DANSE RAUM 2018 : JENNY MET LE GOETHE A SES PIEDS

Write on mardi, 10 avril 2018 Published in Les News Read 401 times
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L’esclavage, la colonisation, l’apartheid, les guerres civiles, les coups d’états, les catastrophes naturelles… font que la vie n’est pas facile dans le monde noir. Mais il faut positiver et prendre la vie du bon côté. C’est le résumé de la pièce ‘’Ma vie en rose’’ de Jenny Mezile avec laquelle la Compagnie Les Pieds dans la marre a conquis l’institut Goethe le vendredi dernier.

Ce soir-là, la cours du centre culturel allemand d’Abidjan se trouvait exigu pour recevoir les nombreux spectateurs qui sont venus voir la première représentation de Jenny et sa troupe dans le cadre de ‘’Danse Raum 2018’’.

D’entrée de jeu, les danseurs-acteurs-comédiens-chanteurs se jettent corps et âme sur la scène. Dans une parfaite chorégraphie enchainant chant et danse, les artistes décrivent les difficultés de la vie. Le show est drôle et émouvant. Il se déroule à cheval entre danses classiques et rythmes urbains comme le couper-décaler, le zouglou, le mapouka. Le décor montre des corps qui jonchent le sol. Cette mélancolie est vite transformée en une joie indescriptible pour les spectateurs qui acclament le jeu des artistes. Après les drames, les combats de Toussaint Louverture, Nelson Mandela, Patrice Lumumba ou Thomas Sankara redonnent espoir au peuple noir. Qui peut pleurer, chanter, danser librement. « Ma vie en rose » dédramatise ainsi la condition du Noir. « Nous vivons dans un monde où les drames sont légions : misère, esclavage, séismes, tremblements de terre, guerres… et que je sais-je encore ? Mais tant qu’on est vivant, on continue », insiste la chorégraphe Jenny Mezile après la représentation.

La fresque englobe plusieurs sujets africains et européens. Mais, même dans la difficulté, la tolérance et l’amour de l’autre sans jugement dominent les débats. C’est comme ça que La Compagnie Les Pieds dans la Marre invite à résoudre les problèmes par le dialogue et la discussion sans aller à la guerre. «‘’Ma vie en rose’’ est une bonne appréciation de la vie quand tout est chaotique, foutu. On ne va pas se mettre à tout foudre en l’air. Il faut réagir. Il faut vivre. J’ai tourné tous ces drames-là en quelque chose de joyeux. Qu’on en rie quand on est en vie plutôt que d’en pleurer », suggère la patronne de troupe. Au Goethe institut le vendredi dernier, les spectateurs ont bien apprécié cette performance artistique.