le Magicien livre ici les grands axes de ces festivités. Et fait des confidences sur la formation musicale née au quartier d’Anoumabo.

. Vous êtes de plain-pied dans les préparatifs des festivités des 20 ans du groupe ?

- Comme tout bon spectacle, rien n’est pris à la légère. On bosse fort en ce moment. Tout est préparé d’avance, aucune place n’est laissée à l’improvisation. Nous nous préparons activement pour donner le meilleur de nous-mêmes pendant ces moments de fête. 

. Pour ces festivités, près d’une dizaine de capitales du continent sont concernées ?

- C’est vrai que tout est parti d’ici en Côte d’Ivoire, mais aujourd’hui Magic System n’appartient plus à la seule Côte d’Ivoire, mais aussi à tout un continent. Il faut remercier ce continent africain qui a toujours su nous soutenir. Ces capitales sont aussi celles qui ont cru en nous à nos débuts. Après 20 ans, ce n’est pas évident de demeurer dans le cœur des gens. On aurait pu  être rangés aux oubliettes. Mais on est fier de savoir que l’amour du public africain est resté intact et ça, c’est une bénédiction pour nous. Il serait vraiment inconcevable que nous nous retrouvions seulement ici à Abidjan pour chanter pour les Ivoiriens. 

. Sentez-vous un engouement par rapport à ces festivités ?

- Oui, l’engouement suscité autour de cet événement est grand. Et nous, à notre niveau, on est pressés de rencontrer, communier avec tous ces fans d’ici et d’ailleurs. 

. L’organisation de ces 20 ans, c’est beaucoup de moyens, parait-il ?

Ecoutez, ça n’a pas d’importance. Vous savez que personnellement, je ne suis pas trop chiffre. Mais, ce que je pourrais juste vous dire, c’est que ça nécessite d’importants moyens. Et tout le monde s’implique. Nous-même, au sein groupe, on est au cœur de l’organisation, afin que ce soit une réussite totale. Les choses sont sur de bons rails, on espère que tout va bien se passer, par la grâce de Dieu. 

. 30.000 Frs, c’est le ticket d’entrée au Sofitel Hôtel Ivoire. D’aucuns disent que c’est cher ?

- Non, l’hôtel Ivoire à 30.000 F cfa, je pense que c’est très bon à prendre. La location d’une grande salle de l’Hôtel Ivoire, ce n’est pas pareil qu’une salle du palais de la culture. On a vu ici des spectacles qui ont eu lieu à l’Ivoire et les tickets étaient à 50.000 et 100.000 F. 

. Anoumabo qui vous a vu grandir ne figure pas au nombres des lieux de la célébration de vos 20 ans ?

- Vous savez, il ne faut pas tout ramener à Anoumabo.  Je ne dis pas qu’on a assez donné à Anoumabo. On ne peut jamais rendre à Anoumabo ce que ce quartier nous a offert. Je veux dire, à un moment donné, on appartient à toute la Côte d’Ivoire. Anoumabo a déjà son Festival et dans son Femua, Magic System a presté 2 ou 3 fois. Maintenant, nous sommes en train de voir si à la fin de la tournée, il ne faut pas faire une tournée nationale à l’endroit des populations des villes comme Daloa, Odienné, Man, Gagnoa… 

. 2017 marque les 10 ans du Femua, 20 ans de carrière de Magic System, visiblement,  c’est l’année Magic System ?

- Oui tout à fait ! c’est clair que c’est l’année Magic System, parce que tout a été mis en œuvre à partir de 1997, les premiers pas du groupe dans la musique, depuis Anoumabo. Et 2007 pour les grands débuts du festival d’Anoumabo. Je ne sais pas quelle chance nous avons avec le chiffre 7 (il sourit). C’est une coïncidence vraiment heureuse. 

. Ce n’est pas tout avec le chiffre 7, vous vous êtes marié, en 2007 ?

- Oui, tout à fait, c’est la cerise sur le gâteau (rire), quel bonheur. Ils y a eu donc plusieurs choses qui rentrent en ligne de compte, qu’on a fini par dire que nous sommes dans une année bénie. 

. Contrairement à 2016 qui a été assez sombre pour vous avec le décès de votre bassiste Pepito, mais aussi celui de papa Wemba ?

- Difficile, c’est vrai, mais je pense que ce sont des épreuves de la vie. Car il n’y a pas de réussite sans obstacle. Ce sont des épreuves que Dieu a voulu placer sur notre chemin. Le Seigneur seul sait quelle force il nous a donné pour surmonter ces épreuves pour enfin parler aujourd’hui de choses heureuses. 

. 20 ans de carrière, quels ont été pour vous les temps forts, les meilleurs moments ?

- Ecoutez, les meilleurs moments, il y en a eu plusieurs qu’on ne peut dénombrer ici. Je dirai, par exemple, la réception de notre premier disque d’or, les grands concerts que nous avons donnés au Zenith, à l’Olympia, aux USA, au Metropolis au Canada, ce sont des moments qui nous ont marqués. 

. Il y a eu aussi des pires souvenirs ?

- C’est évident, comme par exemple des concerts manqués au Cameroun, à San Pedro chez nous ici. Et récemment les décès de notre bassiste Pépito et de Papa Wemba. 

. 20 ans de carrière pleinement réussie avec une grosse renommée internationale. Dites-nous quel est le secret de Magic System ?

- (Il sourit), Il n y a pas de secret particulier, c’est tout simplement l’onction de Dieu et aussi le travail. On ne peut pas être prétentieux pour dire, bon voila comment on réussit dans la vie. Et puis, à coté de cela, le fait pour nous, au sein du groupe des Magiciens, d’être restés toujours ensembles, unis et soudés crée forcement une force et beaucoup de bénédictions. Cela a encore plus contribué à faire avancer le groupe. 

. Parlant d’union, pour ces 20 ans, des noms comme Angelo Kabila, Claude Bassolé qui ont été au début du succès des Magiciens seront invités à ces festivités ?

- La première personne que j’ai appelée personnellement, c’est Angelo Kabila pour lui dire, «Il faut que tu sois là». Ensuite, j’ai eu Claude Bassolé que j’ai invité également. 

. Quelle a été la réponse de Kabila ?

- C’est affirmatif, il sera bel et bien présent. C’est pour ne pas taper à la porte de chacun pour lui dire merci qu’on organise cette fête. Professionnellement, on peut ne plus être ensemble, mais on l’est pour la vie. David Tayorault, Claude Bassolé, Kabila... Ce sont des gens qui, à un moment donné de la vie du groupe, ont joué un rôle prépondérant. On ne peut concevoir faire une telle manifestation sans les y associer, parce que ce sont eux aussi les acteurs de cette célébration. 

. Comment voyez-vous l’évolution du Zouglou ?

- Ça va bon train. C’est vrai que nous avons une génération qui n’a pas eu la chance de connaitre la maison de disques, de distribution, les producteurs de renom. L’absence de toutes ces infrastructures fait que la production est mi figue, mi raison, les albums sortent à compte gouttes. Mais on espère que les choses vont reprendre parce qu’on a pas mal de nouveaux talents comme Révolution, Zouglou Makers, Yabongo, Leaders. 

. Vous êtes ambassadeur de ce mouvement musical, que faites vous pour le booster à votre niveau aujourd’hui ?

- Avec Gaou Production, nous sommes en train de mettre en place le cote production pour permettre à des jeunes talents d’éclore. Pour le moment, nous sommes au stade des inspections et des séances d’écoutes. 

. A’salfo, l’ami des Présidents, ça vous dit un jour l’action politique ?

- Ecoutez, j’ai la chance d’appartenir à un groupe qui est aimé de tous, que ce soit les hommes politiques ou les populations. Sinon, être un politicien, je ne crois pas. Je serai toujours dans les actions pour aider les populations. Quand on a besoin de son indépendance, quand on a pris goût à son indépendance en étant artiste, c’est difficile de se mettre dans un carcan politique. Même si je suis l’ami de ces derniers. 

. De tous les disques d’or que vous avez glanés, quel est celui qui vous a le plus marqué ?

- C’est évidemment le 1er disque d’or. Quand tout jeune groupe ivoirien, on part d’Anoumabo et on décroche  un 1er disque d’or dans sa carrière, ça fait l’effet d’un boom. 

. Et de tous les titres de Magic System quel est le titre qui vous a le plus marqué ?

- C’est bien entendu, 1er Gaou. C’est celui qui nous a révélés, qui nous a fait parcourir le monde entier. J’invite le public à venir à ces moments de célébrations. Ce ne sont pas des concerts, mais des instants de partage, de remerciement, de célébration. Il faut que tout le monde vienne. On va danser. Il faut venir voir Manadja qui a pris 30 kilos depuis, Tino qui en a pris 25, et Goude 12 kilos (rire).

 

Par Inzah D.  

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